Le dunk de la révolte pour Nicolas Batum contre l'Australie
Le dunk de la révolte pour Nicolas Batum contre l'Australie | AFP - HECTOR RETAMAL

Mondial 2019 de basket: Nicolas Batum, le capitaine de la révolte française face à l'Australie

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Très discret pendant toute la première période à l'image de l'équipe de France, Nicolas Batum, le capitaine, a été le déclencheur d'une révolte au milieu du 3e quart-temps contre l'Australie, pour décrocher la médaille de bronze de la Coupe du monde. Dans les deux derniers quart-temps, il a empilé 7 de ses 9 points, 5 de ses 6 passes décisives, 2 de ses 3 interceptions, et ses 3 rebonds. A 30 ans, le joueur de Charlotte s'empare de sa 4e médaille en équipe de France.

"Peut-être que j'avais trop attendu que Nando De Colo et Evan Fournier trouvent la solution contre l'Argentine. Aujourd'hui, il était temps que je prenne le jeu en main, en défense et en attaque." Cet aveu au micro de Canal +, Nicolas Batum a voulu en faire une leçon apprise. Face à l'Australie, il a assumé ses responsabilités. En Bleu depuis dix ans, le trentenaire a repris le flambeau de ses aînés. "Il a été incroyable! Pour ceux qui l'ont critiqué le match d'avant (contre l'Argentine), sans Nicolas, on ne gagne pas ce soir", a confirmé le pivot Rudy Gobert. "Il ne réclame pas la balle. Il complète. C'est un art qui est rarement mesuré à l'extérieur. Il n'a pas besoin de marquer pour être essentiel", souligne le sélectionneur Vincent Collet. "Nico, c'est le catalyseur", assure le pivot d'Utah. "Il est toujours là pour rassurer et pour motiver quand il faut. Sur le terrain, il reste un excellent défenseur, quelqu'un qui peut mettre les paniers qu'il faut et surtout huiler l'attaque. Il s'en fout de mettre deux points ou vingt. Avoir cette mentalité-là c'est important en équipe nationale".

Alors que la France était, pour le deuxième match de suite, apathique face à l'agressivité adverse et totalement hors du coup en terme d'adresse, le joueur des Hornets a sonné le rappel. A la mi-temps, il a demandé à Vincent Collet de changer les tactiques de jeu. Et alors que son équipe était menée de 15 points dans le milieu du 3e quart-temps, il a sorti le grand jeu.

Un dunk rageur, un panier à trois points en tête de raquette, une passe décisive dans le dos de la défense pour le dunk de Vincent Poirier, un contre sur Aron Baynes et une nouvelle passe décisive pour Evan Fournier. En 4 minutes, la France avait effacé l'écart de 15 points (38-23 à la 23e minute) pour revenir à deux longueurs (44-42) avec une minute trente de jeu dans ce 3e quart-temps.

Batman en super héros

Il fallait voir cette rage, cette volonté, ce regard, pour comprendre que "Batman" avait revêtu ses habits de héros dans cette fin de rencontre. Alors qu'Evan Fournier poursuivait ses errances offensives déjà vues contre les Argentins (5/17 au tir), que Rudy Gobert était limité par ses fautes, les Bleus ont trouvé dans leur capitaine la voie du renouveau. Nando De Colo, Andrew Albicy, Vincent Poirier se sont engouffrés dans la brèche pour planter paniers lointains, passes décisives, défense intraitable et rebonds agressifs. En quatre minutes, la France a changé de visage.

Pendant un peu moins de 25 minutes de jeu jusque-là, Nicolas Batum avait inscrit deux points, 1 passe décisive et 1 interception. En un peu plus de quinze minutes, il a fait feu de tout bois: 7 points (dont un panier à 3pts pour 2 échecs à longue distance), 3 rebonds, 5 passes, 2 interceptions. Un sprint final qui a emporté les Australiens, et transporté ses coéquipiers. Avec lui dans cet état d'esprit, la France peut viser haut.

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