Roanne Djabate joie avec public 092010
La communion entre la Chorale de Roanne et son fidèle public | AFP - THIERRY ZOCCOLAN

La Chorale étouffe Chalon

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Roanne s'est imposé devant Chalon (84-67) en match avancé de la 17e journée de ProA. Paradoxalement, les deux équipes les plus offensives du championnat ont été en panne d'adresse dans une rencontre très intense, où les défenses ont mis beaucoup de pression. Le match s'est décanté en 2e période, quand la Chorale, dominatrice aux rebonds, a retrouvé le chemin du panier. Roanne confirme sa place de leader.

L'Elan Chalonnais savait qu'il n'est jamais très aisé d'aller s'imposer à la Halle Vacheresse, mais comptait sur une sorte de déstabilisation du groupe roannais, comme celui-ci  en avait connu la semaine précédente à Hyères-Toulon avec le départ express de K.C.Rivers, et sur le fait que la recrue "hors-norme" estampillée NBA de la Chorale allait sans doute manquer de jambes et de repères. Le premier quart-temps donnait raison à Chalon, qui entrait mieux dans la partie, avec Marquez Haynes  (22 points au toal) qui s'enflammait trois fois de suite à trois points, alors que Roanne perdait des ballons, avait du mal à mettre du rythme, et gâchait quelques belles occasions. à l'extérieur. Ricky Davis manquait la mire et mettait du temps à bien se situer dans cette nouvelle organisation. Chalon en profitait pour faire la course en tête, mais Roanne, avec Uche en guerrier sous les panneaux, le duo Amagou-Diabate pour surgir sur des interceptions, où Dylan Page (15 pts) précieux à l'intérieur, n'échouait qu'à un point (21-22). La Chorale retrouvait alors un peu de couleur, après quelques retards à l'allumage, et quelques ratés, la machine retrouvait petit à petit sa vitesse de croisière.. Davis, par ailleurs très altruiste(4 passes décisives et nombre d'autres qui n'ont pas abouti, par manque d'automatismes)   faisait se soulever la salle en marquant son premier panier bonifié dans le championnat français. Au total il inscrira 11 points en seulement en 26 minutes. Chalon multipliait les fautes et commençait à se précipiter. A la mi-temps Roanne avait inversé la tendance et comptait deux longueurs d'avance (37-35).

La Chorale retrouve de la voix

Ensuite, l'écart ne cessait de grandir. Les hommes de Jean-Denys Choulet enchaînaient les systèmes et retrouvaient leur efficacité, mais s'il y a eu bien sur du déchet dans la finition et un manque de constance, avec beaucoup de mouvement, comme la Chorale sait le faire dans sa volonté de jouer, de faire circuler le ballon et d'aller vers l'avant. Côté bourguignon, quelques "jumps" rageurs sous la planche permettaient de rester à distance respectable, avant que le collectif roannais ne se mette vraiment à accélérer et à trouver enfin la mire. Les dix joueurs ont mis la main à la pâte et apporté leur pierre à la victoire en ajoutant des points dans l'escarcelle, dont cinq joueurs à plus de dix points, alors qu'à Chalon, hormis Haynes, Evtimov (11 pts) et Schilb et Jean-Baptiste (8 pts chacun) ont été bien muselés. C'est d'ailleurs à partir du point fort de la défense, qui a contrait leur adversaire à faire des fautes et à entrer dans la pénalité, synonyme de lancer-francs, que Roanne a pu remettre son organisation en place en intégrant Davis, et en s'appuyant sur ses vertus: l'impact offensif et l'enthousiasme, dans une ambiance particulièrement chaude. Finalement, Roanne se détachait et s'offrait une part de "show" avec un cross suivi d'un dunk de Diabate, et deux missiles à trois points consécutifs de Ricky Davis, poiur une Chorale qui prenait date avec cette victoire probante (84-67).

Même si les statistiques ne sont pas des plus flatteuses (50% de réussite pour Roanne, et 40% pour Chalon) avec surtout beaucoup de ballons perdus (19 pour la Chorale et 13 pour l'Élan), cette rencontre a tout de même été d'un rare engagement dans la vitesse d'exécution entre deux équipes qui ont cavalé aux quatre coins du terrain, et riche d'enseignements dans la perspective de la Semaine des AS.