Diot, Ajinça, Rodriguez
Les Français Diot et Ajinça entourent l'Espagnol Rodriguez | MAXPPP/Chema Moya

Diot-Ajinça, le soleil se lève à l’Est

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Réunis à Strasbourg par Vincent Collet cette saison, Antoine Diot et Alexis Ajinça ont été essentiels à l’équipe de France de basket lors de l'Euro en Slovénie, dans le sillage de leaders vieillissants. Revenus en grâce, les deux hommes doivent désormais confirmer leur superbe potentiel pour incarner définitivement la relève de la génération Parker.

Ils ont repris le cours de leur histoire en Bleu. Champions d’Europe juniors en 2006, Antoine Diot et Alexis Ajinça avaient depuis connu une histoire tumultueuse avec le maillot tricolore. Blessé pendant deux ans, le premier n’avait jamais pu confirmer les espoirs nés d’un Euro  2009 accompli en sélection nationale. Meilleur marqueur du dernier match de classement face à la Croatie (18 points) offrant la 5e place à l’équipe de France, le joueur formé au Mans semblait taillé pour le poste de remplaçant de Tony Parker. « J’ai toujours dit au coach qu’Antoine est le meilleur back-up que j’ai eu en équipe de France », assure TP. Forfait pour le Mondial 2010 et l’Euro 2011 Diot a manqué un train qu’il a brillamment rattrapé en Slovénie.

Diot-Ajinça, un duo dans le désert

Pour le second, la traversée du désert au niveau international se résume à une question de timing. Lorsqu’il enfile la liquette française pour la première fois, lors du tournoi de qualification à l’Euro 2009, celui qui a fait ses gammes à Pau-Orthez ne sait pas encore utiliser ses 2,15 mètres. Tout juste nommé sélectionneur, Vincent Collet le coupe avant le début de la compétition européenne. « Ce n’est plus le même joueur. Ça n’a rien à voir avec 2009. C’est un vrai joueur de basket, maintenant », témoigne Tony Parker. Rappelé suite aux nombreuses défections dans le secteur intérieur Ajinça a saisi sa chance à l’Euro avec des prestations haut de gamme face à la Lettonie (25 points) et la Grande-Bretagne (10 pts, 11 rbds). Plus discret en phases finales, il s’est concentré sur les tâches défensives avec brio (9 rebonds en ¼, 10 en finale). 

Puisque leurs destins semblent liés, le meneur de 24 ans et le pivot de 25 ans joueront ensemble la saison prochaine à Strasbourg sous les ordres de... Vincent Collet. Rodé sous le maillot des vice-champions de France en titre, ce duo pourrait bien incarner l’avenir des Bleus. Revenu en France depuis trois saisons après s’être égaré en NBA les trois années précédentes, Alexis Ajinça progresse de saison en saison. « J’ai rarement vu quelqu’un de cette taille aussi coordonné. Comme Pau Gasol… Ils sont, quoi, dix dans le monde, aussi doués »,  s’enthousiasme Alain Weisz, coach du Stéphanois à Hyères-Toulon. Un club dans lequel le vice-MVP français de la dernière saison de Pro A a joué avant de traverser l’Atlantique (5 pts, 3 rbds de moyenne), puis à son retour dans l’Hexagone (21 pts, 10 rbds de moyenne).

Ajinça, Force 4

Malgré des passages mitigés à Charlotte, Dallas et Toronto, Ajinça est revenu transfiguré des Etats-Unis. Quatrième meilleur rebondeur de l’Eurobasket avec 7 prises par match, l’intérieur de la Sig s’est affirmé. Quatrième force offensive des Bleus derrière Parker, Batum et Diaw, Ajinça « est une pièce-maitresse de l’équipe maintenant », juge Batman. Engagé en Euroleague pour la première fois de sa carrière, le pivot stéphanois a trouvé un nouveau terrain de jeu afin d’asseoir sa domination naissante.

Redevenu une référence sur le sol français (13 pts et 4 pds de moyenne au Paris-Levallois l’an dernier) et un joueur qui compte en équipe de France, Antoine Diot est prêt à reprendre le fil d’une carrière prometteuse ralentie par un dos capricieux. « Quand je prendrais ma retraite, il pourra largement, largement, tenir l’équipe de France », prophétise Parker. Pour ce faire, l’ancien Manceau a choisi de retrouver le sélectionneur national Vincent Collet dans l’Est de la France. L’entraîneur qui l’avait lancé en Pro A en 2007. Et celui dont il a conservé la confiance à l’Euro malgré une préparation poussive. Très bon en défense durant la compétition, Diot a attendu le plus gros match pour sortir de sa boîte. En demi-finale face à l’Espagne, ses deux tirs consécutifs à 3 points au milieu du 3e quart-temps ont relancé ses partenaires.

Parker: "Diot a des grosses cojones, comme moi"

« Je sens que les autres joueurs et le coach ont confiance en moi. C’est le rôle d’un meneur de jeu d’être serein dans les moments chauds », explique froidement le Bressan pour justifier une prestation « héroïque » selon Batum. Avec 10 points en 30 minutes le néo-strasbourgeois a contribué à la chute des doubles champions d’Europe en titre. « Antoine c’est le coéquipier exemplaire. C’est grâce à des joueurs comme lui qu’on a été champions d’Europe, renchérit TP. Il a des grosses cojones, comme moi. » Le mimétisme ne s’arrête pas là. Suivi par des franchises NBA, tout comme Ajinça, Diot pourrait franchir le cap. Et marcher un peu plus dans les traces du légendaire meneur des Spurs.

Jerome Carrere