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Nicolas Batum, l'homme fort de Bleus | AFP - FRANCK FIFE

La France s'envole pour les huitièmes

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Après deux déroutes en préparation, la France avait des envies de revanche. Contrat rempli avec un succès 68-63 synonyme de qualification pour les huitièmes de finale du Mondial. Malmenés par les grands gabarits canadiens, les Bleus ont pris de la hauteur grâce à Batum (24 pts) et Koffi (7 pts, 7 rbds, 2 contres). Mickael Gelabale a scellé la victoire des siens en se montrant solide aux lancers. La 1ère place se jouera contre la Lituanie qui a battu l'Espagne 76-73.

Ne pas se voir trop beau et continuer d'aller au charbon. Avant de faire des plans sur la comète, les Bleus ont encore beaucoup à prouver et à gagner. Formidables depuis le début du Mondial, les Français se savent sur un fil et n'auront droit à aucun relâchement s'ils veulent accrocher cette improbable première place (avant le succès sur l'Espagne). Sur le parquet d'Izmir se présentait le Canada, bourreau de la France en préparation. L'objectif était triple : gagner, se qualifier pour les huitièmes de finale et prendre une belle revanche.

Mais avec son format athlétique qui n'est pas si éloigné du notre, le Canada était une mine prête à sauter dans nos baskets. Le début du match confirmait les difficultés de la France contre les "bûcherons". En attendant la mise en place des systèmes offensifs, les défenses s'en donnaient à cœur-joie (8 pts en 4 minutes). Pas assez engagé, le cinq de Vincent Collet manquait de rythme. Ce n'est qu'avec de l'intensité que l'équipe de France peut rivaliser avec les meilleurs. Heureusement, un dunk de Batum réveillait Izmir (8-5, 6e). L'ailier de Portland était aussi un monstre défensif avec une moisson de 5 rebonds dans le premier quart. Sous l'impulsion de l'ancien manceau, les Bleus recollaient (12-13, 9e) avant un dernier tir primé de Bokolo au buzzer (15-15, 10e). Ce shoot faisait oublier les 6 pertes de balles du début de match.

Laminé à Toronto en amical, le secteur intérieur donnait cette fois satisfaction à Vincent Collet. Avec Mahinmi, Koffi et Traoré, la raquette était bleue. Les Canadiens insistaient avec une défense de zone mais la France trouvait ses grands malgré du gâchis avec des passes dans de trop petits périmètres. Koffi puis Diaw remettaient leur équipe devant (28-26, 19e). L'abattage du Manceau était d'ailleurs impressionnant. Métamorphosé depuis le début du Mondial, il se montrait à nouveau à son avantage avec ses bras tentaculaires (5 pts, 6 rebonds et un contre).

La 2e mi-temps démarrait en fanfare par un alley-oop de Batum, servi par Bokolo. Mais pour le feu d'artifice, c'était tout. Deux séquences de suite poussaient le Canada jusqu'aux 24 secondes pendant que Batum et Diaw s'élevaient vers le cercle (34-30, 24e) mais le suspense allait durer jusqu'au bout. Dos au mur avec deux défaites au compteur, le Canada réagissait dans le un-contre-un façon NBA (36-37, 25e). Les fautes se multipliaient mais les vieux démons français resurgissaient. Hormis Batum qui assumait son leadership en attaque (24 pts), le shoot extérieur était sinistré et les lancers-francs posaient problème (5/13, 38 % à 29e). Si le match se jouait sur la ligne, c'était perdu…

6-0 en ouverture de 4e quart-temps, le Canada haussait le ton avec Kendall et Olynyk (46-52, 32e). Les Bleus répondaient du tac-o-tac dans ce corps-à-corps (52-52, 33e). Dans la pénalité à cinq minutes de la fin, la France payait cash chaque faute commise. Il fallait défendre intelligemment, ce que les Bleus faisaient. Les mains fiables de Traoré (59-58, 38e) et de Diaw faisaient le reste. Le joueur de Charlotte sortait son premier tir primé du tournoi au bon moment (62-60, 39e). A force de courage dans cet âpre combat, la France tenait bon la corde et rentrait enfin ses lancers grâce à Mickael Gelabale. Un dernier contre de Koffi pour nettoyer et les Bleus arrachaient de haute lutte ce match synonyme de qualification en huitièmes de finale (68-63). Quant à la première place du groupe D, elle se jouera mercredi contre la Lituanie qui a elle aussi fait chuter la grande Espagne 76-73.

Dans la chaleur d'Ankara, la Turquie a poursuivi son sans-faute en dominant la Grèce 76-65. Les Turcs prennent une grosse option sur la première place du groupe C tandis que Porto Rico, vainqueur de la Chine 84-76, pourrait arracher la 4e place.

Réactions

Boris Diaw (capitaine de l'équipe de France): "Se qualifier dès le troisième match n'était pas évident à prévoir au départ, mais c'était notre objectif. C'est gratifiant, c'est super mais maintenant, il faut sortir le plus haut possible du groupe, donc battre la Lituanie. Le plus important ce soir, c'est d'avoir une victoire en plus. On a des joueurs qui sont importants à chaque match, à tour de rôle, on a une équipe très homogène. Moi, j'essaye d'apporter du mieux possible. Quand je vois que je ne mets pas un tir, j'essaye de me rendre utile autrement."

Nicolas Batum (ailier de l'équipe de France): "C'est un bon pas, mais on ne veut pas se satisfaire de ça, on veut terminer premiers du groupe, on veut battre les Lituaniens et continuer à progresser. On n'était pas très concentrés, pas très rigoureux aujourd'hui, mais on a préservé l'essentiel, la victoire. Ce matche montre qu'on a pas mal mûri même s'il n'a pas été fantastique. Je savais que je devais prendre les choses en main aujourd'hui car Mike (Gelabale) était un peu fatigué. J'essaie de garder la tête froide, j'ai la chance de pouvoir regarder Brandon Roy tous les soirs dans mon équipe (NBA de Portland). J'apprends beaucoup de ce mec-là, dans les fins de match, je copie son jeu."

Mickaël Gelabale (ailier de l'équipe de France): "C'est une revanche mais cette victoire nous permet surtout de rester dans nos objectifs. Leur zone nous a bien gênés. Je pense qu'on va la travailler demain à l'entraînement. Ils nous ont bien coupés, empêchés de jouer et ça ne nous correspond pas. A nous de nous remettre dans le droit chemin. Sur les lancers francs de la fin, j'étais vraiment très concentré. Tout se joue là-dessus."

Ali Traoré (pivot de l'équipe de France): "C'est une grosse satisfaction, maintenant, on veut finir premiers du groupe. C'est bien de voir qu'on peut gagner des matches dans un contexte difficile. On a montré du coeur. On était un peu endormis et on a commencé très mollement, mais on a su faire preuve de caractère. On a écopé d'un avertissements sans frais. A la mi-temps, le coach nous a réveillés, il sentait qu'on dormait. Moi, je commence à trop réfléchir, ça me met dans le dur, heureusement que sur la fin j'ai pu aider l'équipe."