La joie de Chalon
Chalon remporte son 1er titre de champion de France de basket et réalise un triplé magistral Championnat - Coupe de France - Semaine des As. | AFP - THOMAS SAMSON

Chalon et Beugnot champions de France pour la 1ère fois

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Pour la 1ère fois depuis 2003 et le grand Pau-Orthez, une équipe a réalisé le triplé (Semaine des As, Coupe de France, championnat). Pour l'ultime finale sur un seul match, à Bercy, Chalon s'est hissé au sommet du championnat en battant en finale Le Mans (95-76), grâce notamment à Schilb (20pts, 10 passes). Pour la 1ère fois, ce club inscrit son nom au palmarès des champions, tout comme son emblématique entraîneur, Greg Beugnot, vainqueur après 5 défaites en finale.

C'est une première. Pour Chalon, mais aussi pour Greg Beugnot. Pour la première fois, les deux ont été sacrés champions de France. A Bercy, dans la dernière finale disputée sur un seul match avant le passage à la finale au meilleur des cinq manches, Chalon-sur-Saône a gagné ses galons de champion, entrant dans la cour des grands par la grande porte. Après avoir remporté la Semaine des As, la Coupe de France, l'équipe a en effet ajouté une troisième ligne à son palmarès de l'année. Personne ne l'avait fait depuis 2003 et le sacre de Pau-Orthez, de la génération des Piétrus et de Boris Diaw. Et c'est sous les yeux de Florent Piétrus et de Boris Diaw, présents avec l'équipe de France à Bercy, que les Chalonais sont allés chercher cette consécration. Un titre qui couronne également l'un des plus grands entraîneurs français, Greg Beugnot, qui avait échoué à cinq reprises dans cette quête.

Pour y parvenir, Chalon devait se défaire du Mans, tombeurs des deux derniers champions et finalistes (Nancy, Cholet), et de son terrible jeu intérieur. Mais pendant la première mi-temps, la raquette a été la propriété des Chalonais, en raison de la maladresse mancelle, comme de son incapacité à produire un jeu fluide. Symbole de ce passage à vide: le 0 pointé de Batista en première période. Face à une défense intense et bien organisée, Le Mans a déjoué. Notamment et surtout dans un 2e quart-temps, fossoyeur des espoirs des hommes de JD Jackson.

Grégor Beugnot: "On a tout gagné, c'est rare, il faut en profiter. C'est une fierté. On a fait une saison faramineuse qui va rester dans les annales du basket français. Quand on a commencé la préparation on a dit aux gars qu'on allait travailler pour aller chercher ce titre de champion. Quand on a gagné la Semaine des As et la Coupe de France, il n'y a pas eu d'euphorie. On savait que ce n'était pas ça qu'on cherchait. Ca ne va pas changer mon lundi mais je suis très fier car j'ai eu un groupe fantastique cette année. Ce soir l'équipe a été à la hauteur de l'événement. Quand on est en confiance on est difficiles à arrêter. On ne pensait pas que ça viendrait aussi vite. Mais on prend. Jouer l'Euroligue va nous permettre de conserver un peu plus notre effectif. On a construit une bonne base, maintenant il faut qu'on la développe. Quand ça se passe comme ça c'est beau"

Schilb marque et distribue

A la fin du 1er quart-temps, grâce à l'inévitable Blake Schilb (11pts à 3/4 à 3pts, 3rbds), Chalon menait (25-18), en n'ayant atteint au maximum qu'un écart de 9 points. Mais ensuite, il fallait attendre 5'40 pour que l'équipe sarthoise marque ses premiers points, avec un tir lointain de Sommerville. Entre-temps, Chalon avait pris le large, avec Lang à 3pts et aussi Schilb en distributeur, profitant du marquage serré pour libérer ses coéquipiers. Après 15 minutes de match, Le Mans avait déjà 11 pertes de balle à son déficit, contre 4 à son adversaire. A la mi-temps, l'écart était abyssal (52-28) avec un dernier tir à 3pts de Delaney, avec Schilb à 14pts (4/6 à 3pts) et 3rbds, mais aussi Lang (11pts, 3rbds). A l'opposé, Sommerville était le seul à résister (10pts, 4rbds), alors que Rochestie avait déjà perdu 4 ballons, pour seulement 6pts.

