Lighty Lavergne Nanterre Belgrade
Lighty (Nanterre) face à Lauvergne (Belgrade) | FRANCK FIFE / AFP

Nanterre force son destin

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Nanterre a fait un grand pas vers une qualification pour le Top 16 de l'Euroligue en battant un rival direct, le Partizan Belgrade, au cours d'un match d'une rare intensité (62-61).

Oubliée la claque reçue au match aller (73-43). Oubliées les quatre défaites lors des cinq dernières rencontres. En dépit d'une adresse parfois fuyante, Nanterre a su faire corps pour forcer la décision face aux Serbes après une lutte épique. Grâce à ce succès, le club français s'ouvre les portes du Top 16 et peut plus que jamais espérer succéder à Pau-Orthez, dernière formation tricolore à avoir réussi cette performance (en 2007).

Le départ de la JSF était parfait avec un 6-2 en deux minutes mais bien vite, les Serbes recollaient. Ils passaient même devant au score pour la première fois après neuf minutes (15-17) et conservaient l'avantage jusqu'à la fin du premier quart-temps (17-19), profitant notamment de l'indigence aux tirs des Nanterriens (6/17). Vexés, ces derniers réagissaient en passant un 7-0 au Belgradois dans la foulée d'un David Lighty en fusion, auteur d'une claquette dunk qui faisait vibrer la Halle Carpentier sur ses fondations. Auteur de 8 points dans ce seul quart-temps, l'Americain permettait aux siens de virer en tête à la pause (35-29).

Le cran de Meacham

Dès la reprise, l'intensité montait encore d'un cran avec une l'altercation entre Lauvergne et Daniels. Grâce à une redoutable adresse longue distance, les partenaires de Milosavljevic parvenaient à faire jeu égal avec les hommes de Donnadieu, incapables de mettre à profit les innombrables pertes de balles serbes (17). Au coude à coude après trois quart temps (47-47), les deux équipes allaient donc devoir se départager au cours de dix dernières minutes explosives et électriques. Le moment choisi par Bogdanovic pour donner un break d'avance au Partizan grâce à une adresse diabolique (49-55) mais Meacham sortait à son tour de sa boîte pour recoller (54-55) avant que Daniels, d'un tir impossible à trois points, ne fasse repasser la JSF devant (57-55).

Comme si les deux équipes ne pouvaient pas se séparer, Bogdanovic répliquait lui aussi d'un shoot longue distance et, à une minute de la fin, le Partizan était toujours devant avec un point d'avance (60-61). Nanterre, au courage, au talent, forçait pourtant la décision en stoppant la possession de Belgrade et en obtenant deux lancers-francs à cinq secondes du buzzer ! Meacham, sans ciller, les rentrait tous les deux (62-61). Un dernier tir à trois points serbe qui échouait sur le cercle et la JSF raflait la mise dans l'euphorie générale. Le Top 16 n'a jamais été aussi près. 

Réactions

Pascal Donnadieu (entraîneur de Nanterre):  "J'avais dit avant le match qu'il fallait qu'on fasse un match d'hommes, qu'on  montre encore plus de mental qu'eux. On n'a rien lâché, même quand on a été en  difficulté. J'ai eu peur quand ils ont mis de gros tirs à la fin. On a été à la  limite de craquer, mais on n'a pas craqué. C'est une belle satisfaction. Je  n'ai jamais été inquiet pour Trent Meacham. Il a une telle qualité de travail,  une telle mentalité. Je n'ai rien à lui reprocher. C'est tout un symbole que ce  soit lui qui score et qui mette les deux derniers lancers francs. C'est une  belle récompense pour un joueur irréprochable. (Le Top 16) Ce sera concret  quand ce sera fait. Si on veut vraiment maîtriser notre destin, il faut gagner  un match. Il ne faut surtout pas s'enflammer. Le Partizan est capable des  exploits les plus retentissants. Donc gagnons un match. Si on fait un exploit  de plus, on sera qualifié."

Julien Lamotte

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