France basket féminin
L'équipe de France féminine | Johan BEN AZZOUZ

Euro 2015 : Opération reconquête pour les Bleues

Publié le , modifié le

Privée d’un sacre à domicile par l’Espagne il y a deux ans, l’équipe de France féminine de basket repart à la chasse à l’or européen, ce jeudi à Timisoara contre l’Ukraine (19h30). Seul un titre, synonyme de qualification directe pour les Jeux olympiques 2016, satisferont les "Braqueuses" annoncées favorites du tournoi.

La France, l’équipe à battre ?

Le 30 juin 2013, où l’équipe de France avait perdu l’or européen pour un petit point (69-70) en finale, face à la Roja, n’a toujours pas été digéré par Céline Dumerc et ses coéquipières. En bronze en 2011, les Bleues en ont assez des places d’honneur et veulent retrouver, en Hongrie (après un premier tour joué en Roumanie), la plus haute marche du podium. Et le bilan des matches de préparation (8 victoires en 9 matches), dont trois dernières performances défensives de haut vol, laisse à penser que le collectif de Valérie Garnier est prêt. "On a réussi à créer un groupe qui vit bien sur et en dehors du terrain, c’était l'objectif de cette préparation qui était très courte, estime l’entraîneur de Bourges. L'idée ce n'est pas d'être à  100% au début de l'Euro, c'est de continuer à grandir et à travailler au fur et à mesure".

D’autant que l’équipe accueille plusieurs nouvelles têtes, absentes lors du dernier Mondial : la jeune meneuse Olivia Epoupa (21 ans), Paoline Salagnac (31 ans), coéquipière de Dumerc chez les Berruyères, l’ailière de Nantes Sarah Michel (26 ans) et les intérieures Héléna Ciak (26 ans) et Ana Cata-Chitiga (26 ans). A noter également le retour de l’une des cadres de la sélection, Isabelle Yacoubou (29 ans), qui avait fait l’impasse l’été dernier. Son impact dans le secteur intérieur pourrait faire d’elle l’une des candidates au trophée de MVP de la compétition. L’expérimentée Sandrine Gruda (28 ans), décidée à confirmer son énorme Mondial 2014 (14,7 points et 8,8 rebonds de moyenne) sera l’autre star du groupe, évidemment mené par l’indéboulonnable Céline Dumerc (33 ans). Troisième meilleur marqueur en prépa, Endy Miyem (27 ans) sera elle l’un des métronomes des Bleues, tandis que Diandra Tchatchouang (24 ans) pourrait endosser le rôle de facteur X.

Un premier tour a priori abordable

En héritant de l’Ukraine, de la République Tchèque, de la Roumanie et du Monténégro au premier tour, la France s’en sort bien. Sauf gros raté, elle devrait se hisser sans mal parmi les trois premières places qualificatives pour la deuxième phase du tournoi (un groupe de six équipes où il faudra finir dans les quatre premiers pour atteindre les quarts). "On doit être plus fort à l'intérieur et au rebond offensif, prévient toutefois Valérie Garnier. On a parfois manqué d'agressivité (en préparation) et on a souvent des problèmes au troisième quart-temps".

L’Ukraine, sacrée en 1995, n’a réalisé plus aucun résultat depuis et devrait constituer une bonne mise en jambes ce jeudi pour les Bleues, qui enchaîneront ensuite avec leur plus sérieux adversaire de la première semaine. Les Tchèques, championnes d’Europe en 2005 et vice-championnes du monde 2010, feront figure de test grandeur nature avant les phases finales. Le principal danger de la sélection roumaine résidera dans le soutien de son public, qui espère voir ses joueuses atteindre le deuxième tour, tandis que le Monténégro, équipe-piège, rêve de rééditer l’exploit de l’édition 2011 (6e place). 

Espagne, Russie et Serbie en embuscade

Sans sa superstar Sancho Lyttle, MVP du dernier Eurobasket qui n’a pas été libérée par sa franchise WNBA (Atlanta), l’Espagne doit-elle être toujours considérée parmi les favorites ? Oui, car le collectif reste très solide et la succession de l’intérieure toute trouvée en la personne d’Astou Ndour (20 ans). MVP du championnat espagnol à seulement 19 ans, auteur d’une perf’ à 30 points en Euroligue cette saison avec Fenerbahce, la native de Dakar a tout d’une grande. Alba Torrens, joueuse européenne de l’année 2014, lui servira d’exemple pour sa première grande compétition internationale avec les A. La Roja a donc des arguments pour défendre son titre.

La Russie, sacrée en 2011, a elle aussi quelques atouts pour remettre le grappin sur l’or – à  commencer par son prodige Maria Vadeeva, qui à 16 ans seulement, se présente comme la nouvelle pépite du basket européen. La sélection d’Anatoli Myshkin semble toutefois un cran en-dessous de la Serbie, seule équipe à avoir battu la France lors des matches de préparation. Mené par la coach Marina Maljkovic, fille de l’ancien gourou du Limoges CSP, le groupe semble encore plus fort qu’il y a deux ans (demi-finale). A surveiller également : la Turquie, sortie du dernier carré européen par la France il y a deux ans et demi-finaliste du Mondial 2014, mais pas franchement convaincante pendant ses matches de préparation.

"Notre objectif est de se qualifier pour les jeux Olympiques, annonce de son côté Valérie Garnier. Pour cela, il y a deux solutions: soit gagner pour être qualifié directement, soit finir dans les cinq premiers pour disputer un tournoi de qualification. On devra être au top en quart de finale. Ca sera un des Euros les plus difficiles, une compétition très relevée."

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