Céline Dumerc
Céline Dumerc | AFP

Dumerc prête au combat

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A trois jours de son premier match du championnat du monde en Turquie, justement face au pays-hôte, l’équipe de France féminine s’apprête à vivre une nouvelle odyssée qu’elle espère aussi belle que celles qu’elle a vécue lors de ces derniers grands rendez-vous internationaux. Après une préparation plutôt réussie, marquée par cinq victoires en sept matches, dont un exploit retentissant face aux Etats-Unis, les Bleues sont prêtes à poursuivre l’aventure des Braqueuses pour aller chercher une médaille. Avec à leur tête une Céline Dumerc plus que jamais leader, riche de son expérience et de son passage aux USA.

"Des quelques semaines que j’ai passée en WNBA, je retiens plein de choses, mais surtout une mentalité différente, le fait de travailler dans un environnement professionnel, et de jouer dans dans des salles immenses. C’est très impressionnant" précise Céline Dumerc. Et cette façon différente d'aborder et de gérer un match lui sera sans doute utile pour peser encore davantage sur un groupe France modifié, une équipe en reconstruction après l'absence ou la retraite de plusieurs pièces-maîtresses. Malgré tout, les Bleues ont un statut à défendre. Après le titre européen en 2009, elles ont été médaillées de bronze à l'Euro 2011, médaillées d'argent aux JO 2012 et à l'Euro 2013, et sont entrées dans le cercle des grandes nations. Mais pour ce qui concerne les Mondiaux, il faut remonter à 1953 et le bronze pour trouver trace d'un podium.

Autant dire que c'est un nouveau défi que la nouvelle garde bleue aimerait bien relever. Et "Cap's avoue bien aimer cette idée. "Je n’avais pas pensé à cette absence dans mon palmarès d’une médaille mondiale. Sur ce tournoi il n’y a pas d’objectif, mais le statut de deuxième équipe européenne à défendre. J’ai eu des échanges avec les garçons, ils m’ont dit "maintenant c’est à vous de le faire".

Une énergie supplémentaire

Et il faut compter sur la meneuse de Bourges au caractère bien trempé pour entraîner et haranguer ses coéquipières. Car le maillot national, elle y tient. "Revenir en équipe de France,  il n'y a rien de plus excitant. Le maillot bleu n'est pas donné à tout le monde. Quand on a l'opportunité d'y aller, on n'a aucune envie de laisser sa  place. Je n'ai pris qu'une semaine de vacances, mais cette expérience aux États-Unis m'a apporté beaucoup de fraîcheur. Mentalement, cela m'a donné une énergie supplémentaire."

A 32 ans, et forte de son expérience acquise sur un long et sinueux parcours, Céline Dumerc n'est pas seulement le catalyseur d'une nouvelle équipe de France à la recherche de nouvelles sensations. Elle se projette sur un challenge avec une envie de débutante. "L'objectif de ce Mondial est d'aller le plus loin possible, On est un nouveau groupe avec un nouveau staff. C'est un peu comparable à l'année 2008, lorsque Pierre Vincent (l'ancien sélectionneur) avait repris le groupe. Nous avions un objectif à long terme.C'est un peu ce qui se passe pour Valérie Garnier (nouvelle coach) qui voit plus loin avec une qualification pour les JO. Ce Mondial n'est pas qualificatif pour quoi que ce soit. Mais on ne s'engage pas dans une compétition pour perdre".

"Tout est réalisable"

Dumerc pourtant ne s'enflamme pas y compris après la victoire contre les USA: "C'est une nouvelle équipe. Ce serait bien de décrocher au moins une place en quarts de finale... Les gens nous attendent plus haut encore parce que cela fait  trois ou quatre ans que la France a des résultats. Mais si on y regarde de plus  près, il ne reste que quatre joueuses des JO de Londres... Mais ce n'est pour autant que la leader des Bleues n'a pas envie de voir plus loin. "J’aime ça. Ce nouveau projet avec une mentalité naissante. Les garçons nous ont donné l’espoir que tout est réalisable". C'est sans doute la voie à suivre, d'autant que, sans vouloir trop s'avancer, La joueuse de Bourges le dit:  "toutes les équipes ont des points faibles, il suffit de les  trouver. Quant à nous, on peut inquiéter tout le monde". C'est tout le mal que l'on souhaite à Dumerc et à ses coéquipières. 

Christian Grégoire

Coupe du Monde de Basket