Ferveur autour du terrain de baseball
Ferveur autour du terrain de baseball | CC-BY - Roberto Coquis

Le baseball fait front pour revenir aux JO

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Supprimé du programme olympique en 2005, le baseball espère y revenir lors des JO 2020. A l’occasion du Challenge de France, tournoi réunissant les huit équipes de l’élite française, les acteurs tricolores de ce sport ont réaffirmé leur volonté de convaincre le CIO.

Dans quelques mois, le baseball saura s’il retrouve les Jeux Olympiques. Fin mai, le CIO doit fournir une liste réduite de sports susceptibles d’intégrer les JO en 2020. Avant une décision finale en septembre. Evincé des Jeux en 2005, le baseball concourt. « Le Squash et le Karaté sont nos deux plus gros concurrents », explique François Collet attablé sous un chapiteau à l’occasion du Challenge de France. Au cœur du Bois de Vincennes où se déroule la compétition, le responsable communication et vie fédérale à la Fédération française de baseball et softball (FFBS) espère. Un retour de son sport sur la scène olympique donnerait un coup de fouet à une discipline en quête de ressources et de reconnaissance sur le sol français.

Baseball et Softball unis pour retrouver les JO

Pour convaincre le CIO, les fédérations internationales de baseball et softball ont choisi d’unir leurs efforts en créant une entité commune : la World Baseball Softball Confederation (WSBC). En avril, la WSBC a lancé depuis le Japon une campagne de lobbying nommé Playball 2020 (mot que dit l’arbitre pour lancer un match). Objectif : démontrer que le baseball est un sport universel. « L’Europe est le dernier continent à ne pas avoir été conquis par le baseball. Récemment, le premier italien  né et formé en Europe est parti aux Etats-Unis rejoindre la MLB», détaille Boris Rothermundt, DTN par intérim de la FFBS. « On se bat contre le Karaté, discipline au fort lobby asiatique. Notre sport est mal positionné au niveau européen donc les membres du CIO de notre continent ont peu de chances de voter pour lui », craint pour sa part Stephen Lesfargues, entraîneur de Beaucaire.

 

Combat au sommet sur le terrain de baseball
Combat au sommet sur le terrain de baseball

Confronté à l’intransigeance de la MLB et des franchises japonaises (NPB), le CIO avait choisi de retirer le baseball du programme olympique au lendemain des Jeux d’Athènes. Les deux Ligues les plus puissantes du Monde « ne voulaient pas modifier le calendrier de leur saison, qui dure de mars ou d’avril à octobre », éclaire Collet. « Le CIO trouve anormal que la MLB n’accepte pas de lâcher ses meilleurs joueurs alors que la saison bat son plein. Par contre, elle autorise un tournoi olympique de football où ne viennent que les moins de 23 ans… », tonne Gaétan Alibert. « Lorsque l’on sort du programme olympique, on ne sait jamais quand on y retourne. On se bat pour faire progresser les joueurs donc ce serait une belle récompense d’y revenir, affirme Lesfargues, ancien international français. Tout sportif de haut niveau se bat pour un jour participer aux Jeux. »

MLB et NPB jouent un double jeu

Interrompu par les clameurs de la foule saluant un home run, « plus beau coup du baseball », l'ex-membre de l'équipe de France poursuit son réquisitoire en faveur des Jeux Olympiques : « C’est une vitrine exceptionnelle. Le World Baseball Classic (WBC) ou le Mondial sont de gros évènements mais la couverture médiatique des JO est sans équivalent. » Outre ce manque d'intérêt des médias, l'absence du baseball au programme olympique l'empêche « de se faire une place dans le paysage du sport français », juge François Collet. Sans oublier que « l'accompagnement et les aides du ministère sont bien moins importantes. En étant aux Jeux, tu es identifié sport de haut niveau », rappelle Boris Rothermundt. « Etre aux JO nous apporterait de la crédibilité niveau grand public, collectivités locales et sponsors privés afin de développer nos infrastructures, abonde Gaétan Alibert. Cela nous ferait sortir de la confidentialité et prouverait que ce n’est pas un sport confiné aux Etats-Unis. »

Une image erronée dont le baseball a du mal à se défaire. « C’est un sport trop restreint géographiquement, tranche Quentin dans les tribunes du stade Pershing. Seuls les Nords-Américains sont concernés. » Venu accompagné un ami pratiquant, le jeune homme de 24 ans est plutôt réticent à l'idée du retour de cette discipline aux JO. Un avis que ne partage pas Maxence, 25 ans : «  Les JO servent à mettre en lumière les sports mineurs, dont le baseball. Cela pourrait aider ce sport à se développer en France. »

Pour pallier au manque d'exposition du baseball suite à son retrait des Jeux, la MLB et la Fédération internationale de baseball ont créé le WBC, compétition mondiale dont la dernière édition a réuni 28 pays. L'Amérique Latine et une partie de l'Asie converties à son sport, la Ligue américaine souhaite désormais s'ouvrir à de nouveaux marchés. « Aujourd'hui, la MLB soutient la WSBC. Même s'ils ont un championnat suffisamment attractif, les Américains ont compris que les JO étaient nécessaires pour développer le baseball dans de nouveaux pays », croit Gaétan Alibert. Huitièmes des derniers championnats d'Europe, l'équipe de France peine à décoller. Avant de trouver le «Tony Parker du baseball » comme l'appellent en cœur Rothermundt et Lesfargues, tous les acteurs du baseball français attendent un coup de pouce du CIO. Pour imiter le handball, sorti de l'ombre grâce à sa médaille de bronze aux Jeux de Barcelone 1992.

Jerome Carrere