JSF Nanterre
Le kop de Nanterre, avec ses fameux Dunkers, félicite les joueurs de la JSF, nickel en Coupe d'Europe. | Nicolas Gettliffe - France TV

Nanterre de feu ou la passion basket

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Ce mardi soir, à l'ocassion de la 5e journée de l'Eurocup, la JSF Nanterre accueillait les Allemands du Telekom Bonn. Les Verts franciliens l'ont largement emporté (101-78). Comme toujours, l'ambiance au Palais des Sports Maurice-Thorez a été à la hauteur de l'événement. Bousculés en début de partie, les joueurs de Pascal Donnadieu ont ensuite passé la vitesse supérieure. Pour un succès précieux dans cette Coupe d'Europe. Plongée au pays des Dunkers.

Il faut beaucoup d’imagination pour imaginer un match de Coupe d’Europe à cet endroit. Banlieue ouest de Paris, tout proche du quartier des affaires La Défense, le Manhattan francilien. Direction Nanterre-Préfecture, station sur le RER A. Les usagers pressent le pas. Ça se bouscule dans les escalators, mais ce n’est pas par passion. Celle d’aller suivre un match de basket. Plutôt l’envie de vite rentrer chez soi. Difficile d’imaginer une ambiance de soirée festive, dans ce haut lieu des codes juridiques et ses tribunaux alignés sur l’avenue Pablo Neruda. Préfecture des Hauts-de-Seine oblige. Le temps de longer l’avenue Joliot-Curie et on tombe enfin sur le Palais des Sports Maurice-Thorez, le fief de la JSF Nanterre. Voilà la lumière, entrons !

Pas touche à la mascotte !

On joue ce mardi soir la 5e journée de l’Eurocup contre les Allemands du Telekom Bonn. Sur le parquet, les joueurs de Pascal Donnadieu, l’entraîneur, révisent leurs gammes. Dunky déambule, pas loin de se faire marcher sur la queue par l’arbitre serbe. On ne touche pas à la mascotte crocodile ! Dans les gradins de ce petit chaudron, 3 000 personnes ont pris place pour soutenir une JSF quasi-imprenable chez elle. La salle ne paie pas de mine, mais ça vibre à chaque instant. Visiblement plus attiré par le vert au basket qu’au foot, Raymond Domenech est venu en famille, accompagné d’Estelle Denis et de leurs enfants. Quelques selfies avec les VIP…

On va vous bouger

Présentation des équipes à l’américaine, avec le “Jump“ de Van Halen et les Dolls qui assurent. Les pom-pom girls jouent leur partition sans couac. Ici, c’est une tradition, tout le monde se lève avant le coup d’envoi et applaudit, jusqu’au premier panier de la JSF. Seulement, Nanterre piétine en ce début de partie. Dirk Madrich, dans les rangs rhénans, enchaîne les paniers à trois points. Le premier quart temps se termine et les joueurs locaux sont menés (16-21). La sono crache à fond le légendaire “We will rock you“. On va vous bouger ? A Nanterre de le prouver. Sous l’impulsion d’Hugo Invernizzi, la JSF secoue le cocotier teuton. La grosse caisse résonne dans le kop nanterrien sur chaque lancer franc de Bonn. Les Dunkers, qui assurent le tempo derrière le panneau, font le silence absolu pour leurs couleurs. De bonne guerre. 43-37 à la pause. Ouf, ça va mieux !

Un “Hula hoop“ de trop


Dans son rôle de meneur, TJ Campbell n’a pas son pareil pour appuyer là où ça fait mal. A la Tony Parker. Les Allemands sont débordés par les combinaisons offensives adverses. Sur sa chaise, Brian Greene ne tient plus en place sur un nouveau “3 points“ de Mikal Riley. Sur le bord de touche, Pascal Donnadieu fulmine sur un “Hula hoop“ manqué de Mitchell. « J’étais fou de rage », reconnaîtra après coup le coach nanterrien. Malgré tout, au terme du troisième quart temps, la JSF s’envole : 73-55. Le suivant n’est qu’un long supplice pour Telekom, aux abonnés absents.


Dans le public, Adrien a les yeux qui brillent : « C’est presque trop facile ! » Pour le suspense, il faudra repasser. Les Verts l’emportent aisément 101-78. « On a eu du mal à rentrer dans le match, analyse Hugo Invernizzi après coup. A la pause, le coach nous a demandé plus d’intensité. Il nous a dit que Bonn n’aimait pas trop ça… » Odeur de chlore en salle de presse, la piscine municipale jouxte la salle. Echarpe autour du cou, Julia a la banane : « Je les suis depuis trois ans, ils me font vibrer à chaque match. » Elle range son drapeau américain. Il pourra toujours resservir au prochain match. La jeune fille se laisse enlacer par Dunky. Lui a toujours les crocs.

Nicolas Gettliffe

Coupe d'Europe de Basket