Marion Bartoli
Marion Bartoli le poing rageur | AFP - ALEXANDER KLEIN

Bartoli mieux que Cornet

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Dans le désert du tennis féminin français, on se raccroche à tous les signes positifs. Marion Bartoli est apparu bien sèche mais s’est qualifiée pour le 3e tour aux dépens de Olga Govortsova. Alizé Cornet a perdu face à Nuria Llagostera Vives sans verser une larme. Qu’il est chaud ce printemps…

Le tirage est, on le sait, délicat pour Marion Bartoli. Avant d’en découdre avec l’Allemande Julia Goerges puis éventuellement avec l’Australienne Stosur et la N.1 mondiale Wozniacki, la Corse se devait de passer le cap des deux premiers tours sans encombre. Bartoli est bien au rendez-vous mais n’a pas vraiment convaincu ses fans. La N.1 française, tête de série 11 à Roland-Garros, a mieux démarré son 2e tour que le premier (victoire 1-6, 6-2, 6-1 face à Tatishvili). Ce sera la seule certitude de la Corse avant un chassé-croisé avec la Biélorusse, issue des qualifications, qui se terminera par un 4-0 (6-4). Bartoli avait beau faire la course en tête dans le 2e set, jamais elle n’arrivait à se détacher. Le match se résumait à des beaucoup trop de fautes concédées des deux côtés (25 pour Bartoli et 36 pour Govortsova). Bien plus entreprenante que Bartoli, sans stratégie sinon frapper les yeux fermés, Govortsova arrachait logiquement le deuxième set au jeu décisif 7-1. Le spectre d’une élimination précoce frappait à la porte d’Auteuil… Heureusement, Bartoli montait elle aussi au créneau. Son salut passait par là. Bien plus présente dans l’échange, n’hésitant plus à conclure au filet, la Corse changeait de tactique et poussait la Biélorusse à la faute. Le poing rageur, elle trouvait la clé pour s’imposer 6-2 en 2h55. Mais que de temps perdu.

Après un premier tour prometteur, on osait croire à une résurrection d’Alizé Cornet. L’ascension a été de courte durée pour la Niçoise, incapable de prendre un jeu à l’Espagnole Nuria Llagostera Vives dans le premier set. Sans doute crispée par l’enjeu, Cornet a quasiment rendu les armes avant de combattre. « J’étais juste un peu stressée, juste comme il faut. J'ai surtout joué beaucoup trop court. Je me suis battue comme une diablesse, comme d'habitude, mais je ne l'ai pas gênée du tout. Elle jouait un mètre à l'intérieur du court et m'a agressée de bout en bout. » Indigente au service (8 doubles fautes), elle a toutefois offert le match à son adversaire, certes solide mais pas imprenable. La Niçoise a stoppé l’hémorragie en début de deuxième manche mais sans donner l’impression de renverser la vapeur. Cornet, qui abordait ce tournoi en ayant gagné un seul de ses sept derniers matches, a fini par céder 6-0, 6-2 en 1h25. Un retour sur terre assez logique finalement et qui confirme les grandes difficultés du tennis féminin tricolore. « 6-0, 6-2, c'est cher payé, retient la Française. Je n'ai quand même que 21 ans. Je ne vais pas me déclarer morte à 21 ans, ce serait triste. Je ne dis pas que ce sera facile de revenir dans le Top 20 ou 30. Mais si j'arrive à me lâcher en match, c'est possible. J'ai définitivement besoin de confiance et de repères. J'ai besoin de temps, ce n'est pas la fin des haricots. » Et comme le gazon n’est pas la tasse de thé de Cornet, la jeune pousse n’est pas prête de grandir…

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