LeBron James
Le 20 février dernier, LeBron James avait remporté son duel contre Kevin Durant | NATHANIEL BUTLER/GETTY IMAGES/AFP

James a-t-il relancé la course au MVP?

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Au moment où Kevin Durant semblait avoir tué tout suspense dans la course au MVP - meilleur joueur de la saison régulière - en NBA, LeBron James est sorti de sa boîte en passant 61 points aux Bobcats dans la nuit de lundi à mardi. Les deux superstars, qui affichent un bilan collectif quasi-identique, pourraient finalement se livrer un duel à distance plus excitant qu’escompté.

Sur les cinq dernières saisons, LeBron James a raflé le titre de meilleur joueur à quatre reprises (2009, 2010, 2012, 2013) sans presque jamais souffrir de la moindre contestation. A Cleveland, d’abord, puis ces deux dernières saisons à Miami où il a réalisé le doublé, l’ailier a écrasé la concurrence en peaufinant son basket d’année en année : moins soliste, plus lucide, plus "clutch" en fin de match. Seul Derrick Rose, le meneur des Bulls, a réussi à mettre brièvement un terme à la série du "King" en 2011 (devenant par la même occasion, à 22 ans, le plus jeune MVP de l’histoire).

Cette saison, James n’a pas foncièrement changé son basket : il est même plus adroit que l’an passé, et sa moyenne de points est la plus forte depuis son arrivée en Floride en 2010. Lundi soir, il réussissait la plus belle soirée offensive de sa carrière en améliorant son record de cinq unités pour terminer à 61 points (8/10 longue distance). Pourtant, sa suprématie est plus que jamais remise en cause. 

« KD » garde la main

Prêt à prendre le relais, Kevin Durant (25 ans) réalise en effet une saison hors-normes. Formidable attaquant - sans conteste le plus doué de toute la ligue -, l'ailier du Thunder a su profiter, d'une certaine manière, de la blessure de son lieutenant Russell Westbrook pour prendre les choses en main. Sans son meneur, écarté des parquets en début de saison et pour entamer l'année 2014, "KD" a su porter la franchise d'Oklahoma City sur ses épaules avec une facilité désarçonnante. 

En janvier; il a même touché au sublime. Entre le déplacement à Utah le 7 et à Miami le 29, l'ailier américain a réalisé une fabuleuse série de 12 matches consécutifs au-delà des 30 points. Contre Portland, son rival direct, il enquillait 46 points malgré la défense volontaire de Nicolas Batum. Face aux Warriors, sérieux outsiders à l'Ouest, il rentrait 54 points sur la tête d'un des meilleurs stoppeurs de la ligue, Andre Iguodala. A la fin du mois, le microcosme de la NBA - joueurs, coaches, spécialistes - étaient unanimes : la succession de LeBron James est entérinée. Et ce ne sont pas 61 points qui changeront la donne. La différence ne se fera pas non plus sur les bilans collectifs, quasi-identiques à 20 matches des phases finales (43-14 pour Miami, 45-15 pour OKC). 

Paul George, une question de temps? 

Derrière, les plus gros concurrents au trophée Maurice Podoloff - du nom du premier Commissionnaire de la ligue dans les années 40 - sont déjà distancés. Annoncée comme la nouvelle star du Championnat, Paul George (23 ans) a confirmé toutes les immenses attentes du début de saison. Mais l'ailier, s'il brille individuellement par intermittence, peut davantage se reposer sur l'impressionnant collectif des Pacers, leaders à l'Est. A l'image des Blazers, Lamarcus Aldridge est l'excellente surprise de cette saison à l'Ouest, tandis que Blake Griffin (Clippers) a prouvé qu'il était capable de monter en puissance en l'absence de Chris Paul. James Harden (Rockets) et Stephen Curry (Warriors) sont eux aussi des candidats très crédibles au Top 5. Quant à Kevin Love (Wolves), le plus bluffant de la ligue sur un plan purement chiffré, c'est le bilan de Minnesota (30-29) et ses errances défensives qui plombent ses chances. 

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer