Luis Scola (France-Argentine 2019)
Luis Scola a été le grand artisan du succès argentin face aux Bleus | Zhang Chenlin / XINHUA

Mondial de basket : Luis Scola, le bourreau de l'équipe de France

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On attendait Rudy Gobert pour régner dans la raquette comme il l’avait fait contre les États-Unis en quart, c’est le quasi-quadragénaire Luis Scola (39 ans), qui a offert aux siens une place en finale du Mondial, dimanche face à l’Espagne. La récompense d’une carrière vouée à faire briller le maillot albiceleste.

2002-2019. Dix-sept ans après, Luis Scola va vivre une seconde finale mondiale. À 39 ans, celui qui a débuté en sélection en juin 1999, quand Frank Ntilikina n’avait encore soufflé qu’une bougie, réalise un Mondial exceptionnel (19,3 points et 8,1 rebonds de moyenne). Face aux Bleus, c’est sur ses larges épaules que l’Argentine a construit son succès. 

Luis Scola (en 2002)
Luis Scola (en 2002) © David Leah / MEXSPORT DIGITAL IMAGE / Mexsport

Un Mondial ahurissant

Et pourtant, l’équipe de France était prévenue. Luis Scola a beau avoir les cheveux “poivre et sel”, pour ne pas dire plus, son abattage dans ce Mondial 2019 est fabuleux. Ses 21 points contre la Pologne au deuxième tour et ses 20 contre la Serbie pour l’exploit en quart auraient dû suffire à faire de lui l’ennemi numéro un. Mais face aux Bleus, Scola a fait encore mieux. Sa ligne statistique traduit une empreinte énorme sur cette demi-finale : 28 points et 13 rebonds. Dans le détail, son pourcentage à trois points (3/4) est bien meilleur que celui des Français (7/31) . Et que dire de son 9/10 aux lancers-francs contre le famélique 13/25 tricolore ? Une leçon.

A 39 ans, Luis Scola possède l’expérience de ceux qui ont joué de nombreux matches couperets et le palmarès d’un homme qui a connu plusieurs carrières. Celui qui a fait ses classes en Argentine doit aussi beaucoup à l’Espagne où il est arrivé à 18 ans, en 1998. À Vitoria, où il a joué sept saisons dans la décennie 2000, le natif de Buenos Aires est une vraie légende. En 2002, le club basque décroche son premier titre de champion d’Espagne et en 2005, Scola est élu meilleur joueur de la Liga ACB, le meilleur championnat du monde derrière la NBA pour certains.

Dix ans en NBA

La NBA, Scola l’a connu sur le tard, à 27 ans aux Houston Rockets. Avec son intelligence de jeu et malgré un physique sous-dimensionné pour les standards NBA, l’Argentin se fait sa place. Cinq franchises différentes lui font confiance pendant ses dix années dans la grande ligue. À Houston, où il a connu ses meilleures saisons entre 2007 et 2012, Scola affiche 14,5 points et 7,7 rebonds de moyenne. Mais si individuellement Scola brille, collectivement il n’obtient aucune satisfaction. Pour en trouver, il faut se tourner vers la sélection.

Luis Scola face à Pau Gasol et Kobe Bryant en NBA
Luis Scola face à Pau Gasol et Kobe Bryant en NBA © Harry How / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Champion olympique 2004

De 2002 à 2019, Luis Scola a tout donné pour les couleurs bleue et blanche. Aux côtés de l’autre légende argentine, Manu Ginobili, l’ailier-fort porte sa sélection vers les sommets. Le plus beau d’entre eux sera l’Olympe, gravi en 2004 aux JO d’Athènes. Une sélection argentine qui a donné des frissons à tous les suiveurs domine la Team USA de Tim Duncan, Allen Iverson, LeBron James et Carmelo Anthony (rien que ça) en demi-finale avant de s’offrir l’or face à l’Italie. Cette année-là, Scola est élu dans le meilleur cinq de la compétition, à 24 ans. 

Quinze ans plus tard, le temps a filé, les cheveux ont grisonné, Manu Ginobili et les autres ne sont plus là. Luis Scola est le seul rescapé. Après l’argent mondial en 2002, il a une nouvelle chance de rafler l’or, dimanche, histoire de boucler la boucle et d'entrer un peu plus encore dans la légende du basket.

Luis Scola aux JO d'Athènes
Luis Scola aux JO d'Athènes © ADRIAN DENNIS / AFP
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