Sébastien Ogier (à droite) et son co-pilote, Julien Ingrassia
Sébastien Ogier (à droite) et son co-pilote, Julien Ingrassia | AFP - ALFREDO ESTRELLA

Ogier, sur les traces de Loeb

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En remportant dimanche au Mexique son deuxième rallye de la saison, Sébastien Ogier a confirmé que le costume de patron du WRC lui allait comme un gant. L'ancien coéquipier de Sébastien Loeb semble rouler sur les traces de son aîné.

Un Sébastien peut en cacher un autre. Après neuf années de domination sans partage de Loeb, le WRC pourrait bien tomber sous une nouvelle ère Ogier. Il est encore trop tôt, il est vrai, pour faire ce type de comparaison, mais le début de saison du pilote Volkwagen (Polo) propose son lot de similitudes avec son prédécesseur. En trois weekends de compétition, le Gapençais guidé par Julien Ingrassia a remporté deux succès, en Suède et au Mexique en plus d'une deuxième place lors du rallye inaugural de Monte-Carlo. Une quasi-razzia. Le WRC se serait-il trouvé un nouvel ogre sitôt après avoir vu se retirer l'ancien ?

Cette réussite en tout cas a de quoi logiquement le propulser comme favori du championnat 2013. Au volant de sa Volkswagen, développée méticuleusement l'année dernière, le pilote de 29 ans semble clairement avoir un train d'avance sur la concurrence. "Ca pousse, commentait Thierry Neuville (3e de l'épreuve) à propos de la Polo. J'étais derrière Ogier au départ d'une super spéciale où il était opposé à Mads Otsberg (Fiesta) et il l'a semé sur les cinq premiers mètres. Même nous, pilotes, nous nous sommes régalés à voir ça". Oui, la voiture de la firme allemande est bien née, mais elle n'explique pas seule la domination d'Ogier. C'est en tout cas ce que défend Malcolm Wilson, le patron de M-Sport. "La Polo marche bien, mais elle n'est pas non plus hors d'atteinte. La preuve, Mats Otsberg a battu Ogier sur certaines spéciales. Pour moi, la réussite actuelle de Volkswagen doit davantage à Ogier qu'à la Polo."

"C'est sûr qu'on est au-dessus du lot"

Ogier sera-t-il sans concurrence tout au long de la saison ? On l'a vu à Monte-Carlo et en Suède, seul Sébastien Loeb (Citroën) semble en mesure de lui donner la réplique. Problème : leurs affrontements, aussi intenses soient-ils, ne sont malheureusement que sporadiques, Loeb ayant décidé de ne disputer que quatre ou cinq épreuves cette saison. Il faudra d'ailleurs attendre le rallye d'Argentine (1-4 mai) pour revoir les deux hommes croiser le fer. D'ici là, Ogier a l'horizon bien dégagé pour s'envoler au classement des pilotes.

Avec 28 points supplémentaires d'engrangés pendant le weekend (rallye + power stage), la marge de manoeuvre d'Ogier en tête du championnat est déjà confortable. Le seul véritable souci qu'il a connu au Mexique fut ce moment de surprise, où il s'est retrouvé sur un piste bloquée par une barrière. Un incident qui lui a fait perdre une quarantaine de secondes avant d'être déduit par les commissaires de course. Il y eu également ce souci avec le capteur de la pédale d'accélérateur de la voiture. Un autre avertissement sans frais."Pour l'instant, c'est sûr que nous sommes au-dessus du lot, concède Ogier, mais il ne faut pas qu'on se relâche. Les séries de malchances peuvent arriver. On a vu par le passé, même quand "Seb" (Loeb) dominait vraiment, en 2009, qu'un championnat bien entamé pouvait se jouer sur le fil. Donc quand les points sont prenables sans trop de risques, autant faire le plein."

Faire le plein, sans prendre trop de risque, Ogier a bien assimilé la méthode Loeb. Reste à savoir maintenant s'il affichera la même régularité que l'Alsacien durant la saison. En 2009 justement, Loeb avait remporté les cinq premiers de l'année (de l'Irlande à l'Argentine) avant de voir son avance fondre. Ogier serait-il capable d'une telle série ? Ce serait un sacré clin d'oeil à l'histoire.