Nicolas Batum
L'international français Nicolas Batum avec le maillot nancéien | AFP - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Nancy bat Chalon-sur-Saône

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Nancy, le champion de France, avec un Nicolas Batum désigné MVP (meilleur joueur), a largement dominé Chalon-sur-Saône, vainqueur de la Coupe de France, 89 à 83 (mi-temps: 48-37) dans le match des champions, dimanche à Nancy. Déjà sacré en 2008, le SLUC démarre idéalement une saison où le club sera très attendu sur la scène européenne, étant la seule formation disputant l'Euroligue.

Une semaine de travail, et déjà éblouissant. Nicolas Batum n'a pas perdu de temps pour montrer tout son talent sous ses nouvelles couleurs temporaires, avant de retrouver Portland et la NBA lorsque le lock-out sera terminé. Surfant sur la vague de son Euro étourdissant avec l'équipe de France, l'ailier des Trailblazers a grandement participé au premier titre de la saison de Nancy, finissant la rencontre à 22 points, 9 rebonds et 4 passes décisives.

Après des débuts un peu hésitants, ce qui est bien compréhensible pour un joueur arrivé en Lorraine en début de semaine seulement, après avoir grandement contribué à la médaille d'argent de l'équipe de France à l'Euro en Lituanie, Batum a étalé toute sa classe en inscrivant 15 points dans le troisième quart-temps.
"L'équipe avait fait une bonne préparation sans moi. J'avais peur de briser sa routine", a-t-il expliqué. "C'est pour ça que j'étais un peu effacé au début. Et j'ai pris deux fautes rapidement. A la mi-temps, le coach m'a dit de plus me lâcher." Honoré avant le match, dans un Palais des Sports bien garni, avec Steed Tchicamboud, le meneur chalonnais, autre médaillé d'argent à l'Euro, Batum a livré un superbe duel à l'ailier américain Blake Schilb, l'homme à tout faire, créateur et finisseur, de Chalon.

Alors que Nancy imposait un rythme démentiel dans le premier quart-temps, il a démontré sa bonne entente avec le géant nigérian Akin Akingbala, auquel il offert deux "alley-hoop", une figure de style dont il est lui-même le plus souvent à la conclusion. Il a inscrit son premier panier ligne de fond (10-2, 3e), mais a pris rapidement deux fautes (10e), ce qui l'a contraint à rester sur le banc pendant tout le deuxième quart-temps. Très agressif offensivement, avec un Akingbala dominateur à l'intérieur, Nancy avait déjà pris les devants (21-9, 8e).

Frustré par son séjour sur le banc, Batum s'est libéré, alignant en quelques minutes un remarquable "fade away jumper" (tir en suspension en reculant), puis deux tirs à trois points (70-55, 30e). Une passe relayée d'une main pour Akingbala provoquait aussi des murmures d'admiration. Dans le même temps, sa défense éteignait Schilb, réduit à seulement 2 points en dix minutes (19 au total). Puis d'un dunk énorme d'une main, il faisait se soulever la salle (82-71, 37e). Le tout effectué le sourire aux lèvres, pour le plaisir du jeu et sans jamais chercher à se mettre en valeur individuellement. De quoi s'attirer les louanges de Grégor Beugnot, l'entraîneur chalonnais. "Si nos jeunes en devenir veulent voir ce qu'il faut faire pour être un grand joueur, qu'ils ne cherchent pas plus loin. En plus, ce qui est beau, c'est qu'il n'a pas du tout le côté suffisant. C'est un bel ambassadeur."

Batum, qui avait ses débuts professionnels lors de l'édition 2006 du Match des champions pouvait savourer. "Quand il y a un groupe comme ça c'est facile de s'adapter. Je suis en pleine confiance, je sors d'une épopée extraordinaire avec l'équipe de France. Ca fait du bien de revenir en ProA et gagner."

Romain Bonte