Marion Bartoli
Marion Bartoli | AFP - Gabriel Bouys

Bartoli-Kuznetsova, la chance à saisir

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Avec un tableau féminin totalement sinistré par les éliminations de Wozniacki, Clijsters, Zvonareva, Stosur, les cartes des favorites ont été rebattues. Et dans ce jeu incertain, Marion Bartoli (N.11) voit sa côte remonter, elle qui, pour son premier quart de finale à Roland-Garros, affrontera Svetlana Kuznetsova (N.13). La Russe a remporté deux de leurs trois duels, mais les deux joueuses ne se sont jamais affrontées sur terre-battue.

C'est certainement la plus Française des Russes. Grande amie d'Amélie Mauresmo avec qui elle faisait équipe en double sur le circuit, Svetlana Kuznetsova a adopté une partie de l'encadrement de l'ancienne N.1 française, étant entraînée un temps par Loïc Courteau et ayant toujours Jérôme Bianchi comme préparateur physique. Si elle a quitté le Top10 depuis quelques temps, si elle atteint pour la première fois un quart de finale dans un Grand Chelem depuis sa victoire ici-même en 2009, la Russe demeure une redoutable adversaire, une vraie compétitrice et un talent. Puissante, expérimentée, elle a bénéficié d'un parcours assez facile depuis le début de ces Internationaux de France, mais quand il lui a fallu hausser son niveau de jeu pour se défaire de Daniela Hantuchova (N.28) en 8e de finale, elle l'a fait pour s'imposer en trois manches après avoir perdu le 1er set au jeu décisif. "Si je devais choisir un court pour jouer contre Bartoli, c'est la terre battue, parce que je ne pense pas que ce soit sa meilleure surface", estime l'ancienne N.2 mondiale. "En plus nous jouons en France, je sais que Marion aura beaucoup de soutien. Mais je me sens bien, je joue bien, donc j'attends avec impatience de la jouer. Ce qu'il faut c'est que je joue mon jeu."

Déjà finaliste à Wimbledon en 2007, quart de finaliste à l'Open d'Australie en 2009, c'est la première fois que Marion Bartoli accède à un quart de finale à Roland-Garros. "La médiatisation de faire un quart de finale ici, à Roland Garros, est plus importante même si en faisant la finale à Wimbledon j'avais une grosse exposition médiatique", avoue-t-elle. "Mais dans mon cœur, être en quarts déjà, dans mon Grand Chelem, chez moi, à Roland Garros, ça veut dire énormément. Mon rêve d'enfance a toujours été de jouer la finale à Roland Garros et je ne suis plus qu'à deux matchs de ce rêve ; ce serait extraordinaire de jouer la finale ici. Même si les matchs vont être de plus en plus durs et la compétition de plus en plus difficile, la place dans mon cœur de Roland Garros est vraiment extrêmement spéciale. Même si les autres quarts étaient de grands événements, pour moi, ici, cela reste encore au-dessus." Allégée cette saison de quelques kilos, elle a retrouvé une vitesse de déplacement plus conforme au haut niveau, et surtout qui lui permet de prolonger les échanges et les bras de fer en fond de court. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si la tête de série N.11 s'est sortie de ses trois premiers tours en trois manches, apportant la preuve que sa condition physique est au beau fixe. Chance supplémentaire pour son quart de finale, l'abandon de Gisela Dulko dont elle a bénéficié en 8e de finale, après un premier set finalement accroché alors qu'elle menait 5-2. Les voyants paraissent donc être au vert pour la native du Puy-en-Velay, et sa chance est énorme d'accéder au moins au dernier carré de ces Internationaux de France, voire succéder à Mary Pierce, dernière Française victorieuse ici en 2000.