Le retour aux vestiaires avait un effet positif pour Le Mans. Kouguère montrait le chemin de la révolte avec un premier tir à 3pts (52-31), suivi par les premiers points de Batista (54-37). Mais alors que Sommerville trouvait encore la cible de loin (54-40), les Manceaux prenaient un nouvel éclat. Deux tirs à 3pts de Delaney consécutif, puis un d'Evitmov et encore un de Lang, voilà comment Chalon finissait ce 3e quart-temps avec un confortable matelas (72-49). L'écart était irrattrapable, d'autant que Schilb maintenait son niveau comme tout le collectif bourguignon.

Malgré la meilleure performance de la saison de Sommerville (24pts, 8rbds), Le Mans a subi une déroute contre des Chalonais inarrêtables. Finalistes du Match des Champions, de l'Eurochallenge, et aussi vainqueurs de la semaine des As et de la Coupe de France, Chalon finit son 63e match de la saison sur un feu d'artifice, et une fête historique. Schilb finit meilleur marqueur de son équipe (20pts, 5rbds, 10 passes), mais derrière lui, ils ont été nombreux au soutien: Evtimov (15pts, 6rbds), Tchicamboud (14pts), Lang (14pts, 4rbds), Delaney (12pts, 7rbds), Aminu (10pts, 7rbds).

Réactions:

Steed Tchicamboud (meneur de Chalon): "On était favoris, le coach nous avait bien remontés. C'est une saison parfaite avec ce petit bémol de la finale de la Coupe d'Europe qu'on n'a pas jouée (comme il le faut). Mais ce n'est pas grave, maintenant on a l'Euroligue, c'est ce qu'on voulait. Le club va grandir avec l'Euroligue, c'est le summum du basket européen. Moi je l'ai jouée avec Nancy. Je la rejoue avec le club de mon coeur. C'est inimaginable."
Blake Schilb (ailier de Chalon et MVP de la finale): "On a joué de manière agressive, notre défense a donné le ton. On a été bons des deux côtés du terrain. On était en mission pour prouver à tous ceux qui doutaient de nous, tout au long de la saison, notamment dans la presse. Mais c'est ok, ça nous a donné une motivation supplémentaire. L'avenir? L'Euroligue! Avec Chalon? Oui je pense. J'ai encore un an de contrat. Je n'ai pas d'autre intention là."
JD Jackson (entraîneur du Mans): "C'est très frustrant. Mais autant on n'a pas sorti le match qu'il fallait, autant ils méritent leur victoire. On n'était pas au niveau de Chalon ce soir. Les tirs à trois points c'est leur jeu. C'est peut-être là qu'on aurait pu faire un pas de plus, apporter quelques kilos de plus pour les déstabiliser. Mais Chalon est une très bonne équipe et ils auraient pu gagner la Coupe d'Europe en plus. Reste les regrets: personne ne vient ici pour perdre."
Charles Kahudi (joueur du Mans): "On est frustrés. Quand j'ai regardé le score à la mi-temps, j'ai halluciné. Mais Chalon a été très fort ce soir. Il n'y a rien à dire. Ils ont mérité leur titre. Ils jouent ensemble depuis un moment, ça se voit. Ils jouent un basket intelligent. Nous on n'a rien lâché sur ces play-offs. Je suis fier de mes gars. Même si on n'a pas fait la finale qu'on voulait."

Fiche technique

A Paris (Palais omnisports de Paris-Bercy): Chalon-sur-Saône bat Le Mans 95 à 76 (25-18, 27-10, 20-21, 23-27)
Arbitres: MM. Viator, Maestre et Mortz
Spectateurs: 14.262
Chalon-sur-Saône:
33 paniers (dont 16 sur 35 à trois points) sur 65 tirs - 13 lancers francs sur 16 - 32 rebonds (Delaney et Aminu 7) - 21 passes décisives (Schilb 10) - 12 balles perdues - 22 fautes personnelles
Marqueurs: Aminu (10), Delaney (12), Smith (3), Adjagba (0), Lang (14), Aboudou (0), Schilb (20), Tchicamboud (14), Jean Baptiste (7), Prowell (0), Evtimov (15)
Le Mans:
27 paniers (dont 7 sur 21 à trois points) sur 52 tirs - 15 lancers francs sur 21 - 31 rebonds (Sommerville 8) - 21 passes décisives (Rochestie 5) - 16 balles perdues - 21 fautes personnelles
Marqueurs: Sommerville (24), C. Kahudi (2), Acker (14), Rochestie (10), Batista (10), Ceci (0), Mendy (0), Koffi (1), Bryant (5), Eito (2), Kouguère (8)