Evan Fournier, Poitiers
Evan Fournier (Poitiers) attend de connaître sa franchise NBA | JOHANNA LEGUERRE / AFP

Le grand soir pour Evan Fournier ?

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L'arrière de Poitiers, 19 ans à peine, se présente à la draft NBA. Comme vingt de ses compatriotes avant lui, le Français espère découvrir la grande Ligue. Reste à savoir quelle position et quelle équipe lui réservera la grande messe du basket américain. D'autres de ses compatriotes pourraient d'ailleurs créer la surprise et l'accompagner outre-Atlantique. Certains jeunes prospects tricolores se sont eux montrés à leur avantage dans l'optique de la draft 2013.

Evan Fournier n'aime pas perdre son temps. Sorti à 16 ans de l'Insep, le Mauricien s'engage tout d'abord à Nanterre en Pro B pour parfaire son apprentissage. Dès la saison suivante il franchit le cap et rejoint Poitiers, club de l'élite, où il est élu meilleur espoir de Pro A 2011. Entre-temps, Fournier décroche une médaille d'argent au Championnat d'Europe U18 avec l'équipe de France. Il est élu dans le meilleur cinq de cet Euro en compagnie notamment d'Enes Kanter, drafté l'an dernier par le Jazz de Utah et Jonas Valanciunas drafté lui aussi par des Toronto Raptors qu'il devrait rejoindre cette saison.

Un talent précoce

Dès sa première saison dans le Poitou, l'arrière bat un record de précocité. En effet, grâce à ses 21 points inscrits début 2011 face à Nancy, il devient le plus jeune joueur de l'histoire du basket tricolore à marquer plus de 20 points dans un match de Pro A. Sa deuxième année à Poitiers est celle de l'explosion. Avec 14 points, 3,1 rebonds et 2,2 passes de moyenne il obtient de nouveau le trophée de meilleur espoir du championnat 2012. Au niveau international, ce prospect d' 1,97m confirme tout son potentiel, menant les Bleus à la médaille de bronze lors du championnat d'Europe U20 en 2011.

Une fois de plus élu dans le cinq du tournoi, l'arrière français marque les esprits. Le championnat de France devient trop étroit à ses yeux, d'où sa participation à de nombreux camps "pré-draft" sensés augmenter sa côté auprès des scouts NBA. Pour certains, Fournier a le potentiel pour être retenu au premier tour mais au-delà du Top 20, ce qui lui garantirait tout de même un contrat NBA alors que pour d'autres, son "attitude de diva" et son désintérêt pour les tâches défensives l'appelleraient plutôt au second tour.

Une mentalité de gagnant

Le joueur lui-même ne veut pas croire à cette issue : "Sincèrement, je n'envisage pas de ne pas être drafté. Ni même de ne pas être pris au premier tour". Pour le Poitevin, retourner une ou deux saisons s'aguerrir en Europe "n'est pas une option". Mais la franchise dans laquelle il échouera pourrait ne pas lui laisser le choix. Pour l'instant, les prévisions l'annoncent à Miami comme 27e choix. Mais comme le confirme son agent Bouna Ndiaye, "seuls les joueurs haut placés ont un accord avant la draft. Pour le reste c'est un poker menteur". Voilà pourquoi son poulain a effectué de nombreux essais dans diverses équipes comme Oklahoma City, Indiana, Milwaukee, Memphis, Dallas, New Orleans, Chicago, Cleveland ou encore Denver, où il affirme avoir "cassé la baraque".

Pour son agent, qui s'était confié à Basket News « Evan, c’est une mentalité de gagnant unique. Des qualités athlétiques certes à développer, mais qui peuvent être améliorées. Mentalement, c’est le top niveau. Il est complètement prêt pour la NBA. Je n’ai jamais vu ça parmi les joueurs que je représente". Nicolas Batum le confirmait il y a peu, "il a énormément confiance en lui". Un élément essentiel pour réussir en NBA et suivre le chemin des Noah, Parker et autre Diaw plutôt que celui des Moïso ou Petro.

Seul ou accompagné?

A priori, Evan Fournier devrait être le seul français retenu cette saison dans la ligue américaine. Toutefois des rumeurs promettent à Andrew Albicy une place en fin de second tour, même si ses performances en "work camps" n'ont pas impressionné, au contraire de celles de l'arrière de l'ASVEL Paul Lacombre, 22 ans, dont les performances ont été remarquées. Lui aussi pourrait constituer une surprise et traverser l'Atlantique. Mathieu Wojciechowski, jeune espoir de Gravelines (19 ans) qui s'est maintenu dans la draft, ne devrait quant à lui pas connaître d'issue heureuse à sa candidature.

Enfin, Nando de Colo, dont les droits appartiennent aux Spurs depuis la draft 2009 pourrait être appelé à faire le grand saut après trois saisons abouties du côté de Valence. Dans les jeunes pousses qui se sont montrés cet été aux yeux des scouts, deux Français ont retenu l'attention. Le pivot choletais Rudy Gobert et son corps de titan (2,14 m et 2,36 m d'envergure) ainsi que son alter-ego de Hyères-Toulon Louis Labeyrie ont réussi leur test et peuvent espérer rejoindre leurs aînés en NBA dans les années à venir.

Jerome Carrere