Evan Fournier
Evan Fournier, prêt à faire ses premiers pas en équipe de France | GARRETT ELLWOOD / NBAE / GETTY IMAGES / AFP

Fournier l’ambitieux

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A 20 ans, Evan Fournier est l’un des symboles du futur de l’Équipe de France de basket. Plus jeune joueur de la présélection (17 joueurs) de Vincent Collet en vue de l’Eurobasket, du 4 au 22 septembre prochain en Slovénie, l’arrière des Nuggets analyse sa situation avec un recul déjà impressionnant et une maturité prometteuse. Il le sait, et l’assume : ce n’est qu’un début.

Lundi matin, à l’INSEP, tous les heureux présélectionnés sont déjà en tenue pour une première séance physique. Tous, sauf Evan Fournier. Au bord du terrain, en pleine discussion avec l’un des assistants du sélectionneur Vincent Collet, le jeune arrière est en polo, pas vraiment prêt à suer avec ses coéquipiers. Déjà puni, le « rookie » des Bleus ? Pas du tout : Fournier rentre à peine de Las Vegas, où il a participé avec ses équipiers de Denver à la ligue d’été NBA. Il est donc logiquement exempté des premiers exercices de la préparation à l’Euro, aussi peu intenses soient-ils.

« Aucun plaisir » à Vegas

Mais les apparences sont trompeuses, car le joueur a déjà des fourmis dans les jambes. « Je suis vraiment content d’être rentré, explique-t-il. J’aurai aimé partir plus tôt, mais bon. J’ai des obligations ». Après une première saison encourageante outre-Atlantique (5,3 points de moyenne en 11 minutes et quatre titularisations en playoffs), Fournier se serait bien passé de la « Summer League », exercice permettant aux débutants ou aux joueurs sans contrat de faire leurs preuves auprès des dirigeants NBA.

« Je suis en forme, tout va bien, mais je ne retiens pas grand-chose [de la ligue d’été NBA], si ce n’est qu’il fait chaud à Vegas », explique-t-il. « Franchement, ce n’était pas intéressant. C’est à faire une fois dans sa carrière. Je l’avais fait l’an passé parce que c’était important pour moi, pour prendre ma place. Là, je savais à quoi m’attendre… Il y a très peu de jeu, je n’ai pris aucun plaisir ».

« Une concurrence saine »

A l’INSEP, où Fournier est arrivé « encore un peu dans le décalage », le Francilien se sent comme à la maison. « Je suis chez moi », confirme celui qui a peaufiné sa formation dans l’Institut entre 2007 et 2009, au Centre Fédéral. « Je me sens très à l’aise. En plus, je connais déjà pas mal de monde, ça fait plaisir de revoir les potes. C’est aussi l’occasion pour moi de revoir Rudy Nelhomme, mon coach à Poitiers [et assistant du sélectionneur Vincent Collet]. Ce sont de très bons débuts ». Et le plus beau est sans doute à venir.

« Il faut gagner sa place, faire ses preuves », s’enthousiasme Fournier. « Ce sera une concurrence saine, mais je suis impatient de me confronter à mes coéquipiers ». Face à Edwin Jackson, Antoine Diot, Nando De Colo ou Yannick Bokolo, le petit nouveau (0 sélection) aura en effet du pain sur la planche pour intégrer le groupe final de 12 joueurs. Mais la concurrence ne lui fait pas peur. A ses dirigeants, à Denver, il n’a pas hésité à présenter son aventure en équipe de France comme « une priorité ». Dans les colonnes de l’Équipe, Fournier a lâché qu’une sélection ne le ferait « pas sauter au plafond », car il veut « devenir quelqu’un d’important en Bleu ».

Alors, à quelques mètres des cadres de la sélection (Diaw, Batum), le joueur affiche une ambition rafraîchissante en scandant déjà qu’il n’y a « que gagner qui compte ». Et si cette présélection s’apprête à l’occuper tout l’été, quitte à mettre la NBA entre de sérieuses parenthèses, « ce n’est qu’une étape, pas un aboutissement », répète-t-il. Plus on l’écoute, moins on en doute.

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