David Stern
Le patron de la NBA, David Stern. | Barnard/GETTY IMAGES/AFP

L'offre de la dernière chance

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Pour sortir du lock-out, le patron de la NBA David Stern a émis une nouvelle offre que le syndicat des joueurs a jusqu'à mercredi pour accepter mais qu'il semble d'ores et déjà rejeter, laissant planer la menace d'une annulation pure et simple de la saison. Après huit heures de négociations à New-York, les deux camps affichaient leur déception et ne cachaient pas leur pessimisme.

Stern a expliqué que les propriétaires avaient accepté cinq des six propositions du médiateur fédéral George Cohen, dont un partage des revenus flexible pouvant monter jusqu'à 51% pour les joueurs. Mais les joueurs, à l'image de leur représentant Derek Fisher, ont rejeté cette nouvelle offre, estimant que ces 51% n'étaient qu'un "leurre".

"Clairement, cette offre est inacceptable, a souligné Derek Fisher. A aucun moment, nous arriverons à 51% comme ils le promettent. Ce n'est pas une proposition, mais un ultimatum. C'est un nouveau jour triste pour les fans et les employés. Nous avons fait des efforts mais nous ne savons plus quoi faire pour combler le fossé qui nous sépare de la NBA."

Les deux parties s'opposent principalement sur deux points: les modalités de plafonnement de la masse salariale des clubs (salary cap) et le partage des quelque quatre milliards de dollars de revenus annuels de la NBA. Dans le précédent accord collectif de travail (CBA), dénoncé le 1er juillet, les joueurs touchaient 57% de ces revenus. Les propriétaires veulent mettre le curseur à 50-50 mais les joueurs ne veulent pas descendre sous les 52,5%. Une différence qui équivaut à une somme d'environ 100 millions de dollars par an.

Au total, 221 matches ont déjà été annulés, soit toutes les rencontres de la saison régulière du mois de novembre C'est la deuxième fois dans l'histoire de la NBA qu'un conflit du travail empêche la tenue d'une saison pleine. En 1998-1999, la saison régulière avait été réduite à 50 matches par équipe et n'avait commencé qu'en février 1999, après 204 jours de lock-out. Nous en sommes aujourd'hui à 122 jours de conflit.

Le lockout signifie que les clubs ne peuvent plus mener de négociations pour des transferts ou faire signer des joueurs lobres, que les joueurs ne sont plus payés, qu'interdiction leur est faite d'accéder aux installations sportives de leur club et d'avoir des contacts avec leur entraîneur.

Dans cette affaire de gros sous, le temps presse désormais. Car si les parties devaient rester sur leurs positions et continuer à tergiverser, si aucun accord ne venait à être trouvé rapidement, cela pourrait compromettre totalement la saison, puisqu'il y sera difficile en quelques mois de remettre la machine en route et de rattraper le retard.
Là pour le coup, le manque à gagner serait énorme, et la crédibilité comme l'image de la NBA seraient sérieusement écornées.