Tony Parker, Equipe de France
Tony Parker, guide des Bleus | JURE MAKOVEC / AFP

Parker porte les Bleus en finale

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Au terme d'un match d'une intensité rare en 2nde période, l'équipe de France est enfin parvenue à battre sa bête noire, l'Espagne, en demi-finale de l'Eurobasket en Slovénie (75-72). Les Bleus ont eu besoin d'une prolongation et surtout d'un Tony Parker surhumain (32 points) pour faire tomber les double champions d'Europe en titre. Ils affronteront la Lituanie en finale dimanche (sur France 2 à 21h et sur francetvsport.fr)

Auteur de 27 points face à la Slovénie pour sortir les Bleus d'un mauvais pas en quart de finale, Tony Parker a encore été immense (32 points). S'il a parfois surjoué au moment de mettre les siens devant au tableau d'affichage, le protégé de Gregg Popovych a maintenu à flots des Tricolores dépassés en première période. Si la meilleure attaque de l'Eurobasket a toussé, sa défense a été performante pour étouffer son bourreau en quart de finale de l'Euro 2009, des JO 2012 et en finale du dernier Championnat d'Europe. Une nécessité pour ne pas laisser filer l'Espagne. Incapables de régler la mire à longue distance durant les 25 premières minutes de  jeu, les hommes de Vincent Collet ont ensuite canardé à tout va derrière la ligne à trois points pour refaire leur retard. Comme par magie. Au collectif ibère bien huilé (10 joueurs ont marqué), les Français ont répondu par une solidarité de tous les instants et un impact physique supérieur. Suffisant pour faire plier une équipe qui les avaient battus lors de leurs huit dernières rencontres. Face à la Lituanie dimanche, la France tentera de décrocher le premier titre international de son histoire. 

Parker maintient la France en vie

Les Bleus entrent pourtant mal dans leur match. Boris Diaw perd le premier des dix ballons égarés par les siens en 1ère période, laissant la Roja prendre le score (4-0, 1ère). Tony Parker n’attend pas plus longtemps pour enfiler son costume de super-héros, déjà usé dans cet Eurobasket. TP crucifie Rubio à deux reprises pour égaliser (4-4, 3e). Cela ne suffit pas pour réveiller ses partenaires. Alors le meneur des Spurs poursuit son cavalier seul pour 10 points à 5/6 aux shoots (14-12, 8e). Monumental ! De son côté, Nicolas Batum est aux abonnés absents et sort rapidement pour deux fautes. Vincent Collet peut même ouvrir son banc sans que sa formation n’en pâtisse, avec les entrées de Kahudi, Lauvergne et Petro (18-14, 10e). Les remplaçants tricolores assurent en défense mais peinent à peser offensivement au contraire du meneur ibère Sergio Rodriguez. Il décale Aguilar pour un tir primé puis imite son coéquipier dans la foulée (26-18, 13e). Les Français ne peuvent pas en dire autant avec un 0/6 longue distance. Comme pour souligner l’écart grandissant entre les deux équipes, San Emetorio punit à nouveau à 3 points (29-18, 16e).

A l’image des dernières minutes fatales lors du quart de finale des JO l’été dernier, les hommes de Vincent Collet connaissent une panne d’adresse entre la 11e et la 16e minute, manquant 8 shoots consécutifs. L’incroyable Parker met fin à cette pénurie (31-20, 18e). Dans la foulée, le troisième meilleur marqueur de l’histoire de l’Eurobasket n’obtient pas la faute. Diaw découpe Llul en contre-attaque et écope d’une antisportive. La Roja creuse l’écart (34-20, 20e) alors que la sélection française n’arrive plus à dérouler ses systèmes. La deuxième période démarre sous les mêmes auspices. Batum et Diaw font leur 3e faute d’emblée. Au lieu d’enfoncer définitivement le clou, les doubles champions d’Europe en titre  ne marquent plus durant 3 minutes. Une grave erreur et le début de la révolte de leurs victimes préférées. En fin de possession, Antoine Diot troue le filet d’un maître trois points (35-26, 24e). Gelabale, Parker et Diaw imite le joueur du Paris-Levallois longue distance. Un véritable festival. La France renaît de ses cendres et recolle (46-43, 30e). Les shooteurs espagnols Llul, Rodriguez et Fernandez répondent aux snipers français et le match atteint des sommets.

Diot ne tremble pas

Comme à Londres, la rencontre se jouera dans le money time. La tension est à son comble. Jusque-là timoré, De Colo sort de sa boîte et poursuit le tir de barrage primé (49-46, 31e). Mais les Bleus ne parviennent pas à donner le coup de rein pour passer devant. Fernandez et Rodriguez font marcher la Real Madrid connection pour la 3e fois de la partie pour un alley-hoop royal (52-48, 33e). Un coup de marteau qui n’assomme pas les Français. Mike Pietrus participe même à la ribambelle de paniers de loin (60-56, 35e). Une réussite qui inspire Nico Batum. Fantomatique, le joueur de Portland plante un nouveau trois points (61-59, 36e). L’amiral Parker a suffisamment laissé ses hommes briller et reprend le manche. Ses deux points en pénétration remettent les Bleus à hauteur. Et son 3 points donne même l’avantage aux siens (63-64, 37e). Monstrueux, le meneur texan se trompe sur la dernière possession et force. Mais Calderon n’en profite pas et les deux formations vont en prolongations. Espagnols et Français se neutralisent. Malgré la sortie du capitaine Boris Diaw pour 5 fautes, l’équipe de France ne relâche pas ses efforts.

Dominé par Marc Gasol tout au long du match (19 pts, 9 rbds), Alexis Ajinça égalise (67-67, 40e+3). La machine ibère s’enraye. Sur la ligne des lancers-francs, TP ne tremble pas (67-69, 40e +4) et prend ses responsabilités. Sur l’action suivante, Claver découpe le triple champion NBA. Les arbitres ne donnent pas d’antisportive mais Parker converti ses deux shots de réparation. Avec 32 points au compteur, il dépasse Dirk Nowitzki et devient le deuxième joueur le plus prolifique de l’histoire de l’Eurobasket. Sergio Rodriguez mime son vis-à-vis direct aux lancers-francs et l’Espagne revient (72-73, 40e +5). Le moment choisi par Diot, l’homme qui a sonné la révolte, pour montrer à nouveau le bout de son nez. Le N.6 tricolore transforme quatre lancers consécutifs et envoie les Bleus au paradis (72-75). « Je pense que c'est l'heure, j'espère que ça l'est. Tony (Parker) m'a encore dit hier soir : Les Dieux du basket ne peuvent pas être aussi cruels d'année en année. On a tellement galéré pour être là », confiait Batum avant le match. Ce soir, le Dieu du basket tricolore portait un nom : il s’appelait Tony Parker.

revoir le match en intégralité : http://pluzz.francetv.fr/

Jerome Carrere

Championnat d'Europe de Basket