Espagne Serbie Garbajosa Keselj 092010
Grosse bagarre sous le panier entre Espagnols et Serbes | AFP - MUSTAFA OZER

L'Espagne dans les filets serbes

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Le monde n'appartient plus aux Espagnols. La Serbie s'est chargée de mettre fin au règne des Ibères lors des quarts des championnats du monde. Impressionnants à trois points (53 %), les Serbes ont fait plier les coéquipiers de Navarro et Garbajosa 92-89 et devront réaliser un autre exploit pour aller en finale. Dans la fièvre d'Istanbul, la Turquie a atomisé la Slovénie 95-68. Après la défaite de l'Espagne, les Turcs sont les seuls à pouvoir lutter contre les USA.

Le public turc a eu tort de bouder cet alléchant Serbie - Espagne. Pendant quarante minutes, les deux équipes ont pratiqué un basket de très haut niveau et surtout très offensif pour un duel entre européen. Le premier quart-temps donnait le ton et ressemblait au Brésil – Argentine des huitièmes. Très adroits à l'extérieur, les Serbes réalisaient un petit break (23-13, 7e) mais Navarro répliquait avec 13 pts en 9 minutes (27-23, 10e). Ce festival offensif n'était pas du goût des deux coaches qui serraient les défenses. Plus impliquée par l'effort défensif, la Serbie parvenait à déstabiliser les Ibères qui étaient obligés d'employer les grands moyens pour marquer (37-30, 16e puis 40-32, 17e). Leur salut passait par Garbajosa, excellent à 3 pts (3/4). Battus de 22 pts en finale de l'Euro l'an passé, les Serbes viraient en tête à la pause (49-41)

Pas de quoi inquiéter l'Espagne qui revenait le couteau entre les dents. Un 8-0 en 1'30" et les champions en titre refaisait leur retard (49-49). Moins décisif que l'an passé, Milos Teodosic prenait lui sa 3e faute. Il n'allait revenir qu'en fin de match. Avant l'acte final, la Serbie répondait toujours à trois points et entretenait le suspense. Il allait même en s'intensifiant puisque l'écart entre les deux équipes n'excédait pas un point pendant plusieurs minutes. Fin du 3e quart-temps, la Serbie gardait trois points d'avance. A tour de rôle, les Serbes dégainaient à 3 pts. Le dernier quart était pour Marko Keselj, auteur d'un 5/6 dans les tirs primés. Il donnait le tournis à la zone espagnole et enfonçait le clou (72-64, 31e). Les champions étaient dos au mur. Malgré 26 minutes sur le parquet, Rubio restait en dedans et confiait les clés du camion à l'intérieur. Garbajosa (18 pts ce soir), Gasol et Fernandez s'arrachaient pour faire la jonction (86-84, 38e). Intenable, le meilleur marqueur serbe Keselj crucifiait la Roja ? Non, car Navarro (27 pts au total) et Gasol redonnait une dernière fois vie à leur équipe. 89-89. Une dernière possession. La Serbie avait son destin en main. Teodosic prenait ses responsabilités et shootait à 4 secondes de la fin. Son premier panier de la 2e mi-temps ! Celui de la victoire (92-89).

Turkish Delices

Qui pourra arrêter la Turquie dans ce Mondial ? En poules, toutes les équipes s'y sont cassées les dents. En huitièmes, la France n'a lutté que quinze minutes. En quarts, les Slovènes n'ont pas tenu dix minutes. Labourés. Essorés. Vidés. Portés par un public en transe, les Turcs auraient pu shooter les yeux fermés tellement ils avaient la main chaude. Après 20 minutes, le score était déjà sans appel : 38-19. L' adresse était elle absolument insolente (73% à trois points à la pause!). La suite du match n'était qu'un long chemin de croix pour la Slovénie qui limitait la casse en s'inclinant 95-68. Inarrêtable, Ilyasova a fini meilleur marqueur pour les Turcs avec 19 points devant Güler  (12 points) et le trio Tunçeri-Onan-Turkoglu, auteurs chacun de 10 points. L'Espagne sortie, c'est une voie royale vers la finale qui s'est ouverte devant les pieds turcs. A eux d'en profiter !

REACTIONS

Milos Teodosic (meneur de l'équipe de Serbie): "On savait que l'Espagne était très forte, une grande équipe, c'est un grand jour pour nous, un moment spécial, mais on doit rester calme. Ca va être difficile d'oublier un match comme celui-là mais il le faudra pour jouer notre place en finale dans deux jours. C'est impossible de dire à quoi je pensais sur mon dernier tir. Je l'ai pris et il est rentré, voilà tout. Mais cette victoire est d'abord celle de l'équipe, sans elle mon tir n'existe pas."

Dusan Ivkovic (sélectionneur de l'équipe de Serbie): "Il y a un an, on avait été battu par une équipe bien meilleure que nous (en finale de l'Euro). Là, on avait l'occasion de voir où on en était. On a fait un grand match collectif avec six joueurs à plus de dix points et un gros pourcentage au shoot. On n'avait qu'un seul joueur qui avait déjà l'expérience d'un Mondial. On a commencé il y a trois ans avec tous ces jeunes joueurs, on a travaillé dur, on a grimpé marche après marche. On mérite cette victoire."

Juan Carlos Navarro (arrière de l'équipe d'Espagne): "C'est un moment très dur pour nous. On a connu des problèmes dans notre jeu de transition et en défense. La Serbie a connu beaucoup de réussite sur ses tirs extérieurs, on n'a pas su les arrêter en périphérie. Ils ont mérité leur victoire. Même s'ils sont très jeunes, ils n'ont peur de rien. On est frustré mais on s'est battu jusqu'à la dernière seconde. Ce sera difficile de jouer pour la 5e place."

Sergio Scariolo (sélectionneur de l'équipe d'Espagne): "Je ne sais pas si je dois d'abord être triste qu'on ait perdu ce match au buzzer ou fier de mon équipe qui a su se battre jusqu'au bout pour revenir avant de mourir sur la ligne d'arrivée. Pour l'instant, c'est la déception qui l'emporte... Le dernier shoot est venu de très loin. On avait très bien défendu sur Teodosic jusque-là mais c'est un grand joueur qui est là quand ça compte. Parler de Pau (Gasol) maintenant serait un manque de respect pour les joueurs présents, ils ont fait leur maximum. Pau est notre meilleur joueur mais ce n'est pas le moment de parler de lui, car on a fait un grand match de basket."