Tony Parker, Equipe de France
Tony Parker avec le maillot de l'équipe de France lors de l'Euro 2013 | BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY

L'équipe de France réapprend la vie sans Tony Parker

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Comme lors des Mondiaux 2006 et 2010, Tony Parker manquera à l’appel lors de la Coupe du monde en Espagne. Essentiel dans la conquête du titre de champion d’Europe de l’équipe de France l’été dernier, le meneur des Spurs laisse un grand vide. Les seize Bleus pré-sélectionnés sont déterminés à le combler.

Le programme de l'équipe de France de basket

Ses éclairs de génie contre la Slovénie en quart de finale (27 points), son discours mobilisateur à la mi-temps du match face à l’Espagne en demi-finale de l’Eurobasket. L’été dernier, Tony Parker a plus que jamais posé sa patte sur l’équipe de France. "Tony est un des meilleurs joueurs du monde. En plus du basket, il a du leadership, de l’aura et de la présence", égraine Nicolas Batum, appelé à prendre le relais de l’icône des Spurs après les JO 2016. Guidée par TP, la troupe à Collet a décroché le premier titre international de l’histoire du basket français.

Parker absent comme en 2006 et 2010

Mise en appétit par ce bel été slovène, elle regardait déjà vers le podium de la Coupe du monde en se frottant le ventre. Un graal que l’équipe de France n’a jamais touché. Et pour cause, Parker, blessé puis au repos après une série de pépins physiques, a manqué les deux dernières éditions. La prochaine ne dérogera pas à la règle. Ereinté par deux saisons NBA achevées en finale par une défaite et un titre, le joueur de 32 ans avait besoin de souffler. "Il faut faire sans lui. On comprend pourquoi il ne vient pas. La réaction devra être collective, tout le monde devra en faire plus, bouger plus, car on ne pourra pas profiter de ses éclats pour nous sortir de situations compliquées", positive Antoine Diot, appelé à prendre plus de responsabilités dans la gestion du jeu tricolore.

A l’image du joueur de Strasbourg, les Bleus refusent de renier leurs ambitions malgré l’absence de leur homme fort. "Il faut que ce groupe France continue à progresser, clame le capitaine Boris Diaw. On vise une médaille. On y va pour ça, sinon, autant rester à la maison". Pour y parvenir, l’ancien Palois pourra ressortir la recette de 2006. Agressif, il s’était partagé le scoring avec Jeanneau, Gomis, Flo Piétrus et Gelabale pour atteindre la 5e place, meilleur résultat des Français en Coupe du monde. Nicolas Batum, en première ligne lors du naufrage tricolore quatre ans plus tard en Turquie (13e place) sait que cette alchimie est nécessaire. "Un seul joueur ne peut pas remplacer Tony. Il nous faut créer un collectif. J’ai confiance car les joueurs présents sont intelligents et chacun est prêt à tenir un rôle bien défini dans une hiérarchie".

Collet: "On a déjà joué sans Tony Parker"

Confronté à de nombreuses défections dans un secteur intérieur en friches chaque été, Vincent Collet se serait bien passé de cette absence de taille. Mais le sélectionneur de l’équipe de France depuis 2009 est habitué à ce type de mésaventures et fait contre mauvaise fortune bon cœur. "On a déjà joué sans Tony Parker. On ne pourra pas remplacer sa magie et ses coups d’éclat donc on doit trouver un équilibre collectif pour bien faire. Nous avons de forts joueurs et il faut les mettre en confiance". Thomas Heurtel, auteur d’une belle saison sous les couleurs de Vitoria et Antoine Diot, élu MVP français du dernier championnat de ProA font partie de ceux-là. "Parker, c’est l’assurance tous risques mais il y a aussi une relève à préparer", ajoute le petit nouveau Nobel Boungou-Colo.

Cette compétition doit permettre à la génération Batum de gravir les échelons. Il y a quatre ans, elle avait manqué la marche en s’inclinant dès les 8e de finale. "La vraie évaluation se fera dans les matches à élimination directe. C’est là qu’on verra si on a réussi à compenser l’absence de Tony", prévient Vincent Collet. Un vide bien difficile à combler tant le maillot bleu et la vie de l’équipe de France sont imprégnés de Parker. "Il va nous envoyer des messages d’encouragement, Boris l’aura sûrement tous les jours au téléphone et j’ai appris qu’il serait là en Espagne, confie Antoine Diot. Même s’il ne joue pas, il est toujours présent". Dans la tempête, la France aura toujours son phare. Mais il ne brillera pas sur le parquet.

Vidéo Tout le Sport : La vie sans Parker

Jerome Carrere