France Parker Collet 2011
Les Bleus ont eu besoin de s'employer pour s'en sortir | AFP - Pierre Andrieu

Les Bleus dans la douleur

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L'équipe de France a débuté victorieusement le championnat d'Europe (Groupe B) en s'imposant (89-78) en ouverture devant la Lettonie mercredi à Siaulai, en Lituanie. Mais les Bleus ont éprouvé toutes les peines du monde à trouver des solutions défensives face à une équipe lettone où Blums (31 pts) a soutenu la comparaison avec Parker (30 pts), artisan avec Boris Diaw de ce succès laborieux.

Après les Euros 2007 et 2009 et le Mondial-2010, c'est la quatrième compétition de suite que les Bleus ouvrent sur une victoire, ce qui était l'objectif minimal face à une équipe modeste, contre laquelle les coéquipiers de Tony Parker avaient tout à perdre et pas grand-chose à gagner. Aphones en première mi-temps (40-41), ils ont sauvé l'essentiel dans les cinq dernières minutes, s'appuyant sur Parker (31 points, 7 passes) et Boris Diaw (14 points, 5 rebonds), alors que Joakim Noah a terminé avec 10 points et 7 rebonds pour ses grands débuts en compétition officielle.

Pour espérer poursuivre l'aventure, les Bleus devront indiscutablement se montrer plus pugnaces, plus agressifs,soigner leur entame de match car ils ont livré treize premières minutes calamiteuses (20-28), où ils n'étaient même pas bons en défense, avant de se réveiller sur un 13-0 et deux paniers primés de Gelabale et Batum, mettant fin à un 0 sur 6 dans l'exercice. Mais dominés dans la zone, ils ont eu bien du mal à trouver des positions favorables, s'appuyant sur leur impact physique à l'intérieur et une bonne application dans la circulation du ballon. Ils ont en revanche en beaucoup de difficultés à convertir leurs occasions à trois points, au contraire des Lettons particulièrement en verve dans le sillage du joueur de Bilbao Ianis Blums (32 pts dont 20 à la pause), intenable et longtemps irrésistibles Comme souvent, ils ont buté sur la défense de zone des Lettons avant de trouver quelques failles sous la pression de Boris Diaw sans parvenir toutefois à faire un break. Alors qu'on guettait leur effondrement, les Baltes ont même tenu jusqu'à la 36e minute, où ils étaient encore à deux longueurs des Bleus (72-70), moment choisi par Batum et Gelable pour refaire le même coup qu'en première période.  Avec deux missiles de loin, les deux ailiers ont permis aux Bleus de souffler enfin, d'autant que Noah s'arrachait au rebond offensif et que Parker, déjà bouillant, terminait le travail sur deux paniers consécutifs.

L'essentiel était sauf mais les Bleus se fait peur. Pour ne pas renouveler ce genre de suspense, ils auront  intérêt à monter en régime en vue de leur rendez-vous avec Israël jeudi et de la trilogie infernale contre l'Allemagne, l'Italie et la Serbie qui les attend lors de la fin de ce premier tour. 

L'Espagne a eu chaud

Tout comme la France, l'Espagne, tenante du titre, a démarré l'Euro en tremblant  face à la modeste Pologne (83-78)   A dix-sept secondes de la fin, la Roja ne menait que de deux points avant que Juan Carlos Navarro (23 points) et l'inévitable Pau Gasol (29 points, 7 rebonds) ne scellent le succès ibère aux lancers francs. L'Espagne était pourtant partie pour une victoire aisée en comptant encore 15 points d'avance à la 28e minute. A la place, elle a déjà dû puiser dans ses réserves, la faute notamment à une adresse déficient à trois points 3 sur 16). Pau Gasol, qui a régné dans la raquette avec son frère Marc (16 points, 7 rebonds), a dû passer pas moins de 38 minutes sur le terrain, ce qui n'est pas forcément idéal dans un tournoi où les gros combats restent à venir.Il serait cependant très prématuré de tirer des enseignements définitifs de ce départ laborieux puisque l'Espagne a l'habitude de démarrer comme un diesel. En 2009, elle avait même perdu le match d'ouverture et souffert pendant toute la phase de poules avant de survoler la fin du tournoi. Elle avait notamment gagné de 22 points sa finale face à la Serbie qui a renoué avec la victoire mercredi en dominant l'Italie grâce notamment à son génial meneur Milos Teodosic (15 points, 8 passes).

Déclarations :

Vincent Collet (sélectionneur de l'équipe de France): "C'est un premier pas. C'était difficile mais on n'a pas paniqué et on s'est accrochés. A d'autres moments on aurait peut-être perdu le fil du match. Il faut voir que dans les premiers matches tout le monde est frais et a encore beaucoup d'espoir alors que la charge émotionnelle pèse sur les favoris. A cet égard, j'ai trouvé qu'on était un peu craintifs dans les premiers échanges où notre niveau défensif n'était pas celui qu'on a habituellement. Il faut reconnaître que les Lettons ont été exceptionnels. Un 9 sur 13 à trois points à la mi-temps ce n'est pas ce qu'on voit tous les jours. Malgré tout on n'a pas paniqué et trouvé des solutions sur la zone. On a marqué 89 points quand-même. Tony (Parker) a fait un grand match ce soir. J'espère qu'on pourra donner davantage de repos à nos joueurs majeurs mais c'est d'abord le match qui décide. Tony a joué à mon sens un peu trop mais ce soir il fallait d'abord gagner et je ne sais pas à quel moment j'aurais pu le sortir en deuxième mi-temps. Je suis convaincu que notre capacité à surmonter les difficultés va nous aider à vivre notre aventure pleinement, il ne faut surtout pas croire que ce sera facile et demain (jeudi contre Israël) ce sera peut-être encore plus dur."
Tony Parker (meneur de jeu de l'équipe de France): "La Lettonie nous a vraiment donné du fil à retordre. Blums était en feu et on a eu beaucoup de mal à l'arrêter. Les premiers matches d'un Euro sont toujours compliqués. On a été mieux en deuxième période, c'est une bonne victoire pour nous. C'est toujours difficile de rentrer dans une telle compétition. Il y a toujours des surprises lors de la première journée d'un Euro et je suis content que ce soit pas nous la surprise. Moi je me sens très bien, j'avais eu deux jours de repos avant le match donc ça m'a fait du bien de jouer autant. Je pense que demain je jouerai moins."

Joakim Noah ((pivot de l'équipe de France): "Ca va être dur tout le temps. Dans deux jours ça va être Dirk Nowitzki (vendredi contre l'Allemagne) et ça ne sera pas plus facile. L'Euro est une très belle compétition, les équipes qui jouent avec beaucoup de passion. Tout le monde se dit que sur un match tout est possible, ça donne un peu une atmosphère de play-offs. Il y a une belle ambiance. Ca me rappelle un peu l'université plutôt que la NBA. Le jeu est très physique. Ca ne m'a pas surpris. J'ai donné tout ce que j'avais. Plus on va jouer de matches ensemble, plus on va s'améliorer. On a encore fait quelques boulettes en attaque."

Résultats de la 1re journée

Groupe A
Espagne - Pologne 83-78
Turquie - Portugal 79-56
Lituanie - Grande-Bretagne80-69

Groupe B
Serbie - Italie 80-68
France - Lettonie 89-78
Allemagne - Israël 91-64

Groupe C
Montenegro - Macédoine 70-65 a.p.
Grèce - Bosnie-Herzégovine 76-67
Croatie - Finlande84-79

Groupe D
Belgique - Georgie 59-81
Slovénie - Bulgarie 67-59
Russie - Ukraine 73-64