Equipe de France: Collet cherche la bonne peinture bleue

Equipe de France: Collet cherche la bonne peinture bleue

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La Coupe du monde débute dans un mois et le secteur intérieur des Bleus reste le plus gros chantier de Vincent Collet. Au poste de pivot, Rudy Gobert devra confirmer sa belle prestation face à la Belgique lors du premier match de préparation. Le rôle de Joffrey Lauvergne, appelé à prendre plus de poids dans la raquette, dépend de l’éclosion du joueur des Jazz. Tout comme le parcours de l'équipe de France en Espagne.

Le programme de l'équipe de France de basket

Chaque été, c’est une gageure pour Vincent Collet. Depuis son arrivée sur le banc de l’équipe de France en 2009, il doit reconstruire le secteur intérieur des Bleus en un rien de temps. L’année 2014 ne déroge pas à la règle. "Sur les cinq dernières années, on a évolué avec quatre pivots différents (Traoré, Séraphin, Noah, Ajinça), regrette le technicien normand. Mais on a un réservoir de joueurs intéressants sur lesquels s’appuyer pour reconstruire ce secteur." A ce titre, le dernier Eurobasket est révélateur.

Ajinça, la valeur étalon

Traoré, Séraphin et Noah, triumvirat dominateur sous les panneaux, renonce à la compétition. Auteur d’une superbe saison sous le maillot de Strasbourg (16,1 pts, 6,8 rbds de moyenne), équipe coachée par… Vincent Collet, Alexis Ajinça est rappelé sous les drapeaux. Il devient incontournable, trois ans après la dernière de ses huit sélections nationales. Sa doublure Johan Petro en compte vingt-cinq. Mais il n’est plus dans le groupe France depuis quatre ans. A leurs côtés prend place Joffrey Lauvergne, un novice venu remplacer l’expérimenté Ronny Turiaf. Malgré ces changements profonds l’équipe de France est championne d’Europe deux mois plus tard. "Le chantier n’est pas aussi vaste que l’an dernier, rappelle d’ailleurs Collet. Sur les huit intérieurs que j’avais listé, seul Alexis Ajinça était venu. Lauvergne et Petro n’y étaient pas, mais au final, ils avaient bien tenu leur rôle." 

Cette année, celui qui a commencé sa carrière de coach au Mans espère qu’il en soit de même avec Rudy Gobert, Ian Mahinmi, voire Kim Tillie, tous trois en concurrence pour prendre la relève d'Ajinça et de Séraphin, tous deux forfait. "Il faut qu’on ait des bonnes surprises, sinon il sera dur de remplir les objectifs", prévient Collet. Meilleur marqueur du premier match de préparation contre la Belgique (16 pts, 5 rbds), Gobert semble avoir entendu le message. "Ne pas voir revenir les joueurs d’une année sur l’autre est un peu frustrant mais on passe vite au dessus. Ils ont des raisons d’être absents et ceux qui sont là peuvent peuvent reprendre le flambeau", se convainc Rudy Nelhomme, entraîneur-adjoint. Encadrées par les vieux briscards Florent Piétrus et Boris Diaw, 354 sélections cumulées à eux deux, les grandes plantes bleues peuvent éclore au plus haut niveau. Et en cas de crise de croissance, les Bleus ont un sérieux plan B avec Lauvergne. Rebondeur solide, doté de belles mains et de jolis moves dos au panier, l’ancien chalonnais est capable de tenir la baraque au poste de pivot.

Lauvergne, la valeur refuge

En deux saisons au Partizan Belgrade, "le Boulanger" est devenu un des meilleurs joueurs européens (11 pts, 8 rbds en 50 matches de Ligue Adriatique et Euroligue cette saison). "Je savais qu’il pouvait réussir. Si Greg Beugnot lui avait donné sa chance (à Chalon-sur-Saone), il aurait dominé en ProA. Il a fait des trucs hors normes au Partizan Belgrade. Il a tout gagné. Et il a même été capitaine (premier étranger à recevoir cet honneur dans le club serbe) ! C’est un des leaders de l’équipe de France", s’enflamme Adrien Moerman. Premier élément écarté du groupe France lors de cette préparation, le Limougeaud suivra désormais les prouesses de son éphémère coéquipier de loin. Mais il n’est pas le seul à le couvrir de louanges. "J’ai beaucoup d’affinités avec Joffrey Lauvergne. Il se bat sur tous les ballons et sait écouter, reconnaît Piétrus. C’est un futur grand joueur. Entre nous, il y a une connection".

Une relation privilégiée que l’ancien Palois regrette de ne pas partager avec d’autres. "Chaque été ce sont des joueurs différents donc il faut recréer des automatismes. C’est du temps gâché mais l’intégration se passe bien". Nelhomme, aux côtés de Vincent Collet depuis 2010, abonde dans le sens de son ailier-fort. "On est obligé de reprendre les basiques afin de créer un équilibre d’équipe. Mais les joueurs présents sont capables de s’adapter rapidement". Ces dernières années, Séraphin, Ajinça et Lauvergne en ont apporté la preuve éclatante. De la capacité de Gobert à suivre leur voie dépend le parcours des Bleus en Espagne.

Jerome Carrere