Le match Gravelines-Nanterre a été très disputé
Gravelines-Nanterre | PHOTOPQR/VOIX DU NORD

Nanterre, la sensation !

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Dernière qualifiée pour les play-offs à l'issue de la dernière journée, l'équipe de Nanterre a gagné mercredi sa place pour les demi-finales de ProA en s'imposant largement dans sa salle (88-68),, après avoir déjà gagné deux jours plus tôt dans le Nord, après deux prolongations, devant Gravelines, qui avait pourtant terminé en tête de la saison régulière. Dans l'autre quart de finale de la soirée, Strasbourg a confirmé à Dijon (75-66) sa victoire du premier match et obtenu sa qualification pour le dernier carré.

La malédiction de Gravelines.

Très peu de bookmakers auraient parié sur une qualification en deux matches de Nanterre, face à une équipe de Gravelines qui avaient afiché ses ambitions au cours d'une phase régulière qu'elle avait terminé au premier rang, et qui présentaient sans doute de meilleurs arguments, alors que les Banlieusards parisiens s'étaient qualifiés in extremis et avaient laissé pas mal de jus en coupe de France, en allant jusqu'à la finale perdue contre Paris. Mais il faut croire les play-offs font peur aux joueurs du BCM. Après un match aller agité, où une faute technique sur Vaty, à quatre minutes du terme a fait basculer une rencontre que les Nordistes avaient en mains, et qu'ils ont dû laissé filer deux prolongations plus tard, ils ont paru tétanisés dans cette deuxième manche, semblant avoir perdu leurs repères, alors que l'équipe de Pascal Donnadieu, déjà très heureuse d'être invitée à la fête et jouans sans pression, n'a rien lâché dans l'éngagement et dans l'envie. A l'image de la philosophie d'un club modeste qui se construit à l'ombre des grosses formations du championnat. Quel exploit donc pour la JSF Nanterre que de sortir Gravelines en deux matches secs dès le premier tour ! C'est une véritable malédiction pour Gravelines, qui avait déjà échoué au même dans des conditions similaires la saison dernière.  Le club nordiste n'a joué qu'une finale en 2004, qu'il avait perdue devant  Pau-Orthez. Il s'est arrêté en demi-finale en 2010 et 2011, et en quart donc  l'an passé, battu à chaque fois par Cholet. Le BCM ne jouera même pas de Coupe  d'Europe l'an prochain. 

L'amertume des Nordistes contrastait avec l'énorme joie des Nanterriens, qui  ont réalisé sans doute l'un des exploits les plus incroyables de l'histoire du  basket français.  Depuis un quart de siècle, le club francilien accomplit des miracles et  celui-ci restera le plus beau de tous. Parti du plus bas échelon départemental  en 1987, il a accédé à la ProA en 2011, avec le même entraîneur Pascal  Donnadieu.  Deux ans plus tard, avec le deuxième plus petit budget de ProA, Nanterre  accède aux demi-finales. Il jouera la saison prochaine au moins l'Eurocoupe,  pour peu que son budget lui permette et qu'il puisse trouver une salle adaptée. Force est de constater que sur ce deuxième match, les Nordistes sont passés à côté de leur sujet. Dans son petit chaudron 1.500 places, même pas autorisé à  accueillir les télévisions, la JSF a fait exploser Gravelines. Sa défense  a étouffé Dwight Buycks, le meilleur joueur étranger de la saison, qui n'a  inscrit que 2 points (0 sur 7 aux tirs). Sans son maître à jouer, le BCM est apparu désemparé, pendant que Trenton  Meacham (19 pts) et l'ancien Stephen Brun (18 pts) s'en donnaient à coeur joie. 

Strasbourg sans trembler

L'autre match a délivré beaucoup moins d'émotions. Strasbourg était  beaucoup trop fort pour Dijon. Les Dijonnais, malgré les 21 points de Jérémy  Leloup, ont craqué physiquement face à l'effectif beaucoup plus étoffé de l'équipe strasbourgeoise. Les Bourguignons ont mis beaucoup de bonne volonté, et ont même cru pouvoir s'offrir une belle puisqu'ils ne comptaient qu'un point de retard (50-49) à l'entame du dernier quart temps. Mais la machine alsacienne s'est remise en route dans les dernières minutes, sans trop de ratés, en s'appuyant sur le coaching intelligent de Vincent Collet et des rotations beaucoup plus performantes alors que les Dijonnais perdaient pied au fil des minutes. Malgré un court passage à vide en début d'année 2013 qui lui a coûté la première place, la SIG réalie pour l'instant une saison solide. Et s'affirme après la démonstration sur ces deux rencontres parfaitement maîtrisées comme la prétendante majeure au titre. Mais en play-offs tout  est remis à plat et la logique n'est pas toujours respectée. Gravelines en sait quelque chose.   

Christian Grégoire