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Trois joueuses ont pris le jeu des Bleues en main depuis le début de l'EuroBasket 2019. | MARIA JOSE SEGOVIA / Ilmars ZNOTINS / AFP

Euro féminin : Epoupa-Hartley-Gruda, les héritières du leadership

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Le départ de Céline Dumerc, meneuse et capitaine emblématique des Bleues en 2017, avait laissé l’équipe de France orpheline de son maestro. Cet Euro 2019 a révélé une triplette Epoupa-Hartley-Gruda capable de reprendre un leadership porté depuis par intermittence par certaines Bleues.

Deux ans de flottement ont été nécessaires. On n’éponge pas en un claquement de doigts le départ d’une des plus grandes joueuses de l’histoire du basket français. En quittant la scène internationale après la finale perdue de l’Euro 2017 face à l’Espagne, Céline Dumerc (262 sélections, record en équipe de France de basket hommes et femmes confondues) a laissé un vide. 

La fin d'une longue quête

Difficile alors pour une meneuse comme Olivia Epoupa précieuse en défense, mais encore limité au scoring de combler l'absence de "Cap’s", partie avec dans ses bagages ses tirs à trois points lunaires mais ô combien importants, ses gueulantes nécessaires pour secouer les troupes et sa capacité à fédérer. Les yeux se sont alors tournés vers la pépite tricolore Marine Johannès (22 ans à l'époque), elle aussi artilleuse assassine à longue distance, mais encore trop fragile mentalement pour reprendre les clés du camion.

Longtemps, le leadership a glissé entre les joueuses au grès des exploits individuels, d’Epoupa à Johannès en passant par les anciennes comme Sandrine Gruda et Endy Miyem, que l'ont attendait pour prendre la relève. Aucune d'entre-elles n'est parvenue à s'accaparer le leadership avec la même efficacité et régularité que la Tarbaise.

Deux ans après son départ, alors que la France s’apprête à aborder sa 6e demi-finale consécutive de l'Euro samedi contre l’inattendue Grande-Bretagne, la quête semble terminée. Ce n’est pas une, mais trois joueuses que ces championnats consacrent comme héritières du leadership : Olivia Epoupa, Bria Hartley et Sandrine Gruda.

Olivia Epoupa, de défenseuse hors pair à joueuse complète

Quid de son installation comme titulaire à la mène en équipe de France ou de son départ du championnat français vers Galatasaray, puis Besiktas a le plus favorisé l’éclosion de la meneuse de poche (1.63) ? Difficile à dire. Toujours est-il qu’Olivia Epoupa est passée de remplaçante de luxe à élément incontournable des Bleues. Non seulement, la meneuse a renforcé ses principales qualités,  sa défense insatiable couronnée d’interceptions salvatrices et ses caviars offerts à ses coéquipières, mais elle a explosé dans le secteur qui lui faisait défaut : le scoring. 

Cet Euro 2019 valide une révolution entamée voilà de longs mois. Pour offrir le premier succès de ces championnats d'Europe aux Bleues, lors de leur entrée en lice face à la République tchèque dans un match très mal embarqué, la meneuse a même réalisé son record de points sous le maillot floqué du coq (18 points, 4 rebonds, 6 passes).

Les 18 points d'Epoupa contre la République tchèque

Mieux encore, Epoupa se montre primordiale dans les moments chauds. Au côté de Sandrine Gruda, elle est l’autre grande dame du quart de finale gagné (84-80 a.p.) contre la Belgique. La meneuse a claqué 13 points, 9 rebonds, 5 passes, 5 interceptions dont la dernière cruciale peu avant la fin du temps réglementaire a permis aux Françaises d'aller en prolongations.

Bria Hartley entre flegme américain et incertitude

La franco-américaine tout en sang froid, adepte des un contre-un a déjà montré pour sa première compétition internationale avec les Tricolores tout ce qu’elle peut apporter à l’équipe de France. D’abord, son bras ne tremble pas sur les tirs cruciaux qu’elle n’hésite pas à prendre. Hartley a notamment réussi le shoot à trois points de la survie (68-68) contre la Belgique pour arracher les prolongations. Avec 13 points, elle était la deuxième satisfaction du premier match au côté d’Olivia Epoupa.

En embrassant ces responsabilités elle les a délestés des épaules d’une Marine Johannès pas encore prête à enfiler le costume de leader. Surtout, son profil impacte profondément le jeu des Bleues. Sa capacité à fixer les défenseuses et à distribuer si elle ne peut pas conclure permet de créer une incertitude permanente chez des adversaires rodés à contrer des schémas tactiques bleus parfois prévisibles. Par ses mouvements, elle libère aussi le secteur intérieur.

Sandrine Gruda reine de la raquette

L'activité de Bria Hartley et Olivia Epoupa est une aubaine pour Sandrine Gruda. Quand les meneuses plongent dans l’axe et jouent leurs duels, la Tricolore aux 188 capes s’écarte pour proposer en solution son tir préféré en tête de raquette. Quand elles arment et attirent les défenseuses sur la ligne à trois points, Gruda plante ses appuis sous le cercle et fait parler sa taille (1.93). Blessée avant la compétition, en manque de rythme et de réussite lors du premier match, la pivot de Famila Schio est montée en puissance progressivement avant de réaliser en quarts l’un des meilleurs matches en Bleu de sa carrière avec 33 points (son record en équipe de France) et 10 rebonds (11/15 aux tirs, 11/12 aux lancers-francs).

Les 33 points de Sandrine Gruda

La Martiniquaise, irrégulière, capable de s'enflammer sur un match et de passer au travers au tour suivant semble loin. Du haut de ses 32 ans, Sandrine Gruda s'est imposée au cours de cet EuroBasket comme le troisième pilier de ce trio de leaders dont l’émergence a été validée par la victoire en quarts contre la Belgique.

Une tendance pleine de promesse à confirmer dès samedi face aux Britanniques qui joueront leur première demi-finale européenne.