Nicolas Batum et Evan Fournier

Mondial 2019 de basket : Et si le plus dur restait à faire pour les Bleus ?

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L'équipe de France de basket a réalisé l'exploit le plus retentissant du Mondial mercredi en éliminant les archifavoris américains. Les voilà désormais dans la peau de l'équipe à battre. Face à l'Argentine en demi-finales, les Français endosseront sans doute le costume le plus lourd qui soit : celui de l'équipe qui ne doit pas perdre.

Personne n'attendait les Français. Et ils ont su en profiter, en abattant leur meilleur basket mercredi pour envoyer valser les Américains de Gregg Popovitch. Sont-ils devenus les favoris du Mondial de basket ? Absurde il y a quelques jours, la question est légitime aujourd'hui. Battre les Etats-Unis, voilà qui vous propulse dans une autre dimension. Celle de l'équipe qu'on attend. 

L'obsession du mondial 2014

Rappelez-vous. En 2014, le même parfum d’euphorie avait rempli les narines des Bleus après leur victoire historique face à la Roja, chez eux. En demi-finales, ils rencontraient les Serbes. Un jeu d’enfant pour les bourreaux des favoris espagnols. Résultat ? Patatra. La France craque dans les dernières secondes du match face à la Serbie, dans le money time, là même où ils s’étaient montrés chirurgicaux quelques jours plus tôt face à l’Espagne.
 

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"Je me souviens que j'étais décomposé, je ne veux plus jamais revivre ça", s’est rappelé Evan Fournier auprès de l’AFP. "Dans le temps on pouvait faire des choses comme ça, puis perdre notre concentration" admet Rudy Gobert. Ils étaient tombés tête la première dans le piège de la pression. 

Savoir dompter la pression

Car l’avantage de jouer les très gros comme l’Espagne ou les Etats-Unis, c’est que personne ne vous attend. Rien à perdre, tout à gagner. Les Français ont abordé leur quart face aux Américains le couteau entre les dents ; vont-ils débarquer la queue entre les jambes face aux Argentins ? Les projecteurs sont braqués sur les hommes de Vincent Collet. Tous les imaginent soule vant le trophée dimanche. Qui pourrait battre ceux qui ont battu les meilleurs ? Avec la perspective de décevoir, on peut très vite se tétaniser. "Cette année, c'est quelque chose qu'on ne veut pas faire, assure Rudy Gobert. On va apprécier cette victoire bien sûr, puis se concentrer, et après ce sera la guerre contre l'Argentine"

Les joueurs de Vincent Collet pourraient finalement se nourrir du précédent espagnol. D’autant que leur adversaire n’est pas le dernier venu. L’Argentine sort d’une improbable victoire face à la Serbie, et même s’il ne reste plus dans l’équipe qu’un membre de la génération dorée de Manu Ginobili, les Bleu et Blanc peuvent être redoutables.

L’humilité, meilleure amie des lendemains d’exploit


Les jeunes ont repris le flambeau, et l’ont porté bien plus haut qu’attendu. Facundo Campazzo, l'un des meilleurs meneurs d'Euroligue à son poste, ou Gabriel Deck, son coéquipier au Real Madrid, ont brillé face aux Serbes. Et s’ils ont su profiter d’une partie de tableau plutôt clémente, les Argentins ont mis tout le monde d’accord en quarts. Il n’empêche, quoi qu’on en dise, l’Argentine est un pâle défi comparé à la montagne américaine. Les Bleus les avaient expédié fin août en match de préparation (77-58), et ils ne comptent aucun joueur NBA dans leurs rangs (contre quatre pour les Français). Mentalement, nul doute que Vincent Collet aura préparé ses hommes à ne surtout pas sous-estimer leurs adversaires. Mais portés par l’ivresse de leur quart, le défi de l’humilité sera peut-être le plus difficile qu’ils aient à relever sur le chemin du sacre. 

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