Andre Iguodala (MVP des Finales 2015)
Andre Iguodala ne s'attendait pas à recevoir des mains de Bill Russel le titre de MVP avant de débuter ces Finales 2015 comme remplaçant | Jason Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Andre Iguodala, le MVP inattendu

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Avec sept voix contre quatre à LeBron James, Andre Iguodala a été élu Most Valuable Player (MVP) des Finales NBA. L'ailier des Warriors, remplaçant au début de la série, est le MVP le plus innattendu de l'histoire. Une récompense individuelle pour un joueur au sens du collectif plus que développé.

Andre Iguodala vient d’achever la pire saison de sa carrière. Les statistiques ne mentent pas dit-on parfois. Avec 7,8 points de moyenne en seulement 27 minutes de jeu, l’ancien joueur de Philadelphie et de Denver a moins pesé sur le jeu.

Les statistiques vous mentent. En vérité, le natif de Springfield, Illinois, vient d’achever la meilleure saison de sa carrière, couronnée par le plus convoité des trophées individuels : celui de MVP des Finales.

Un vétéran au service du collectif

Quand la saison 2014-2015 commence, Andre Iguodala écume les parquets NBA depuis dix ans. Dix saisons passées en tant que titulaire. Pas une seule fois dans sa carrière, il ne s’est assis sur le banc pour débuter une partie. Et comment les coachs auraient pu faire autrement avec un joueur si précieux, capable dans ses meilleures années de tourner à plus de 15 points, 5 passes et 5 rebonds de moyenne en plus d’une défense pot de colle ? Andre Iguodala a dû attendre sa onzième saison et un coach rookie pour ne pas débuter une rencontre. Nouvelle tête à penser des Golden State Warriors, Steve Kerr, quintuple champion NBA avec les Bulls et les Spurs, -où il a pu apprendre aux côtés de Phill Jackson et Gregg Popovich- envoie son ailier polyvalent sur le banc, faisant du jeune et prometteur Harrison Barnes son titulaire au poste 3. La réaction d’Iguodala ? Aucune, comme un vrai professionnel qu’il est. "Pour nous, c’est parfait que cette récompense (le titre de MVP des Finales) aille à Andre (Iguodala) car il a sacrifié son rôle de titulaire dès le premier match de la saison, a réagi le deuxième coach rookie (après Pat Riley en 1982 avec les Lakers) à être champion NBA. Il n’avait jamais eu à sortir du banc dans toute sa carrière et il s’est sacrifié pour rendre Harrison (Barnes) meilleur, pour rendre notre banc meilleur. Quand un All-Star, un champion olympique vous dit ‘OK je vais sortir du banc’, ça donne le ton pour toute la saison".

Le cauchemar de LeBron James

95 matches durant, Andre Iguodala a été le sixième homme de la meilleure équipe de la ligue. De fin octobre à début juin, il a joué son rôle à la perfection, sans réussir des statistiques incroyables, mais en apportant ce dont son équipe manquait. Et quand les Warriors ont eu besoin de lui en tant que titulaire, il ne s’est pas dégonflé et a réussi un match 4 parfait : 22 points, 8 rebonds et une défense de fer sur LeBron James. A la manière d’un Kawhi Leonard l’année dernière, l’ancien Wildcat en NCAA, a été l’arme pour contrer le meilleur joueur du monde. Une nouvelle fois les statistiques vous mentent. Oui LeBron James a été fabuleux dans ces Finales (35,8 points, 13,3 rebonds et 8,8 passes) mais quand Iguodala s’est dressé devant lui, le "King" est descendu de son piédestal. Avec Iguodala sur le "rable", James a shooté à 38% et les Cavaliers ont encaissé un écart de 55 points, sans l’ailier des Warriors sur le parquet, LeBron a réussi 44% de ses shoots et Cleveland a dominé Golden State de 30 points. Indispensable.

MVP malgré lui

"Il est incroyable pour voir ce que l’équipe a besoin et pour le donner à l’équipe, analyse Luke Walton, assistant de Kerr à Golden State. C’est une qualité peu commune en NBA où chacun veut ses statistiques". A 31 ans, après avoir déjà remporté le championnat du monde (2010) et les Jeux Olympiques (2012), Iguodala sait gagner. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Mike Kryzewski, le coach de la Dream Team des Jeux de Londres, l’a emmené avec lui aux cotés des Durant, James, Bryant, Harden, Paul ou Anthony. Iguodala est le joueur de complément parfait à toutes les équipes.

Il l'a d'ailleurs toujours été. "Même s’il était plus grand que les autres, il se contentait parfois de jouer meneur et d’impliquer ses coéquipiers offensivement, rappelle Craig Patton, son coach au lycée. Et puis nous lui disions que nous avions besoin de lui à l’intérieur car ses points étaient nécessaires et il allait à l’intérieur pour scorer". Cette anecdote qui n'est pas sans rappeler un certain Boris Diaw permet de dresser un parallèle entre les deux joueurs. Cherchant des solutions pour contrer le Miami Heat, Gregg Popovich avait sorti Diaw de son chapeau et du banc lors des Finales 2014 pour le dénouement que l'on connaît. Comme l'ailier français, "Dre" est un bonheur pour un coach.

Andre Iguodala est rentré la nuit dans l’histoire de la NBA en devant le premier MVP des Finales à ne pas démarrer tous les matches. Quand il a reçu le "Bill Russell NBA Finals Most Valuable Player Award", Andre Iguodala a dû s’avancer pour un petit discours, exercice contre-nature pour ce joueur si altruiste, et a eu cette formule à la fois délicieuse et si symbolique  : "Quand je serai grand, je veux être comme Stephen Curry ".

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