L'entraîneur de Chalon Greg Beugnot
L'entraîneur de Chalon Greg Beugnot | MaxPPP - Joël Philippon

Chalon dans la souffrance

Publié le , modifié le

Chalon a réussi son entrée en Euroligue en s'imposant dans sa salle (81-74) face aux Polonais de Gdynia, jeudi lors de la première journée (Groupe B). Malgré une partie très moyenne, avec beaucoup de déchets de part et d'autre, les Chalonnais sans être convaincants, ont su monter en puissance pour assurer l'essentiel avec cette victoire obtenue dans la douleur. Le tenant du titre Olympiakos l'a emporté devant Victoria 85-81.

Dans une compétition où les clubs français ont depuis longtemps bien du mal à exister (le dernier club tricolore à avoir atteint le Top 16 était Pau-Orthez en 2007), une victoire même laborieuse est toujours bonne à prendre. Chalon a hérité d'un groupe abordable, avec certes des formations de haut calibre, comme Malaga, Sienne et le Macabi Tel Aviv, mais aussi, deux équipes à sa portée, contre lesquelles les champions de France ne peuvent pas se trouer pour espérer se qualifier pour le 2e tour. C'est pourquoi, pour une équipe en manque de confiance (deux défaites en Trophée des champions puis à domicile contre l'ASVEL en ouverture du championnat), il importait de ne pas manquer ce rendez-vous.       

Il faut remonter jusqu'en 2007 et la victoire de Roanne à Bamberg pour trouver trace d'un succès français en ouverture. Chalon a mis fin à cette série noire grâce notamment à Steed Tchicamboud, à la hauteur de l'événement. Alors que Blake Schilb a longtemps été transparent, Tchicamboud (16 points, 9 passes) a tenu son équipe à bout de bras lors d'un début de match tire-bouchonné et a permis de faire le break autour de la demi-heure de jeu. Il a été assisté par un Brion Rush étonnant. Arrivé lundi seulement en tant que pigiste médical, l'arrière US (17 points) a trouvé les moyens de finir meilleur marqueur de son équipe avec Ilian Evtimov. Détail cocasse, c'est lui qui avait marqué le panier lors de... la victoire de Roanne à Bamberg en 2007.

Rush et Tchicamboud montrent la voie

On se voyait pourtant parti dans un match de tranchées, techniquement pas au niveau de l'Euroligue  Après un premier quart-temps indigent, au cours duquel les deux équipes, sans doute inhibées par ce rendez-vous européen, ont été hors-sujet, multipliant les échecs aux tirs, les mauvaises inspirations, les erreurs dans la construction du jeu et les ballons perdus. Gdynia menait alors sur le score affligeant de 12-11. La rencontre  a pris ensuite un peu plus de consistance Grâce à Rush puis Tchicamboud, l’Élan s'est détaché petit à petit, profitant des lacunes polonaises aux lancers francs (10/23). Si les Chalonnais se sont lâchés au fil du match, pour retrouver un basket un peu plus digne de leur rang, il n'y a pas de quoi s'emballer pour autant. Le match a été particulièrement insipide et sans les nombreuses pertes de balle et d'incroyables ratés aux tirs des Polonais, il n'est pas certain du tout que Chalon l'aurait remporté. Les joueurs de Greg Beugnot ont longtemps brillé par leur maladresse compilant un horrible 1 sur 12 à deux points pour commencer (42% au total). Ce fut presque un miracle qu'ils puissent rester dans le match. Mais ils ont ensuite trouvé la cadence, mis un peu plus d'intensité et fait gonfler le score (33-28 à la mi-temps, 57-48 après le 3e quart-temps). 

Pourtant, preuve de leurs insuffisances déjà affichées lors de la défaite face à Villeurbanne en ProA, les Bourguignons se sont fait peur jusqu'au bout, Gdynia revenant à quatre points à deux minutes du terme. Le réveil de Schilb, auteur de 10 de ses 13 points dans le dernier quart-temps, a permis de sauvegarder un premier succès. Un succès essentiel face sans doute à l'équipe la plus faible du groupe B avant d'aller rendre visite à l'Alba Berlin, l'autre équipe ciblée par les Bourguignons. Mais pour exister dans cette Euroligue, les Chalonnais vont devoir proposer un autre basket, et surtout ne pas attendre vingt minutes pour mettre du rythme sous peine d'être sévèrement sanctionnés. 

Les favoris assurent

Dans les autres matches de la soirée, les grosses écuries n'ont pas raté leurs débuts à l'image de l'Olympiakos, tenant du titre, et du CSKA Moscou, finaliste sortant, même si les Russes ont souffert jusqu'au bout. Le champion a gardé la tête froide dans le dernier quart-temps pour battre 85-81 le club basque de Vitoria dans le choc de la soirée grâce notamment à 16 points de son stratège Spanoulis.

Dans le même groupe C, les 16 points de l'ailier français Mickaël Gelabale, meilleur joueur de son équipe, n'ont pas suffi au Cedevit Zagreb pour éviter une lourde défaite (90-62) à Kaunas. Le CSKA Moscou a frôlé le pire face à Vilnius lorsque Krstic a raté ses deux lancers à quatre secondes de la fin pour laisser Seibutis tenter et rater le tir de la gagne pour les Lituaniens, finalement battus 75-73. Sonny Weems a été meilleur marqueur des Moscovites avec 14 points et décisif en fin de match.

Le Maccabi Tel-Aviv a d'entrée pris une option sur la première place du groupe B en allant s'imposer 85-80 chez les Espagnols de Malaga avec 16 points de Ricky Hickman. Dans le groupe A enfin, Fenerbahçe s'est montré très solide face au Khimki Moscou (92-80) avec 20 points d'Emir Preldzic et 17 de Bo McCalebb, alors que Ljubljana est allé créer une petit surprise à Cantu (84-71) avec 17 points de l'ancien joueur de Roanne, Dylan Page.

Résultats de la 1re journée

Groupe A
Fenehrbaçe (Tur) - Khimki Moscou (Rus) 92-80
Cantu (Ita) - Ljubljana (Slo) 71-84

Groupe B
Elan Chalon (Fra)-Prokom Gdynia (Pol) 81-74
Unijaca Malaga (Esp) - Maccabi Tel Aviv (Isr) 80-85

Groupe C
Kazunas (Lit) - Cedevita Zagreb (Cro) 90-62
Olympiakos (Grè) - Vitoria (Esp) 85-81

Groupe D
CSKA Moscou (Rus) - Vilnius (Lit) 75-73

Christian Grégoire