Léo Westermann
Léo Westermann, appelé de dernière minute, a fait un match plein hier face à la Bosnie | PASCAL GUYOT / AFP

EuroBasket : Westermann s'est vite remis dans le bain

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La victoire des Bleus hier face à la Bosnie (81-54) a permis aux joueurs de Vincent Collet de se rassurer après leur succès étriqué face à la Finlande en ouverture de l’Euro samedi (91-81 a.p). Surtout, elle a montré que le groupe France avait de la réserve derrière son cinq majeur. Notamment Léo Westermann, appelé de dernière minute et très bon dans le rôle de doublure du maître à jouer français Tony Parker.

"Douloureux". C'est le terme qu'avait choisi Vincent Collet en 2013 au moment de laisser Léo Westermann sur le carreau, alors que les Bleus s'apprêtaient à s'envoler pour Ljubljana et conquérir leur premier titre international. Déjà à l’époque, Westermann n'était que le troisième choix du patron des Bleus, derrière Antoine Diot et Thomas Heurtel. Aujourd’hui, avec le forfait du premier et le revirement de situation du deuxième, le meneur de Limoges peut enfin goûter aux joies d’une grande compétition internationale avec les Bleus.

Doublure de Parker à l’ASVEL

Arrivé de dernière minute, dans un groupe avec lequel il n’a pas participé à la préparation pré-Euro, Léo devait s’intégrer, vite. Le sélectionneur, lui, n’avait aucun doute sur ses capacités d’adaptation. "Il a un QI basket au-dessus de la moyenne et les capacités pour s'intégrer vite. Même s'il n'a pas travaillé les systèmes, il devrait être capable de s'adapter grâce à son intelligence de jeu." lâchait Vincent Collet vendredi, alors que le meneur de Limoges venait de rejoindre les Bleus.  Après une petite minute et 37 secondes de jeu face à la Finlande samedi, Leo Westermann a confirmé les dires de son coach avec une grosse rentrée hier sur le parquet Montpelliérain lors de la victoire des Bleus face à la Bosnie (81-54). " Léo a bien commencé avec deux tirs à trois points. C’est intéressant pour nous. Samedi, je n’ai pas pu donner du repos à Tony. Aujourd’hui, ça a été le cas. C’est une bonne chose pour nous car l’Euro est long" analysait le patron des Bleus à la sortie du match. 17 minutes et un record de points en Bleu (9 contre 6) plus tard, Léo a montré au groupe France qu’il pouvait faire du bien lorsque Tony Parker a besoin de souffler.

Doublure du numéro 9 des Bleus pour cet Euro, Léo Westermann a l’avantage de jouer un rôle qu’il connaît déjà. Lors de la pige de "TP" à l’ASVEL au moment du lock-out NBA fin 2011, c’est du banc que l’Alsacien de naissance assiste au retour du prodige français sur les parquets de Pro A. S’il estime qu’évoluer au côté de Tony Parker a été bénéfique dans son apprentissage ("J’ai beaucoup appris sur son leadership, sur sa façon de driver l’équipe" confiait le jeune meneur à Lyon Capital en février 2012), il a aussi mangé son pain noir durant ces quelques mois. "On ne va pas se mentir, sportivement et à l’instant T, c’était beaucoup moins intéressant qu’il soit là." Aujourd’hui, les rôles sont différents et évoluer dans l’ombre du capitaine Parker lui offre une chance unique d’évoluer sous le maillot tricolore et de gagner une deuxième breloque internationale après sa médaille d’argent à l’Euro Espoir 2012 en Slovénie.

Fournier : "Léo et moi, nous gagnerons une médaille d’or européenne avec les A"

Multi-sélectionné en équipe de France de jeunes, Léo Westermann n’a pourtant que très peu goûter aux joies des A. Présélectionné pour l’Euro 2013, c’est finalement de chez lui qu’il vivra le sacre des Bleus et de son meilleur pote Joffrey Lauvergne. Régulièrement appelé par Vincent Collet pour les phases de préparation, il n’a pourtant pas encore franchi le cap (seulement 7 sélections) qu’ont déjà franchi ses compères de l’Insep Evan Fournier (33 sélections) et Joffrey Lauvergne (49 sélections). La faute aussi à un genou fragile où une rupture des ligaments croisés en 2010 puis en 2013 a retardé l’éclosion internationale du jeune Alsacien. Il tient aujourd’hui la chance de sa vie en se retrouvant propulsé deuxième meneur derrière le joueur des Spurs pour une campagne qui doit amener au firmament la génération Parker & Co et l'envoyer vers les Jeux Olympiques de Rio. "Léo (Westermann) et moi, nous gagnerons une médaille d’or européenne avec les A" confiait il y a tout juste deux ans Evan Fournier, avant l'Euro Slovène où tous deux avaient été écartés du groupe sacré quelques jours plus tard. Réunis aujourd'hui chez les A, l’occasion d'aller chercher ce titre ensemble, et à domicile, est trop belle pour la laisser passer.

Mathieu Aellen