Duncan, Nash, Garnett: la fin d'une époque en NBA

Duncan, Nash, Garnett: la fin d'une époque en NBA

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La saison 20140/2015 de NBA qui débutera le 28 octobre prochain pourrait, et devrait, être la dernière de trois monstres sacrés du jeu: Tim Duncan, Steve Nash et Kevin Garnett. Tout près de la quarantaine, ces joueurs ont marqué l'histoire de la ligue depuis le milieu des années 90. Avec leur retraite, et celle de Kobe Bryant approchant, c'est tout un chapitre de l'histoire de la NBA qui va se refermer.

Inexorablement, la NBA change de visage. Décennies après décennies, les têtes d’affiches d’hier sont remplacées par celles de demain. Pour se limiter à une époque récente, Bird et Magic ont été remplacés, voire supplantés, par Michael Jordan avant que la dernière retraite de celui-ci (en 2003) ne pousse la "génération 90" (comprenez les joueurs draftés au milieu des 90’s) sur le devant de la scène. Deux décennies plus tard, si certaines stars ont déjà quitté les parquets (Iverson, McGrady, Kidd), d’autres sont encore au combat. Logiquement proches de la fin, Tim Duncan, Kevin Garnett et Steve Nash entrent tous dans leur dernière année de contrat. Si ceci ne signifie pas forcément fin de carrière, la tendance à une ultime année est forte pour ces trois superstars qui cumulent 6 titres de champions (5 pour Duncan, 1 Garnett) et 5 titres de MVP de la ligue (2 pour Duncan, 2 pour Nash et 1 pour Garnett).

L'évolution de leur moyenne des points | Create Infographics

Au cœur des années 90 et 2000, la NBA est une ligue d’intérieurs. Shaquille O’Neal, Tim Duncan, Kevin Garnett, Chris Webber mais aussi encore Karl Malone ou Hakeem Olajuwon combattent chaque soir sous les panneaux. Avec Steve Nash, c’est la caste des grands meneurs comme Kidd, Marbury ou Francis, rejoints plus tard par Parker, qui est sur le devant de la scène,. A leur manière, ces trois joueurs ont marqué l’histoire de la NBA. Duncan, l’assassin silencieux, Garnett, le « Big Ticket » décroché par Minnesota, ses manières discutables et son jeu multidimensionnel et Nash, le meneur génial, symbole des Phoenix Suns de Mike D’Antoni et ce style si agréable à voir. Depuis la Ligue a encore pris un nouveau tournant, laissant les James, Wade et plus récemment Paul, Howard, Durant ou Harden prendre le rôle de locomotives. Petit à petit Garnett et Nash ont décliné, rattrapés par l’âge et les blessures. Tim Duncan a su se préserver et évoluer, bien aidé en cela par son mentor de toujours Greg Popovich. Après quelques saisons compliquées, « Big Fundamental » est redevenu dominant, au point de s’offrir une cinquième bague, à une unité de sa Majesté Michael.

Duncan a pensé à la retraite​

Toujours le plus efficace de ces presque quarantenaires (c’est déjà fait pour Steve Nash), Tim Duncan a pourtant reconnu avoir envisagé de se retirer du monde de la NBA : "J’ai pensé mettre fin à ma carrière. Mais j’ai le sentiment que je peux au moins encore jouer un an. J’ai l’impression d’avoir été efficace. Je pense que je peux encore jouer et que je peux toujours aider l’équipe", a-t-il expliqué.

Choisir le moment de son départ, c’est sans doute ce qui hante Duncan et les autres. Si « Timmy » a été rassuré sur l’état de son corps, ce n’est pas forcément le cas de ces deux camarades. Si le Spur a disputé 74 matches (principalement parce qu’il ne jouait pas les deuxièmes rencontres des back-to-back), Garnett et Nash ont été mis hors-jeu pour des problèmes de santé. « Big Ticket » a manqué un tiers de la saison alors que le meneur des Lakers n’a lui disputé qu’une quinzaine de matches. Il a été tout près de tout envoyer valser mais lui aussi veut choisir quand il sera l’heure de dire stop. Cette saison 2014/2015 peut être celle du renouveau pour le troisième passeur de l’histoire.

Pour Garnett et Nash, les flash ne crépitent plus​

L’autre chance de Duncan c’est d’évoluer dans une organisation parfaite. Depuis 2012, les Spurs ont systématiquement avancé jusqu’à la finale de conférence, au moins, disputant même les Finales NBA en 2013 et 2014. Toujours sur le devant de la scène. On ne peut pas en dire autant des Brooklyn Nets de Kevin Garnett et encore moins des Los Angeles Lakers de Steve Nash. Pour ce qui constituera, à 90%, la dernière saison de ces trois monstres sacrés de la NBA, un seul peut dire aujourd’hui qu’il joue le titre, un autre peut raisonnablement viser les Playoffs quand le dernier ne peut que les espérer. C’est là tout le drame de ces stars en fin de carrière. En partant pour Boston, Garnett avait fait le bon choix pour enfin décrocher le titre (en 2008) mais la dynastie tant espérée n’a pas résisté au retour en force des Lakers. Pour Steve Nash aussi l’opportunité semblait belle à l’été 2011 de rejoindre les Lakers. Avec Howard et le maître des lieux Bryant, le « Big Three » faisait saliver. Il a tourné au fiasco.

La saison NBA qui arrive, et qui démarrera le 28 octobre prochain sera sans nulle doute, la dernière d’une ère. Si Kobe Bryant sera toujours là, en principe, la saison prochaine, il sera le dernier Mohicans. Comme pour Jordan, ces joueurs auront marqué une époque. Une époque quasiment révolue. A eux de soigner leur sortie.

Christophe Gaudot @ChrisGaudot