Curry, Davis, Cousins : La course au MVP ouvre une nouvelle ère

Curry, Davis, Cousins : La course au MVP ouvre une nouvelle ère

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LeBron James et Kevin Durant, seuls au monde dans la ruée au trophée de meilleur joueur ces dernières années, ont pris un retard significatif après un mois de compétition. Le premier est à la traîne avec Cleveland (7v-7d) et le second, blessé au pied, n’a pas encore joué un seul match, laissant Oklahoma City dans la galère (4v-12d). Une nouvelle génération en a profité pour prendre le pouvoir : en 2015, le MVP pourrait très vraisemblablement être l’un d’entre eux…

5. DeMarcus Cousins

Demarcus Cousins, ici au lancer-franc, prend de l'épaisseur à Sacramento
Demarcus Cousins, ici au lancer-franc, prend de l'épaisseur à Sacramento

Joueur caractériel, imprévisible et trop souvent immature (4,7 fautes par match), DeMarcus Cousins (24 ans, 2m11, 122 kg) rappelle depuis la reprise qu’il est avant tout l’un des intérieurs les plus doués au monde. Avec Team USA cet été, l’ancien pensionnaire de Kentucky a montré qu’il était capable de ronger son frein pour se contenter d’apporter son énergie en sortie de banc (9,8 points et 5,7 rebonds en 14 minutes de moyenne seulement). Fort de cette expérience et d’un titre de champion du monde, Cousins est revenu à Sacramento plus mûr, plus concerné. Sa puissance et son activité dans la raquette, déjà sans égales dans la ligue la saison passée, prennent ainsi une nouvelle dimension. Meilleur défenseur, encore plus adroit que la saison passée, le pivot transcende littéralement les Kings lorsqu’il est sur le parquet, et la franchise californienne (9v-6d) s’impose comme l’une des belles surprises de cette fin d’année 2014.

Ses stats : 23,5 points (51,2%), 12,6 rebonds, 2,4 passes.
Son fait d’armes : 34 points, 17 rebonds, 5 passes et 3 contres face aux Clippers le 2 novembre.

4. James Harden

Sans Dwight Howard, James Harden enchaîne les prouesses individuelles
Sans Dwight Howard, James Harden enchaîne les prouesses individuelles

Cinquième des votes MVP au printemps dernier, James Harden (25 ans) est bien parti pour être le grand favori de l’édition 2014-15, la formule -gagnante- des Rockets consistant à se reposer complètement sur son arrière barbu pour enquiller les victoires. Certes, les Texans ne proposent pas le jeu offensif léché de leurs voisins de San Antonio, mais grâce à leur attaque basée sur l’isolation et le un-contre-un, ils affichent l’un des meilleurs bilans de la ligue (12v-3d). Décrié pour son manque d’implication en défense, l’ancien Thunder sait tout faire en attaque, et le fait merveilleusement bien. Moins adroit (39,2%) mais plus passeur (6,7 pds) qu’à l’accoutumée, Harden devrait continuer à voir ses responsabilités aller crescendo avec l’absence de Dwight Howard, touché au genou.

Ses stats : 25,3 points (39,2%), 6,4 rebonds, 6,7 passes.
Son fait d’armes : 36 points, 6 rebonds, 6 passes et 3 interceptions contre les Knicks le 24 novembre.

3. Marc Gasol

Marc Gasol, l'homme à tout faire de Memphis
Marc Gasol, l'homme à tout faire de Memphis

Depuis que Marc Gasol (29 ans) est revenu de blessure, en janvier dernier, Memphis a gagné 45 matches sur 60 et affiche ainsi le plus beau bilan de toute la ligue. Ce n’est pas un hasard, tant le pivot espagnol monte en puissance à l’approche de la trentaine. Son jeu et sa ligne statistique ne sont pas les plus ‘flashy’, mais le joueur réalise un travail exceptionnel au sein du collectif des Grizzlies : en défense, il est l’un des big men les plus intimidants au monde ; en attaque, il facilite tout à coups d’écrans, de prises de position et d’alternance intérieur/extérieur. Longtemps dans l’ombre de son grand frère, Pau (lui aussi excellent depuis un mois), Marc a vu sa perte de poids estivale s’accompagner d’une prise de responsabilités. Et ça marche : avec Toronto, Memphis (13v-2d) est la meilleure équipe de ce début de saison.

Ses stats : 19,8 points (50%), 8,3 rebonds, 3,1 passes.
Son fait d’armes : 32 points, 9 rebonds, 3 passes et 2 contres contre les Wolves le 29 octobre.

2. Anthony Davis

Anthony Davis, ici sous les yeux de DeMarcus Cousins
Anthony Davis, ici sous les yeux de DeMarcus Cousins

Le futur, c’est lui. A 21 ans, ‘Unibrow’ (en référence à son immanquable monosourcil) règne déjà sur toutes les catégories statistiques de la NBA. Il est le deuxième marqueur, le septième rebondeur, le quatrième intercepteur et le meilleur contreur du Championnat. Au PER, un outil  qui prend en compte toutes les données statistiques pour mesurer l’impact et l’efficacité générale d’un joueur, Davis est seul au monde à 34,52 (aucun autre NBAer ne franchit la barre des 30 en ce début de saison). Intouchable près du cercle, il a aussi développé un shoot mi-distance dévastateur. En défense, il fait partie de ces rares big men capable de contenir un arrière derrière l’arc puis de contrer le shoot d’un intérieur sur l’action suivante. On a beau lui chercher un défaut, on ne trouve pas : il sait déjà tout faire, et surtout, le fait avec une facilité désarmante. C’est comme si les Pelicans (7v-6d) avaient simplement besoin de lui filer davantage la gonfle (il ne prend ‘que’ 18 shoots par match) pour véritablement décoller. Car c’est bien là le plus effrayant : le phénomène n’a pas encore exploité tout son potentiel.

Ses stats : 25,4 points (56,5%), 11,2 rebonds et 3,4 contres.
Son fait d’armes : 43 points, 14 rebonds et 2 interceptions contre Utah le 22 novembre.

1. Stephen Curry

Steph Curry, arrête-le si tu peux
Steph Curry, arrête-le si tu peux

Shoot après shoot, Stephen Curry (26 ans) construit sa légende. Parti sur les bases des plus beaux records en termes de tir à trois-points, le meneur des Warriors (12v-2d) a encore gagné en confiance cette année. Cet aplomb, couplé à une mécanique de tir prodigieuse (si rapide qu’il donne parfois l’impression de ne pas terminer son geste), est en train de donner naissance à une machine à scorer. C’est simple : il a la vista, l’élégance et la folie des plus grands attaquants qu’ait jamais connu la ligue. Intouchable derrière l’arc, il sait aussi trouver des angles impossibles au moment d’attaquer le panier, profitant de ses qualités de dribbles pour engloutir les espaces. Bon créateur (il maîtrise désormais à merveille ses passes à une main en sortie de dribble), il a surtout progressé en défense, et fait chuter l’adresse moyenne de ses adversaires de 8% cette saison. Steve Kerr, son coach, aime le décrire comme ‘un animal de compétitivité’. Pour l’instant, la bête est un MVP en puissance. 

Ses stats : 24,2 points (49,8%), 5,5 rebonds, 7,7 passes.
Son fait d’armes : 40 points, 6 rebonds, 7 passes et 3 interceptions contre Miami le 25 novembre.


 

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer