Batum sourire France Mondial 2019
Et si Nicolas Batum, et ses coéquipiers de l'équipe de France, réalisaient un exploit XXL contre Team USA ? | WANG Zhao / AFP

Mondial 2019 de basket : Trois raisons de croire en l'exploit de la France contre Team USA

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Ce mercredi, à 13h00, et à l’occasion des quarts de finale de la Coupe du monde de basket, l’équipe de France peut écrire une nouvelle page de son histoire. Les Bleus défient la sélection la plus crainte et la plus titrée du basket mondial : les Etats-Unis. Pour autant, et même si Gregg Popovich va probablement envoyer ses poulains à la guerre face aux hommes de Vincent Collet, il existe trois motifs d’espoirs pour assister au plus grand exploit du basket français.

► Le talent des uns, l'expérience des autres

Pour perturber la dynastie américaine, quoi de mieux que des talents développés en NBA. Car en équipe de France, si on n’en compte pas autant que dans l’effectif US, trois joueurs en particulier ont eu une véritable expérience de la meilleure ligue de basket au monde. Et pas des moindres. À commencer par Nicolas Batum, le capitaine du navire qui, à 31 ans et 11 saisons NBA au compteur, est devenu le véritable patron des Bleus. Comme le fut, il y a peu, un certain Boris Diaw. De son côté, Evan Fournier assume parfaitement le rôle de leader offensif des Bleus. 5e meilleur scoreur du mondial avec 20,8 points de moyenne par match, l’arrière du Magic d’Orlando réalise tout simplement sa meilleure compétition sous le maillot tricolore. Son festival, non récompensé, contre l’Australie a même prouvé qu’il était capable d’aller encore plus loin… 

Le troisième, et peut-être le plus talentueux du groupe, n’est autre que Rudy Gobert. Le pivot du Jazz est la pierre angulaire de la formation tricolore. Et si on occulte la défaite contre l’Australie (100-98), le géant de Utah tient parfaitement son rôle (11 points, 8,4 rebonds et 2,2 contres en 25 minutes). Enfin, Vincent Collet peut également compter sur un sixième homme d’exception. Vainqueur de l’Euroligue à deux reprises (2016 & 2019), MVP en 2016, Nando De Colo sort du banc pour dynamiter le jeu. Avec brio et constance. Contre la Lituanie et l’Australie, le poste 2 des Bleus est même monté en puissance, cumulant 47 points à 59% aux tirs… Derrière ce quatuor aussi talentueux qu’expérimenté, l’équipe de France peut également compter sur de vaillants soldats que sont Andrew Albicy, Franck Ntilikina ou encore Vincent Poirier, futur joueur des Celtics de Boston. Bref, la troupe bleu-blanc-rouge dispose de tout ce qu’il faut pour partir à la chasse à l’ogre américain.
 

► La défense, arme de dissuasion massive

Naturellement, quand on dispose, dans ses rangs, du double meilleur défenseur de la NBA, ça aide. Beaucoup. Et comme certains auraient pu, en toute légitimité, le penser, il ne joue pas pour les Etats-Unis. Et cerise sur le gâteau, il est Français ! Drafté en 27e position à l’été 2013 par les Nuggets de Denver, Rudy Gobert a directement décollé pour l’Utah. En six ans, quasiment, le géant (2m15) de Saint-Quentin s’est tout simplement imposé comme le meilleur défenseur de la Ligue américaine. Un statut qu’il met aujourd’hui au profit de l’équipe de France, désormais reconnue comme l’une des meilleures nations défensives du monde.

D’ailleurs, depuis le début de ce Mondial chinois, et avant la désillusion australienne qui a coûté 98 points, les Bleus affichaient la défense la plus hermétique de la compétition, la réussite aux tirs de leurs adversaires n’atteignant pas les 36%. Une œuvre collective puisque derrière la tour de contrôle Gobert, le jeune meneur des Knicks, Franck Ntilikina, a su mettre toute son énergie au diapason de l’équipe. Tout comme l’habitué Andrew Albicy (29 ans), surnommé le « pitbull », pas le plus flamboyant statistiquement mais tellement essentiel en rotation pour agresser son vis-à-vis. Donc vous l’aurez compris, s’il existe bien une formation capable de gêner Team USA, par sa dureté défensive, c’est bien la France.
 

Le meneur des Bleus, Franck Ntilikina, ne lâche pas son homologue lituanien, Mantas Kalnietis.
Le meneur des Bleus, Franck Ntilikina, ne lâche pas son homologue lituanien, Mantas Kalnietis. © WANG Zhao / AFP

► L'excès de confiance de l'équipe C américaine

La Serbie ayant été sortie, le candidat naturel à sa double succession n’est autre que la Team USA. Désormais coachée par le légendaire manager des Spurs de San Antonio, Gregg Popovich, la sélection américaine a beau disputé le Mondial avec son équipe C (NDLR : LeBron James, Kevin Durant, Stephen Curry, James Harden, Kawhi Leonard, Anthony Davis ou encore Russell Westbrook sont absents), elle demeure la plus talentueuse, la plus physique et la plus équilibrée de cette Coupe du monde. Mais c’est justement à cause de cette supériorité affichée que le bât blesse pour les Etats-Unis. L’histoire l’a déjà prouvé : il n’est jamais très judicieux de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. En 2004, notamment, l’Argentine avait été championne olympique après avoir vaincu en demi-finales une formation américaine, jeune et arrogante, portée par LeBron James...

Alors attention à l’excès de confiance… Et si on peut compter sur l’exigence de "coach Pop", et son indifférence face à l’adversité, certains semblent déjà un peu trop sûrs de leur fait. Du côté des journalistes, à l’image de Kurt Helin (NBC Sports) qui, dans un tweet ce mardi matin, évoquait déjà la demi-finale potentielle contre la Serbie… Les Serbes qui ont d’ailleurs été battus par l’Argentine du vétéran Luis Scola, et alors que la France n’a pas encore joué. Enfin, du côté du parquet, aussi, on semble bien trop serein. Myles Turner, le pivot des Pacers d’Indiana et de la Team USA, a tout simplement remis en cause le titre de meilleur défenseur de Rudy Gobert pour The Athletic : « Gobert est un bon défenseur. Je suis un bon défenseur, donc ça va être un bon match. Il est le défenseur de l’année, selon certains… » Voilà qui devrait faire plaisir à l’intérieur des Bleus, plus remonté que jamais pour permettre à cette équipe de France d’arracher une victoire historique.
 

VIDÉO - Les Bleus face à la montagne américaine

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