Diandra Tchatchouang France Espagne
La Française Diandra Tchatchouang | ATTILA KISBENEDEK / AFP

Les Françaises prennent leur revanche sur l'Espagne

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L'équipe de France dames s'est qualifiée pour la finale du championnat d'Europe en venant à bout de l'Espagne (63-58) vendredi à Budapest, au terme d'une rencontre sous pression, avec beaucoup d'intensité et d'agressivité, mais au cours de laquelle les Bleues ont fait preuve de générosité. Solides mentalement, elles ont su gagner la bataille tactique pour prendre leur revanche de la dernière finale européenne. Pour aller chercher le titre, la France rencontrera la Serbie dimanche (à partir de 18h50 sur France 2 et francetvsport.fr et ses applications).

Ce fut un match difficile à décrypter tant il a alterné les séquences les plus irrégulières, tant du côté tricolore que de celui de l'Espagne. Mais les Françaises ont dominé là où il le fallait, dans le secteur du rebond avec encore une fois Sandrine Gruda très présente. Moins à son avantage offensivement que lors des autres matches (du moins en première période), Gruda (16 pts) a fait une moisson de ballons sous les panneaux (12 rebonds). Et même si parfois, les filles de Valérie Garnier se sont égarées dans la précipitation, si elles ont commis des approximations, elles ont tout de même gérer avec maîtrise leurs temps forts et leurs temps faibles, sans jamais se laisser déborder par des Espagnoles par ailleurs elles-aussi parfois mal inspirées. 

Les Bleues butent sur la zone

Les Françaises ont d'abord pris un départ tonitruant (7-0) avant de souffrir devant la défense de zone espagnole. Mais elles ont toujours été dans le coup, avec des rotations réussies, en dépit de trop nombreuses fautes qui les faisaient tomber trop rapidement dans la pénalité. Malheureuses à trois points (plusieurs ballons tournant autour du panier sans prendre la parti d'y entrer) elles gardaient tout de même leur constance offensive et ne relâchaient pas la pression. Les coéquipières de Dumerc restaient au contact et ne comptaient que deux points de retard à la pause (29-31). 

Gestion efficace

Le début de troisième quart-temps correspondait cette fois à une nouvelle séquence euphorique, avec une grosse présence dans la raquette, enfin des shoots extérieurs réussis, et un nouvel écart de 7 points (46-39, 26e). Mais l'embellie ne durait pas. Alba Torrens, plutôt discrète jusqu'alors  ramenant l'Espagne tout près (48-51, 31e).  Les dernières dix minutes étaient terribles, avec des Françaises qui avaient le match en main mais dont on craignait qu'elles se fassent piéger à l'expérience. Heureusement, le banc apportait son lot de satisfactions, avec Michel et la petite Epoupa, épatante de tonicité. Malgré tout, des ballons perdus, des petites fautes, des petits détails, portaient la tension au paroxysme entre ces deux équipes qui jouaient là une finale avant l'heure. Le money time était étouffant, mais la France restait en tête avec quatre points d'avance, avant qu'un tir primé de Dumerc ne la libère définitivement (61-54, 39e).  Les Bleues pouvaient alors laisser le chrono s'égrener et profiter d'une belle victoire acquise avec le coeur. 

Elles ont ont pris leur revanche sur les Espagnoles, qui les avaient battues en finale (70-69) de l'édition 2013 à Orchies. Dimanche face àa la Serbie (qui avait auparavant dominé le Bélarus 74-72), les nouvelles "braqueuses" essaieront de ramener à la France son  troisième titre européen, après ceux de 2001 et 2009.  La France détiendrait ainsi les deux titres continentaux du basket, son équipe masculine ayant été sacrée en 2013 pour la première fois de son histoire.

Déclarations

Valérie Garnier (entraîneur de l'équipe de France): "C'est une demi-finale, elle a été aussi dure que celles d'avant. L'Euro était annoncé comme étant difficile, il l'a été. Et puis nous à  l'arrivée, on ne nous attendait pas là et on y est en finale. Comme quoi il faut être présent à la fin. Elles sont arrivées toutes au bon moment, c'est-à-dire au quart de finale. Il reste maintenant à bien récupérer, car on va vouloir la jouer cette finale. On est allé la chercher. Je pense que personne ne nous mettait favori contre l'Espagne. C'est une victoire d'équipe.  C'est tout un groupe qui est allé chercher cette victoire, c'est très bien. On avait une finale hier, on avait une finale aujourd'hui, on a la vraie finale maintenant dimanche."

Diandra Tchatchouang (ailière de l'équipe de France) : "Ça n'a pas toujours  été facile dans cette compétition. On a eu des matches difficiles, avec une  défaite au deuxième tour. On s'est remobilisées, on n'a pas lâché. On a eu  confiance en nos valeurs. Ce soir on a joué sur nos valeurs, on a été  combatives. Ça a été dur, mais on s'est battues pendant quarante minutes et à  la fin on est récompensées. En plus contre l'Espagne. C'est encore un plus  grand bonheur."

Isabelle Yacoubou (pivot de l'équipe de  France): "(La finale perdue en 2013 contre l'Espagne) Ce sentiment d'injustice  nous est resté longtemps. 2013 nous a un peu marqué. Donc ce soir, c'est un peu  un exorcisme. On va en profiter, mais vite se reconcentrer quand même pour la  finale. Je savoure le moment présent, on va en profiter et demain (samedi) on  verra (pour la finale). Chaque souvenir est différent et particulier, et a un  goût unique, donc on va essayer de le savourer au mieux."

Céline Dumerc (meneuse de l'équipe de France): "C'est énorme. C'est un truc  de fou. Parce que les Espagnoles, c'est un peu notre bête noire. Elles nous  avaient enlevé le privilège de pouvoir être championnes d'Europe à la maison.  Moi, depuis que je suis en équipe de France, je ne suis pas sûre d'avoir battu  cette équipe espagnole. Réussir à les battre en demi-finale, c'est top, je suis  ravie. On a fait un match plein. On a fait quelques erreurs, mais on en fait  moins qu'elles. On a eu les reins solides. On a vraiment géré notre petite  affaire et maintenant c'est direction la finale."

Christian Grégoire