Sébastien Ogier Polo Volkswagen
Sébastien Ogier sous les projecteurs | FRANCOIS BAUDIN / AUSTRAL / DPPI media

Un Rallye de Pologne taillé pour Ogier

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De nouveau au programme du championnat du monde des rallyes, l'épreuve polonaise semble parfaitement correspondre au style de pilotage de Sébastien Ogier. Sur un tracé privilégiant les grosses attaques, le Français aura l'occasion de creuser encore un peu plus son avance en tête du championnat du monde.

"Seules les semelles de plomb ont une chance de s’imposer dans les prochaines épreuves" pronostique Jost Capito, Directeur de Volkswagen Motorsport. "Avec la Pologne, puis la Finlande, voici venir la période des rallyes hyper rapides en WRC". Une aubaine pour Sébastien Ogier, jamais aussi à l'aise que lorsqu'il faut écraser la pédale d'accélérateur. Car lorsque les moyennes flirtent avec les 140 km/h, ce n’est plus seulement une question de puissance des machines qui entre en jeu, le courage et l'adresse du pilote peuvent créer de réelles différences.

"J’adore les rallyes de vitesse pure ! Les montées d’adrénaline, c’est vraiment mon truc. Fantastique". Sébastien Ogier, on l'a compris, est fan de cette épreuve, de retour en WRC depuis 2014 après avoir remplacé le Rallye de Grèce. Cependant, le Gapençais se garde bien de trop tirer des plans sur la comète. "La terre sur laquelle nous allons rouler en Pologne est assez différente, et le profil du parcours n’a rien à voir avec celui des dernières épreuves disputées", fait observer le pilote Volkswagen. "Ici les trois-quarts du tracé ont changé par rapport à l’an dernier, et la majeure partie de ce qui reste sera courue en sens inverse. Nous allons tous être confrontés à la nouveauté et mis sur un pied d’égalité. Chacun va pouvoir montrer de quel bois il se chauffe, et ça me plait".

Ogier : "Il va falloir mettre le pied dedans"

Le leader du championnat du monde, s'il venait à l'emporter, porterait un coup fatal si ce n'est décisif, à la meute de ses poursuivants. Avec respectivement 66, 69 et 77 points d'avance sur Ostberg, Mikkelsen et Latvala, Ogier peut voir venir. Mais, à mi-saison, l'occasion est trop belle d'asseoir encore un peu plus sa suprématie. Pour le Français, la menace, sur les routes piégeuses du Nord de la Pologne, pourrait venir de son coéquipier Andres Mikkelsen. "J’ai pris énormément de plaisir l’an passé en Pologne et j’ai signé une belle performance en terminant second, même si je n’ai pas remporté le duel face à Sébastien Ogier. Il y a une chose qui compte en Pologne : la vitesse. A 136,88 km/h, j’ai signé la spéciale la plus rapide de l’histoire de la Polo R WRC en 2014", jubile le golden boy norvégien. Ogier, compte tenu de son avance, pourrait gérer mais ce n'est pas dans le caractère du bonhomme. Il prévient : "Je veux aussi gagner en Pologne. Et pour ça, il va falloir mettre le pied dedans."

Même larguée par les Polo au classement constructeurs, la concurrence s'organise. Hyundai, qui avait complété le podium avec le Belge Thierry Neuville, s'est  donné les moyens de bien faire cette année en engageant une quatrième voiture  aux mains du Néerlandais Kevin Abbring. Ce pilote de 26 ans a déjà remporté la  catégorie JWRC de ce rallye il y a quelques années et entamera en Pologne un  programme de quatre manches WRC. Abbring sera donc épaulé par le "héros" de la  Sardaigne, le Néo-Zélandais Hayden Paddon, et par Neuville, tous deux sur le  podium d'Alghero il y a deux semaines. Les Hyundai i20 - une quatrième sera confiée à l'Espagnol Dani Sordo -  bénéficieront en outre d'une évolution moteur afin notamment de venir titiller  les Citroën qui les devancent de seulement deux points au classement général  constructeur. Au volant de la DS3, Kris Meeke, 7e et premier pilote de la marque aux  chevrons l'an dernier après le tonneau de Mads Ostberg (ES14), a une belle  opportunité de se mettre en évidence. Le Britannique, qui aura l'avantage de  partir en 7e position, place qu'il occupe au Championnat, estime que "ces  routes réclament de l'engagement et du courage."

Julien Lamotte