David Stern
David Stern, patron de la NBA depuis 1984 | Barnard/GETTY IMAGES/AFP

Dernière offre avant le chaos ?

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Alors que la proposition des propriétaires des franchises faites le samedi précédent devait être entérinée avant mercredi dernier, a finalement été refusée par les joueurs, le patron de la NBA David Stern est revenu sur son ultimatum pour relancer la discussion. Une nouvelle offre a donc été faite par la NBA au syndicat des joueurs. Ceux-ci vont devoir maintenant se prononcer avec le risque de compromettre la saison.

Une saison de 72 matches débutant le 15 décembre avec des playoffs qui démarreraient une semaine plus tard que prévue. Le tout avec un partage des revenus à 50-50 entre les propriétaires et les joueurs et un salary-cap plus contraignant, notamment pour les équipes qui le dépassent et atteignent la "luxury-tax". Voilà, dans les grandes lignes, la dernière proposition formulée par la NBA.
Dans cette nouvelle offre d'ailleurs, les propriétaires de franchises n'ont pas fait beaucoup de concessions par rapport à celle qu'ils avait faite la semaine dernière. A peine ont-ils donné quelque détails sur le système économique dans le fonctionnement de la NBA, et surtout ils ont fixé un calendrier d'une saison 2011/2012 remodelée qui finalement n'aura fait manqué qu'un gros mois de salaire aux joueurs. Visiblement ils comptent sur l'aspect financier des choses pour pousser les joueurs à accepter cette offre.   

Cela est pourtant loin d'être certain. Les deux parties s'opposent principalement sur deux points: les modalités de plafonnement de la masse salariale des clubs (salary cap) et le partage des  quelque quatre milliards de dollars de revenus annuels de la NBA. Dans le précédent accord collectif de travail (CBA), dénoncé le 1er  juillet, les joueurs touchaient 57% de ces revenus. Les propriétaires veulent  mettre le curseur à 50-50 mais les joueurs ne veulent pas descendre sous les  52,5%. Une différence qui équivaut à une somme d'environ 100 millions de  dollars par an. Et en restant accrochés à leur répartition 50/50, les représentants de la NBA n'ont rien modifié de cette partie du désaccord.
Les propriétaires semblent décidés à ne pas rien lâcher et promettent que leur prochaine offre – si celle-ci était refusée par les joueurs – sera encore moins avantageuse. "Il arrive un moment où il faut cesser de négocier. Et nous y sommes", a déclaré David Stern au terme de la réunion, indiquant clairement qu'il serait bon pour tout le monde qu'un accord se fasse et mettant ainsi la pression sur les joueurs.

"Ce n'est pas la meilleur proposition du monde, mais j'ai au moins l'obligation de la présenter à nos membres" a d'ailleurs commenté, un peu fataliste, Billy Hunter, le président du syndicat des joueurs. Ce dernier va donc convoquer les représentants de chaque équipe en début de semaine prochaine pour savoir si un vote doit se tenir sur l'offre des propriétaires. Lors des dernières négociations, il ne se montrait pas très optimiste. "Nous ne pouvons pas dire qu'il y a eu des progrès significatifs aujourd'hui. Nous allons revenir et nous verrons s'il est possible de faire un effort pour trouver une solution". Mais les joueurs semblent aussi très "remontés" et assis sur leurs positions. Selon certaines sources, plusieurs agents auraient déjà récolté plus de 200 signatures de joueurs en faveur de la "décertification" du syndicat, une procédure qui entraînerait sa dissolution du syndicat et qui permettrait aux basketteurs de la NBA de porter l'affaire devant les tribunaux, ce qui serait une étape de plus vers l'annulation totale de la saison.

La NBA est donc sur la corde raide. Au total, 221 matches ont déjà été annulés, soit toutes les rencontres de  la saison régulière du mois de novembre. Et la saison entière est maintenant  compromise. Avec évidemment un manque à gagner considérable pour les clubs pris en étau dans ce lock out entre les joueurs et les partenaires économiques associés aux supporters. Quoi qu'il en soit, on devrait maintenant être fixé rapidement si les parties veulent s'inscrire dans la proposition qui prévoir unereprise à la mi-décembre. Tout retard supplémentaire serait préjudiciable.