Joffrey Lauvergne
Joffrey Lauvergne (Partizan Belgrade) | FRANCK FIFE / AFP

Lauvergne avait les crocs

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Battu par Nanterre avec le Partizan Belgrade, Joffrey Lauvergne a passé une mauvaise soirée à la Halle Carpentier. Le Top 16 s'éloigne pour l'intéreur des Bleus.

Joffrey Lauvergne avait quitté la France sur un coup de tête. En manque de minutes à Chalon et très fâché avec son entraîneur de l’époque Greg Beugnot. Il est revenu jeudi à La Halle Carpentier de Paris avec le Partizan Belgrade auréolé du statut de champion d’Europe sous le maillot bleu et de vainqueur de la Ligue Adriatique en club. Plus le même homme et pourtant la même hargne. Il faut croire que l’intérieur français avait envie de se construire dans l’adversité. A Belgrade, sa mentalité de combattant était sa première carte de visite. Depuis, il est devenu l’un des cadres de l’équipe de Dusko Vujosevic même s’il ne parle pas encore très bien le Serbe. Peu importe si le coach du Partizan ne maîtrise pas l’Anglais car les deux parlent le même basket. En une année, Lauvergne a plus appris qu’en deux ou trois en France. « Ça dépasse le jeu mais c’est aussi la raison pour laquelle je joue là bas, expliquait-il sur le site Rue89. On ne peut pas imaginer le basket là-bas quand on n’est pas du pays. On est en mission. Le Partizan a des valeurs auxquelles j’adhère : solidarité, travail, envie, cohésion. On est l’équipe la plus jeune, avec le plus petit budget, et on finit par cogner tout le monde. La manière dont le groupe vit ensemble, dont le coach agit avec nous, je me dis que c’est un modèle d’aventure humaine. Sans ça, on devrait prendre 40 points tous les ans. »

Au coude à coude

Dans le hangar de Carpentier qui avait par moment des airs du chaudron de Pionir avec ses bouillants supporters, 600 avaient fait le déplacement depuis la Serbie, Lauvergne était en mission pour sauvegarder les chances du Partizan d’accéder au Top 16 de l’Euroligue. Une mission qui tenait presque du miracle si on se fiait aux 11 défaites de rang en déplacement dans la prestigieuse compétition européenne. Après un début de match dans l’ombre, Lauvergne a bien « ambiancé » la Halle avec ses accrochages et ses prises de becs. "L’arbitre me dit juste avant que si je garde la balle il me met une technique, raconte Lauvergne. Lui la garde cinq secondes alors j’essaye de lui prendre et il me met un coup de coude. Quand on joue comme ça, des fois ça dépasse un peu les bornes pour rien. C’est idiot mais c’est comme ça." Il n’en fallait pas beaucoup plus pour faire monter la température des ultras de Belgrade et remettre son équipe dans un match que les Nanterriens semblaient maîtriser. La cocotte était prête à exploser dans ses corps-à-corps avec Will Daniels. Auteur de sa 3e faute dans le 3e quart-temps, Lauvergne partait se reposer sur le banc. Quand il revenait, le Partizan avait repris l’avantage (49-55, 33e). Mais Nanterre avait encore la force d'arracher la victoire d'un petit point (62-61).

"Rien n'est fini"

L'arrivée des CRS pour calmer les fans du Partizan en fin de match n'a pas ému l'intérieur français. "L'ambiance était sympa, gentille..." La tension retombée, Lauvergne reconnaissait la supériorité de la JSF. "On a plutôt fait un bon match Mais quand tu perds d’un point, ça peut être une équipe ou l’autre. Il se trouve que ce soir c’était Nanterre, a expliqué Lauvergne. Tout a été difficile car ils avaient très bien préparé le match. On voyait qu’ils connaissaient nos systèmes. C’était un match compliqué dans tous les secteurs du jeu. J’ai des regrets car on fait des erreurs mais on se bat et je suis très fier de la manière dont on perd les matches." Le Top 16 s'éloigne mais Lauvergne croit encore à l'exploit. "Tout est possible, assure-t-il. Au Pionir, on sait que beaucoup de choses sont possibles. On doit battre Kiev, c’est indispensable. A Fenerbahçe ça sera compliqué. Pour finir on reçoit le CSKA Moscou à domicile. L’an dernier on les a battus d’un point après prolongation donc tout est possible. Rien n’est fini. On sait ce qu’on a à faire."

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