aviron Eric Murray et Hamish Bond
Les Néo-Zélandais Eric Murray et Hamish Bond | AFP

Murray et Bond doublent la mise

Publié le , modifié le

Les Néo-Zélandais Eric Murray et Hamish Bond, déjà vainqueurs vendredi du deux avec barreur, ont récidivé en remportant le deux de pointe des Championnat du monde d'aviron, samedi à Amsterdam. Les champions olympiques en titre et quadruple champions du monde ont écrasé la concurrence comme ils en ont l'habitude devançant les Britanniques James Foad et Matt Langridge de plus de quatre secondes.

La fatigue du cumul des épreuves, "redoutée" par Murray, n'aura donc pas  pesé. "C'est un beau défi car ce n'est pas évident au niveau de la récupération.  Mais on prend beaucoup de plaisir malgré la météo difficile", avait indiqué  Bond vendredi soir. Les deux rameurs détiennent ensemble le record du monde du deux de pointe  sans barreur sur 2000 m en 6 min 08 sec (réalisé sur le bassin d'Eton durant  les jeux Olympiques d'été à Londres). Ils n'ont échoué qu'à une seconde de ce  record samedi. La Nouvelle-Zélande qui s'est aussi imposée au deux de pointe poids légers  féminin (avec Sophie Mackenzie et Julia Edward) a été l'une des nations  dominantes d'une journée également favorable à la Grande-Bretagne.

Confirmation britannique

Attendu au quatre de pointe avec leur meilleur bateau, les Britanniques  n'ont pas déçu. Grands spécialistes de l'épreuve, Alex Gregory, Mohamed Sbihi,  George Nash et Andrew Triggs ont devancé les Etats-Unis de près de trois  secondes. La Grande-Bretagne reste bel et bien l'ogre du quatre de pointe. La surprise du jour est venue du deux de couple où les Sud-Africains James  Thompson et John Smith ont battu les Français Jérémie Azou et Stany Delayre de  neuf centièmes de secondes. Ces derniers étaient les grands favoris de l'épreuve.

Mais les doubles champions d'Europe, invaincus cette saison, ont été  pénalisé par une mauvaise ligne d'eau, la "4", en position centrale réservée  aux meilleurs chronos des demi-finales. Malgré le vent soufflant assez fort  samedi, les trois juges du comité d'équité ont estimé que les six équipages  partaient sur un pied d'égalité.

"Hold-up du siècle"

Or il est apparu pendant la course que la ligne 1, réservée aux moins  performants des demies, était nettement moins soumise aux turbulences que les  lignes centrales. "C'est un peu le hold-up du siècle. Les juges devaient changer les lignes",  entendait-on du côté du président de la Fédération française, Jean-Jacques Mulot. Abattus à l'arrivée, Azou et Delayre n'ont pourtant pas souhaité polémiquer. "Je préfère ne pas y penser, cela remuerait le couteau dans la plaie. On a  assez mal comme ça", a lancé Jérémie Azou, estimant "avoir fait une bonne  course malgré une petite erreur à la fin".

"J'ai du mal à avaler cette défaite. On fait une grosse saison mais on perd  la course la plus importante", a embrayé Stany Delayre, revenu au plus haut  niveau après une grave blessure il y a un an. Le rameur de Bergerac s'était brisé trois vertèbres lors d'un choc avec un  autre bateau lors d'un entraînement. "C'est vrai que si on m'avait dit il y a un an que je décrocherait l'argent  ici, j'aurais signé. Mais, ça ne me console pas. C'est vraiment très dur à  avaler...", a encore regretté le rameur, 4e des JO de Londres avec Azou il y a  deux ans.

AFP