Evan Fournier et Joffrey Lauvergne
Evan Fournier et Joffrey Lauvergne ont eu un rôle déterminant face à la Turquie | EMMANUEL DUNAND / AFP

Lauvergne, Fournier, Gobert : La jeune génération a porté les Bleus

Publié le , modifié le

Pour un match aussi crucial que ce huitième de finale d’EuroBasket, on pouvait s’attendre à ce que les Bleus se rangent derrière leurs cadres, Tony Parker et Boris Diaw en tête. C’est finalement la "génération 1992", débordante de peps et portée par une ambiance survoltée, qui a mis les Français sur la bonne voie.

Au premier tour, Joffrey Lauvergne (23 ans) a été le troisième meilleur marqueur des Bleus. Rudy Gobert (23 ans) y a confirmé qu’il était bien le pivot que la France du basket attendait. Evan Fournier (22 ans), en délicatesse avec son shoot en début de tournoi, a lui terminé sur une solide performance, jeudi contre Israël. Mais ce samedi, en huitième de finale de l’Euro, un match à la vie à la mort, les trois jeunes joueurs n’ont pas simplement tenu leur rôle : ils ont crevé l’écran. 

Le travail de l’ombre de Gobert

"Elle a fait un gros match", s’est félicité Vincent Collet en faisant référence à cette "génération 1992", attendue comme le successeur de la génération Parker et de la génération Batum. En premier, le sélectionneur a cité Rudy Gobert. Le pivot a pourtant peu marqué (7 points) et, plus étonnant, pris peu de rebonds (3). Mais face à la Turquie et ses géants, Semih Erden (2,11m) en tête, la tour de contrôle tricolore a fait preuve d’une application défensive totale. Un chiffre, pour prouver son impact hallucinant : en première mi-temps, quand il était sur le terrain, la France était à +21. Sans lui, -11.

Si Gobert s’est occupé du travail de l’ombre, Fournier et Lauvergne ont eux choisi de se placer pile sous le feu des projecteurs. Le premier s’est fendu de quelques actions spectaculaires : l’arrière d’Orlando a d’abord attaqué le cercle, mettant enfin son agressivité au profit de l’équipe, dans le "bon tempo", contrairement à ce que lui avait reproché Collet plus tôt cette semaine. Il a coupé les lignes de passe, est monté au dunk et a rentré deux tirs à trois points, en seconde période, qui ont dynamité l’attaque tricolore.  "On a eu un petit coup de chaud offensivement et ils ne nous ont plus revus, raconte le joueur. C'était un très bon match du point de vue collectif, tout le monde est plus concentré". Sa performance a été doublement bénéfique puisqu’elle a permis à Nando de Colo de se décaler plus sereinement à la mène, où Tony Parker s’est montré en délicatesse ce samedi. "Evan a jailli du banc et apporté beaucoup d’énergie", résume Collet.

L’énergie communicative de Lauvergne

Quant à Lauvergne, il a été "débordant d’envie et de réussite, même s’il a eu du mal à mettre ses tirs de près". Rapidement associé à Gobert, il a en effet manqué ses quatre premiers shoots, dans la raquette. "Les ballons glissent un peu quand on transpire, préfère en sourire l’intéressé. Ce qui compte, c’est le bon état d’esprit sur l’ensemble du match". Et dans ce domaine, le bouillonnant intérieur a été exceptionnel. Il a réussi ses quatre shoots suivants en donnant aux 26135 spectateurs du stade Pierre-Mauroy (nouveau record européen) leurs premiers frissons du match.

"Il a continué à 'fighter' dans la raquette et a eu un rôle prépondérant dans le premier décrochage", souligne Collet. Lauvergne, qui a réussi ses deux seules tentatives longue distance de la soirée, a en effet été à l’origine d’un deuxième quart-temps de feu (19-8) à l’issue duquel les Bleus ont pu créer un premier écart. Son activité défensive hors-norme (9 rebonds, 2 interceptions, 2 contres) a fini de lancer les Bleus sur les bons rails, où Nicolas Batum (10 points) et Nando De Colo (15 points) ont pris le relais avec brio. La génération 1992 n’est pas le futur des Bleus : elle est déjà leur présent. 

Championnat d'Europe de Basket