Tréluyer : "J'espère faire le WEC"

Tréluyer : "J'espère faire le WEC"

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Vainqueur des dernières 24 Heures du Mans avec l'Audi R18 TDI, Benoît Tréluyer sera de retour dans la Sarthe en 2012 avec le constructeur allemand. Certainement au volant d'une voiture hybride avec ses compères Lotterer et Fassler. L'Alençonnais fait confiance à Audi pour produire une nouvelle LMP1 gagnante. En revanche, il attend toujours de savoir s'il participera au championnat du monde ou seulement à deux courses.

Question : Benoît, la guerre de l'hybride est déclarée ?
Benoît Tréluyer : "Oui, on a des voitures hybrides engagées mais le programme n'est pas complètement figé. C'est agréable de voir qu'on viendra au Mans avec quatre voitures, deux hybrides et deux normales. C'est une situation -safe- pour Audi. Est-ce que ce sera la guerre ? Je ne sais pas. Je ne l'espère pas mais juste une belle bagarre entre équipes professionnelles."

Q : Un diesel-hybride, c'est un gros pari technologique
BT : "Oui mais la différence se fera encore entre le diesel et l'essence. La technologie de l'hybride, on verra qui l'utilise le mieux. Ce n'est pas simple et pour en tirer un bénéfice maximum il faudra travailler dur. Je fais confiance à Audi. Ils ont une façon de travailler qui leur permet d'être performants à chaque fois. Je suis assez confiant."

Q : Vous avez une préférence ?
BT : "Honnêtement non. Pour l'instant je suis dans le vague. On verra. Il y a des avantages et des inconvénients. Ça fait du poids en plus. Ça donne de la puissance en plus à partir d'une certaine vitesse qui peut perturber. Ce n'est pas spécialement agréable pour un pilote. Je me suis fait énormément plaisir dans la R18 traditionnelle et ça ne me déplairait pas de la conduire. Bien sûr, si je sens qu'il y a un avantage avec l'hybride, je préférerai rouler dessus."

Q : Le bénéfice de l'hybride, c'est la performance ou la consommation ?
BT : "L'objectif de tout le monde est la consommation du fait que le nouveau règlement retire cinq litres d'essence dans le réservoir (60 contre 65). Avec l'hybride, on n'est même pas sûr de les combler. Maintenant, le projet n'est pas assez avancé pour dire s'il y aura un vrai gain en performance. Oui il y a un coup de boost pendant un court moment mais i faut savoir l'utiliser. Pour le moment, on ne sait pas grand-chose. Les pilotes roulent et les ingénieurs s'occupent des datas. J'ai appris aujourd'hui qu'il y avait deux hybrides au Mans (entretien réalisé le jour de la présentation des 24 Heures du Mans 2012 le 2 février dernier)."

Q : Quel sera votre programme avec Audi ?
BT : "Je ne sais pas si je ferai le WEC, il n'y en a que deux qui sont sûr de rouler pour l'instant. Je suis certain de faire Le Mans et Spa. Il y a de grandes chances que je roule avec André (Lotterer) et Marcel (Fassler). Il n'y a aucune raison de changer l'équipage qui a gagné, d'autant qu'on a émis le souhait de rouler ensemble."

Q : Le Japon, c'est vraiment fini ?
BT : "Quoi qu'il arrive, j'ai fait le choix d'arrêter. J'étais en balance mais Nissan avait besoin d'une réponse. J'espère faire le WEC car ça m'embêterait de passer d'un gros programme à deux ou trois courses. Je suis open !"

Q : Que pensez-vous de votre future rivale la Toyota TS030 ?
BT : "Je l'ai vue. J'ai même regardé des vidéos. C'est une jolie voiture. Ils semblent avoir quelques problèmes avec l'antipatinage. Honnêtement, la voiture a l'air assez saine pour un premier jet. Ça risque d'être un bon concurrent. On s'y attendait. Maintenant, c'est difficile de juger comme ça sur des vidéos et des photos. Ils ont repris la philosophie d'Audi au niveau de la bulle et un peu de la Peugeot sur les aérations. Le cockpit est assez reculé et ça pourrait poser des problèmes de visibilité. Mais le plus gros problème reste les passages de roue."

Xavier Richard @littletwitman