Johan Petro en équipe de France
Johan Petro en équipe de France | DUBESSAY Fabien/MAXPPP TEAMSHOOT

Le "gros coup à jouer" de Johan Petro

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Quand tous ses concurrents au poste de pivot (Noah, Séraphin, Mahinmi, Turiaf) ont fait une croix sur le maillot bleu cet été, lui s’est jeté sur l’opportunité. Sans contrat, sans club, Johan Petro (27 ans, 2,13 m) a répondu à l’appel du sélectionneur Vincent Collet en s’empressant de rejoindre l’INSEP, où l’équipe de France de basket a lancé, lundi, sa préparation pour le prochain championnat d’Europe (du 4 au 22 septembre en Slovénie).

Le parcours de Johan Petro est loin d’être un long fleuve tranquille. A 27 ans, le Guadeloupéen déjà passé par cinq franchises NBA n’a jamais réussi à s’imposer sur le long-terme dans la « Grande Ligue ». A Atlanta, l’an passé, il s’est contenté d’une saison pour 31 matches, huit titularisations, 3,5 points de moyenne, quelques apparitions encourageantes… mais pas de prolongation de contrat.

Alors, quand il a vu la cascade de forfaits en équipe de France, il a compris que son heure était peut être (re)venue. En 2009, il avait en effet déjà porté le maillot bleu dans le cadre des qualifications pour le championnat d’Europe, mais n’avait alors pas été retenu dans le groupe final. Du coup, contacté par Vincent Collet début juillet, le pivot n’a « pas hésité ». « Quand j’ai eu l’appel, j’ai dit ok. J’étais super motivé. Je ne pouvais pas cracher sur cette opportunité ».

« J’ai compris que c’était un honneur d’être en équipe de France »

En intégrant avec enthousiasme la troupe des 17 joueurs présélectionnés – les 12 du groupe final seront annoncés après le tournoi de Strasbourg, mi-août –, Johan Petro veut montrer qu’il a non seulement gardé la même motivation qu’à ses 20 ans, mais qu’il a également réalisé certaines choses. « J’ai compris que c’était un honneur d’être en équipe de France », explique-t-il. « J’étais parti avec beaucoup de déception la dernière fois, mais j’ai fait un trait dessus, je repars de plus belle. Si j’ai évolué sportivement ? Ça va être aux autres de juger. J’ai personnellement travaillé sur tout ce qu’on disait négligeant chez moi ».

« C’est génial de tout revoir, même si tout a un peu changé… », explique le joueur à l’INSEP, où il a fait ses débuts il y a dix ans, avant de rejoindre l’Élan Béarnais. « Ça faisait un moment que n’étais pas revenu ici ». S’il reconnaît que ces matches de préparation lui permettront « d’être vu » pour trouver un nouveau club, Petro compte bien convaincre Vincent Collet : « il y a un gros coup à jouer, oui, maintenant il faut le faire, pas seulement le dire […] la sélection sera une compétition rude ».

Plus mature, plus serein que lors de son dernier passage en bleu, le pivot croit également être prêt à jouer un nouveau rôle, notamment envers les jeunes pousses de la sélection. « Ça fait longtemps que j’ai quitté la France et il y a beaucoup de joueurs que je ne connaissais pas », reconnaît-il en regardant Evan Fournier (20 ans), Leo Westermann (21 ans) ou Joffrey Lauvergne (22 ans), symboles de la nouvelle génération. « Je les vois évoluer maintenant… je vais apprendre à les connaître ». Petro, un mentor ? « Je n’ai plus 21 ans là, ni même 23 ou 25, j’en ai 27 ! Ça commence à vieillir ». Et d’ajouter, souriant : « mais on s’assagit avec l’âge ».

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