Hamed Haddadi
Le pivot iranien Hamed Haddadi | AFP - TED ALJIBE

L'Iran, l'équipe de tous les dangers pour la France

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Les routes de la France et de l’Iran vont se croiser ce jeudi. Deux fois. Au mondial de Volley d’abord où les Bleus auront fort à faire face à la sensation du groupe D. Puis au Mondial de basket en Espagne, où les hommes de Vincent Collet devront se méfier des Iraniens accrocheurs.

Hasard des calendriers sportifs, la France affronte deux fois l’Iran ce jeudi. En volley, puis en basket. Un adversaire exotique mais qui ne doit pas être pris à la légère puisque dans cet immense pays, grand comme trois fois la France, les deux sports sont très populaires, juste en dessous du football. Pour le volley, la ferveur serait même encore plus forte que pour le ballon rond. "C’est devenu le sport numéro 1 du pays, surtout après l’échec des footballeurs à la Coupe du monde (élimination au premier tour, ndlr) alors qu’au même moment nous dominions le Brésil à Téhéran dans une ambiance de folie", explique le sélectionneur Serbe Slobodan Kovac dans L’Equipe. Cette sélection iranienne de volley fait figure d’épouvantail en Pologne, où se déroulent les Mondiaux de volley. Vainqueur des Etats-Unis (3-2) et de l’Italie (3-1), elle aborde la rencontre face aux Bleus gonflée à bloc. Et sûre de sa force. On ne bat pas le lauréat de la dernière Ligue mondiale (les Etats-Unis) et la vice-championne d’Europe (l’Italie) par hasard.

L’Iran, nouvelle place forte du volley

La sélection iranienne de volley à l'entraînement
La sélection iranienne de volley à l'entraînement

Entre les puissances américaines (Etats-Unis, Brésil) et européennes, l’Iran s’est donc fait une place sur l’échiquier mondial du volley. Quatrième de la dernière Ligue mondiale, elle voit sa politique de détection entamée il y a une dizaine d’années, à travers toutes les écoles du pays, porter ses fruits. Autre résultat probant, le titre mondial remporté chez les Cadets en 2008 après avoir notamment étrillé la France 3-0 en demi-finale. Avec 124 000 licenciés, l’Iran compte autant de pratiquants que la France et a, pour elle, des talents qui ne s’exportent pas encore – tous les sélectionnés au Mondial évoluent au pays – mais qui sont largement au niveau. "Ils servent bien, ils défendent et leur passeur (le capitaine Mir Saeid Marouflakrani, ndlr) est l’un des plus difficiles à lire au monde", décrit le capitaine américain David Lee.

La France ne le sait que trop bien. "Les Iraniens sont très forts, ils disposent de joueurs méconnus en Europe mais très performants au niveau international", assure Jenia Grebennikov, le libéro tricolore. Une nouvelle défaite face aux Iraniens compliquerait un peu plus la situation des hommes de Laurent Tillie, mais Antonin Rouzier, le pointu bleu, veut y croire : "C'est  une belle équipe, très difficile à jouer, avec un bon collectif qui a créé la  sensation dans notre groupe en battant l'Italie puis les Etats-Unis. Mais je la  trouve plus abordable que l'Italie, dont les joueurs sont de véritables monstres physiquement. Les Iraniens sont en feu actuellement. Vont-ils garder le même niveau de jeu? On verra."

Méfiance pour les basketteurs

Sur l’autre parquet, celui du basket, la situation est moins compromise pour l’équipe de France. Avec deux victoires et autant de défaites, les Bleus ont encore leur destin en mains et la sélection iranienne qui se dresse face à eux n’a pas le même statut que son homologue du volley. Si elle a dominé l’Egypte mercredi (88-73), elle s’est aussi inclinée face à l’Espagne (60-90), le Brésil (50-79) et la Serbie (70-83). Des scores qui prouvent que l’Iran aime les chiffres ronds mais qui ne doivent pas tromper, elle sera un adversaire coriace articulée autour de leur tour de contrôle, le pivot Hamed Haddadi (2m18), premier Iranien à avoir évolué en NBA (Memphix et Phoenix). Une montagne donc, mais les Bleus ne s’en font pas autant du champion d’Asie 2013. "Il faut battre l'Iran et gagner  le huitième. Je pense qu'on est capable, car tout le monde dans ce tournoi  n'est pas l'Espagne ou les Etats-Unis", a commenté Vincent Collet.

Thomas Heurtel, titulaire au poste de meneur en l’absence de Tony Parker, sait que "la France a la réputation de se relâcher contre les équipes plus faibles". "On avait fait un bon match contre l'Egypte, précise-t-il. On va essayer de mettre le même caractère et la même envie contre l'Iran". Il le faudra car les Iraniens, qui contrairement aux volleyeurs ont franchi leur frontière pour découvrir autre chose - pas forcément pour l’argent puisqu’avec l’argent du pétrole et des grands groupes industriels, volleyeurs et basketteurs sont très bien payés en Iran -, eux seront motivés. Avant de partir pour les Jeux Asiatiques qui débutent le 19 septembre, l’Iran "veut battre la France", a prévenu Mehmed Becirovic, l’entraîneur slovène. 

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