Tim Duncan
Tim Duncan (San Antonio Spurs) | D. CLARKE EVANS / NBAE / GETTY IMAGES / AFP

Duncan, un monument à l’épreuve du temps

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Par bien des aspects, Tim Duncan est un joueur rare. Sa personnalité atypique, discrète voire flegmatique, contraste avec la domination qu’il exerce depuis 17 ans, sans discontinuer, dans les raquettes de la grande ligue. A l’aube d’entamer ses sixièmes Finales, le quadruple-champion NBA continue de jouer comme s’il n’était pas vraiment affecté par le poids des années.

Depuis la fin des années 1990, Tim Duncan et les Spurs sont les rares constantes d’une ligue où tout change d’une saison à l’autre. Évidemment, l'équipe s’est adaptée à l'évolution du jeu en produisant un basket de plus en plus offensif au fil des années, mais les ingrédients principaux sont restés les mêmes : un esprit de groupe à toute épreuve, un jeu altruiste qui ne laisse aucune place à l’égoïsme et Gregg Popovich aux manettes.

Il en est de même pour Dream Tim. A 38 ans, il n’est plus le même athlète qu’en 1997, lors de son arrivée à San Antonio, mais le métronome se repose toujours sur les mêmes fondamentaux exceptionnels (appuis, mouvements, sens du rebond), la même science du jeu et les mêmes mains en or pour demeurer, aujourd’hui encore, l’incontestable patron des Spurs. "Nous travaillons tous pour Timmy", avouait même récement R.C Buford, le General Manager de la franchise texane, interrogé par ESPN.

"C'est vrai, confirme son ancien coéquipier Michael Finley. Ils ont toujours cherché à recruter en fonction de Tim. Quand je suis arrivé à San Antonio (en 2005, ndlr), on l'annonçait déjà sur le déclin. Neuf ans plus tard, rien n'a changé. Tout tourne autour de lui".  Pourrait-il seulement en être autrement ? Duncan est un monstre sacré de la NBA, qui a toujours et qui fait encore l'unanimité dans la grande ligue. Les hommages et les chiffres en témoignent.

Au-delà du jeu, c'est la longévité de Tim Duncan qui suscite la fascination. De tous les joueurs sélectionnés avec lui lors de la Draft 1997, il est le dernier encore en activité (hormis Chauncey Billups qui, blessé au genou, n'a joué que 19 matches cette saison et tirera probablement sa révérence cet été). Tous les autres talents issus de la cuvée ont pris leur retraite. Duncan est comme insensible au temps qui passe, censé ralentir ses courses, ses gestes et son appétit de compétition.

Il y a trois jours, le natif des Îles Vierges marquait encore sept points d'affilée en prolongation face à Serge Ibaka, l'un des meilleurs défenseurs de la ligue, pour porter les Spurs vers les sommets de la Conférence Ouest. Et cela fait près de deux décennies qu'il agit ainsi. Le vétéran a affronté Michael Jordan sous le maillot des Bulls -un autre temps-, il a connu deux lockouts et a cessé de compter combien de ses anciens adversaires ou ex-coéquipiers sont aujourd'hui devenus coachs (Jason Kidd, Mark Jackson, Avery Johnson, Vinny Del Negro, Steve Kerr, Monty Williams ou Jeff Hornacek, parmi tant d'autres). Mais il est toujours là, plus dominant encore qu'il y a trois ans où on l'annonçait fini, moins rassasié qu'il y a sept ans, date du dernier sacre des Spurs. En définitive, plus ça va, moins son titre honorifique de meilleur ailier-fort de l’histoire semble discutable.

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