Sashina Vignes-Waran
Sashina Vignes-Waran | Maxppp

Vignes-Waran fait honneur à la France

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A peine naturalisée, Sashina Vignes-Waran a d’ores et déjà conquis le public tricolore lors des Internationaux de France, où elle est la seule rescapée en huitièmes de finale. Cette Malaisienne d’origine fait partie de ces exemples d’intégrations réussies, avec une histoire assez particulière.

Arrivée en France en 2004 avec sa sœur Teshana alors qu’elle n’avait que 16 ans, la jeune Sashina a rapidement fait parler d’elle grâce à la pratique du badminton. Il faut dire que le badminton est très prisé en Malaisie, et les Malaisiens font partie des tout meilleurs joueurs du monde avec les Chinois, les Indonésiens et les Coréens. Après avoir effectué plusieurs demandes de naturalisation depuis 2006, Sashina a finalement reçu son passeport français en août de cette année, tout comme sa sœur. Et comme le stipule la loi en vigueur depuis le 1er juillet 2002, elle peut désormais représenter la France lors des événements internationaux.

Alors qu’elle était 33e joueuse mondiale, elle aurait pu disputer les derniers Jeux olympiques de Londres pour les couleurs de la Malaisie, mais l’athlète de 25 ans a préféré attendre et rester sous le drapeau français, affirmant n’avoir « aucun regret ». Championne de France par équipes avec son club de toujours, à savoir l’ASPTT de Strasbourg, Sashina entend bien s’illustrer lors des actuels Internationaux de France, avant de se préparer pour la prochaine échéance, à savoir les Championnats d’Europe, début 2014 et bien sûr en ligne de mire, les qualifications pour les JO de Rio en 2016. « Je dois me concentrer sur chaque tournoi, et obtenir des bons résultats. C’est important pour ma préparation », a indiqué la jeune femme.

L’héritière de​ Pi

L’histoire de Vignes-Waran rappelle celle de Hongyan Pi, Chinoise naturalisée française et qui a énormément apporté au badminton tricolore, permettant notamment à la France de passer du 40e rang mondial au Top 20 (16e à ce jour). "Hongyan nous a montré le chemin pendant 10 ans. Elle a été un atout majeur », avait résumé Jean-Marc Pocholle, alors Directeur technique national. S’il se développe à son rythme dans l’hexagone, le badminton connaît surtout une ascension fulgurante au sein des établissements scolaires, où il est carrément devenu le sport scolaire N.1, devant l’athlétisme.

Après Pi, la Fédération française de badminton compte beaucoup sur Sashina Vignes pour développer encore un peu plus son sport. Pour son premier match officiel en tant que Française, elle a plutôt fait honneur à son maillot, en éliminant la Bulgare Linda Zetcheri (21-17, 21-16),  pourtant mieux classée qu'elle (37e). Sashina s’est d’ailleurs empressée d’exprimer sa joie sur les réseaux sociaux. « Ce match était un match très particulier pour moi puisque j'ai joué pour la première fois en tant que Française pour mon pays. Et j'ai gagné pour mon pays. Je tiens également à remercier mon public français pour votre soutien », a-t-elle écrit. La N.1 française doit à présent affronter en huitième de finale une très coriace adversaire, la Chinoise Wang Shixian, 7e mondiale, ou sa compatriote Sun Yu. Quoi qu’il arrive, le badminton français tient sa nouvelle perle.

Vidéo: Vignes-Waran, la N.1 française
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Vidéo: Portrait de Sashina Vignes-Waran

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Romain Bonte