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L'équipe de France tentera de monter sur le podium de l'EuroBasket ce dimanche | PHILIPPE HUGUEN / AFP

EuroBasket : France-Serbie, une médaille pour laver l’affront

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Ils devaient se disputer l’or, c’est finalement dans la "petite finale" que la France et la Serbie se départageront ce dimanche (14h00). Pour ne pas quitter Lille sans médaille autour du cou, les Bleus ont une dernière mission de taille : battre les vice-champions du monde en titre… avec les Jeux dans un coin de la tête. Explications.

La France voulait affronter la Serbie. C’était son obsession depuis que les deux équipes ont terminé en tête de leur groupe, au premier tour. Mais pas dans ces conditions. "Pas à cette heure-là", complète Vincent Collet. Au lieu d’avoir lieu à 19h, pour le feu d’artifice final, le rendez-vous a été fixé à 14h. Un match pour la troisième place, sans aucun enjeu autre que de sauver l’honneur en arrachant une médaille de bronze. "Laisser une trace dans ce tournoi", résume Florent Piétrus. Une nécessité absolue pour tous les Bleus, encore minés par le scénario renversant de la demi-finale contre l’Espagne. "Par respect pour tout le monde, on doit offrir cette médaille à la France, assène Nicolas Batum. On doit gagner ce match-là. On le gagnera".

Au moment où l’ailier tricolore avait prononcé cette phrase, vendredi matin, il ne savait pas encore qui de la Lituanie ou de la Serbie allait être son adversaire. Vingt-quatre heures et une grosse performance des Baltes plus tard, la sentence était tombée. "La Serbie a fait un Euro dominateur, c’est l’équipe qui a été la plus régulière et la plus impressionnante depuis le début de la compétition, assure Vincent Collet. Ça va être un adversaire très difficile". Troisième attaque de l'Euro, première aux passes, le groupe de Sasha Djordjevic est, quand il tourne à plein régime, un véritable rouleau-compresseur. Son tableau de chasse, depuis le début du tournoi, est impressionnant : l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, la Turquie, la Répulique Tchèque : tous ont cédé face à la force du collectif mené par Milos Teodosic. Tous, sauf la Lituanie en demi-finale. "Les Serbes savent gagner à l’usure en imposant beaucoup de rugosité : pour la première fois, ils ont perdu cette bataille-là", note Vincent Collet.

Ce match lancera l’aventure olympique

Si l’équipe de France veut se servir de la défaite contre l’Espagne pour rebondir et terminer sur une bonne note, il demeure évident que la dynamique tricolore s’est brisée, jeudi soir. Au-delà d’un ticket pour la finale, et donc d’une chance de défendre leur titre, les Français ont manqué de se qualifier directement pour les Jeux olympiques de Rio. Aux yeux de Vincent Collet, c’était même leur objectif premier du tournoi. "Vous (les médias, ndlr) nous avez posé peu de questions à ce sujet, a-t-il lancé 48 heures après la demi-finale. Personnellement, avant de penser au titre, ce qui nous hantait, c’était cette qualification. On savait à quel point elle était importante : la mettre dans la poche aurait été formidable".

"Il y a cinq ans, on aurait tué pour une médaille"

Las, les Bleus vont devoir passer par un parcours du combattant nommé TQO (tournoi de qualification olympique), aux modalités encore incertaines, mais que la France sera condamnée à remporter si elle veut faire l’aller-retour à Rio. "On ne sait pas encore où on va le jouer, peut-être aux Philippines ou au Canada", craint déjà le sélectionneur français. En outre, le TQO débutant le 4 juillet 2016, dans la foulée des saisons Pro A et NBA, il faudra "faire face aux difficultés de calendrier de nos joueurs, et même du mien", ajoute Collet. Pour ce dernier, l’affrontement face à la Serbie est donc déjà un moyen de se projeter vers ce nouvel objectif. "C’est le lancement de cette aventure olympique qui passe par le TQO, confirme le coach strasbourgeois. Réussir le match (dimanche) serait un présage favorable".

Par ces mots, répétés lors du briefing collectif vendredi soir, Collet espère remobiliser ses troupes, avant d’affronter des Serbes au moins aussi désappointés. "Pour eux comme pour nous, quelque chose s’est passé et il faut réagir". S’ils ont eu le temps de gamberger pendant près de trois jours, les Bleus auront l’avantage d’avoir bénéficié d'un peu plus de repos que leurs adversaires du jour. Et d’avoir peut-être pu davantage digérer la déception. "Le groupe est toujours ensemble, assure Nando De Colo. C’est qui nous est arrivé est difficile, mais il reste un match à aller chercher. Il y a cinq ans, on aurait tous tué pour avoir une médaille : pourquoi renoncer maintenant ?"

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