Marion Bartoli
Marion Bartoli, tête basse et moral en berne | AFP - PATRICK KOVARIK

Bartoli enterrée par Schiavone

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Hormis le premier jeu du match où elle a réalisé le break sans concéder le moindre point, Marion Bartoli n'a jamais donné l'impression de pouvoir battre Francesca Schiavone. La Française, tête de série N.13, a été éliminée sans ménagement par l'Italienne 6-2, 6-1. La Transalpine affrontera en 8e de finale la N.3 mondiale, Victoria Azarenka.

On parle souvent de comedia del arte avec les Italiens. Mais dans le match entre Francesca Schiavone et Marion Bartoli, ce n'est pas dans le camp italien qu'il fallait la chercher. Entre la N.1 française et son père, son entraîneur et mentor, le lien est quasi constant, presque permanent. La joueuse passe son temps à regarder l'homme qui l'a mené au plus haut niveau mondial, cherchant tantôt à se rassurer, tantôt à se remotiver. Ces regards indiquent aussi la fluctuation de ses émotions, ils reflètent son état d'esprit.

Et sur le court Suzanne-Lenglen, face à celle qui a été couronnée à Paris en 2010, d'une franche motivation, ses yeux sont passés à l'incrédulité, à la recherche d'une solution, puis à la résignation. Il faut dire que Marion Bartoli a affronté une joueuse au sommet. Hors du coup pendant une bonne partie de la saison (hormis sa victoire sur la terre de Marrakech), l'Italienne, habituée des montagnes russes, était sur la bonne pente. Avec sa variation d'effets, de hauteurs, et de coups, la 50e mondiale a tout simplement donné une leçon à son adversaire, qui n'a jamais pu la faire reculer, la bousculer. On a bien cru que les deux joueuses avaient échangé leur classement à la WTA.

Visiblement entamée physiquement par l'enchaînement des rencontres, la tête de série N.13 n'a pas pu dicter son jeu, son rythme. Contrée, c'est au contraire elle qui a dû courir après les balles, couvrir le terrain dans sa largeur, tenter d'éteindre un incendie qu'elle n'a jamais maîtrisé. Certes, il y a eu des jeux disputés, mais la Française n'a mené qu'une fois dans ce match, à l'issue du premier jeu de service offert par l'Italienne (1-0). Et les jeux ont défilé, Bartoli n'ayant que deux balles de jeu en tout et pour tout dans ce premier set, conclu après 38 minutes de match. La deuxième manche a démarré encore plus mal pour la 13e mondiale, qui a cédé son engagement sur un lob du bout de la raquette de l'Italienne (2-0), provoquant un regard désespéré de Marion vers son clan.

Schiavone encore candidate à la victoire

Dans la tribune, loin derrière Walter Bartoli, Alexandra Fusai, responsable du haut niveau féminin, Amélie Mauresmo, capitaine de Fed Cup, Arnaud Di Pasquale, futur Directeur technique national, voyaient le leader du tennis féminin tricolore sombrer. Elle qui n'a pas vu la moindre demi-finale depuis le début de la saison ne va pas encore recouvrer une grande confiance. Après deux essais infructueux avec d'autres entraîneurs, Marion Bartoli, revenue avec son père, va peut-être continuer à se poser bien des questions.

"Je ne m'attendais pas à faire un match aussi pourri. A un moment donné, je ne savais plus quoi faire, j'hésitais sur chaque balle et ça devenait pénible. J'aurais pu faire vider le stade tellement c'était nul ! ", a constaté la N.1 Française. "Je paye le manque de matches depuis le début de l'année. Avec un jour de repos, je serais peut-être mieux repartie mentalement, gérer deux gros efforts de suite m'a posé un problème, a-t-elle ajouté à l'issue du match.

En 2011, Francesca Schiavone avait éliminée la Française en demi-finale ici-même, mettant fin à son rêve. Là, elle a maintenu la Française dans un début de saison très décevant. Mais lorsqu'elle joue comme cela, avec une palette de coups infinis, l'Italienne redevient une candidate à la victoire à Roland-Garros.

Vidéo: les derniers échanges et la réaction de Bartoli après le match

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