Weisz Fournier
Evan Fournier à gauche, Alain Weisz à droite |

Mondial 2019 de basket : " Il y a toujours ce danger de laisser-aller", estime l'ancien sélectionneur Alain Weisz

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L'équipe de France a remporté ses trois matches du premier tour de la Coupe du monde, la plaçant en tête de son groupe. Elle s'avance désormais au deuxième tour avec des adversaires coriaces : la Lituanie ce samedi, et l'Australie, lundi. Pour Alain Weisz, sélectionneur français entre 2000 et 2003, les Bleus doivent être vigilants à ne pas être trop en confiance.

Quel bilan faites-vous du premier tour de l'équipe de France ?
Alain Weisz
: "C'est un premier tour très bien négocié face à des équipes faibles (Allemagne, Jordanie et République dominicaine). Mais cela ne veut pas dire qu'il faut négliger la performance. Il y a eu des bonnes choses dans l'attitude. On a vu du respect face aux adversaires, chose que certaines équipes de France n'avaient pas vraiment par le passé. Le coach (Vincent Collet) a été percutant aussi, et semble déterminé. J'ai aimé les débuts de match. Ils ont été pro-actifs et non dans la réaction. Ce sont de bons signaux pour la suite. Mais, je pense que la Coupe du monde n'a pas encore réellement commencé pour l'équipe de France."

Quels points forts et faibles vous pouvez mettre en avant ?
AW :
"Surtout des points forts. La présence de Rudy Gobert est hors-norme. Evan Fournier est au sommet de son art. Les autres ont été bons tour à tour. Nicolas Batum a fait de bonnes choses, parfois non. De même pour Nando De Colo. Dans un jour où ils sont tous bons ensemble, ça peut être fort. C'est difficile de trouver des points faibles avec deux matches très faciles. Certes, il y a eu cette frayeur face à l'Allemagne, quand ils sont revenus. C'est une équipe qui ronronne."

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Vous jugez le premier tour trop simple alors ?
AW 
: "Oui trop simple. Au deuxième tour, on garde les victoires du premier tour, donc c'est bien. On va jouer la Lituanie, c'est un tout autre niveau. Si on perd, on sera en danger pour se qualifier en quart de finale. C'est comme un huitième de finale, si on gagne, on passe mais il faudra battre l'Australie pour prendre la première place et potentiellement éviter les Etats-Unis. Le match contre la Lituanie sera dur. Surtout elle a joué l'Australie au premier tour. Certes elle a perdu de peu (87-83), mais je considère que c'est une meilleure préparation que notre premier tour."

"Ne pas avoir un sentiment de satisfaction trop précoce"

Vous craignez un début de compétition trop facile qui joue de mauvais tours aux Bleus ?
AW
 : "Ça peut. Les matches n'étaient pas assez serrés. Le niveau était trop faible pour l'équipe de France, malgré la frayeur contre l'Allemagne. Mais dans cette rencontre, on a mené de plus de 20 points. Dans les trois matches, on a mené à chaque de plus de 25 points. La Lituanie et l'Australie sont de fortes équipes, difficiles à battre."

Que faudra-t-il samedi pour battre la Lituanie, qui joue le poil à gratter depuis des années dans les compétitions ?
AW
 : " C'est une grande nation du basket. Je me pose plusieurs questions, la première : est-ce que la présence de Jonas Valanciunas et Domantas Sabonis (deux joueurs NBA) va perturber la défense de Rudy Gobert ? La deuxième est : est-ce que nos trois victoires ne vont pas nous donner un sentiment de satisfaction trop précoce ? Il y a toujours ce danger de laisser-aller. Il peut y avoir du relâchement psychologique. Le premier tour n'a aucune portée, il faut l'oublier. Il va falloir de l'humilité. Mais je sens de la détermination. Face à la Lituanie, il va falloir démarrer fort le match. Mais aussi ne pas retomber dans nos travers individualistes. Ça s'est déjà vu dans notre histoire, il faut espérer que ça soit dans notre ADN."

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