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Sébastien Loeb en conférence de presse | AFP - JOHANNA LEGUERRE

Loeb : "Le scénario idéal"

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Champion du monde pour la septième fois d'affilée sous les yeux de son public, Sébastien Loeb en avait rêvé. C'est devenu réalité dimanche au terme d'une rallye d'Alsace de haute volée. Très ému par le soutien du public, le pilote Citroën a vécu une semaine de folie.

Q : Gagner le rallye et le titre chez vous en Alsace, vous ne pouviez rêver mieux ?
R : “Oui, c’était le scénario idéal. Je sortais d’un rallye du Japon pourri. Je ne réussis jamais trop là-bas mais ça nous a mis un bel objectif pour ici. Si je gagnais le rallye, je gagnais le championnat également. Et tout ça se terminait à Haguenau dans ma ville natale. L’ensemble de tout cela plus les spectateurs, ça me mettait un énorme pression. Je suis arrivé ici en grand favori sans connaître réellement les spéciales. Il y a avait un grosse attente et un gros challenge. Au finale, ça ne pouvait pas être plus beau.”

Q : Sept titres de rang, vous réalisez que c’est un grand moment ?
R : “C’est un grand moment parce que ça s’est fait comme ça, ici. Sept de suite, ça ne s’est jamais fait en sport auto mais je ne cours pas après les records. Ce n’est pas ça qui me fait vibrer mais plutôt les moments que je vis. De ce point de vue là, en Alsace, c’était vraiment extraordinaire.”

Q : Le public aussi a répondu présent
R : “Ca m’a touché et surpris. Je m’attendais à avoir l’appui du public chez moi en Alsace mais en m’imaginant le rallye d’Allemagne. Comme c’était la première fois, peut-être qu’il y aurait moins de monde que là-bas. Finalement c’était hallucinant car il y avait du monde partout, dans les spéciales, les liaisons, à l’assistance, au podium. Dans les spéciales, on n’a pas trop le temps de regarder mais en liaison c’était vraiment magique de voir tout le monde dans les rues, des gamins en poussette jusqu’aux anciens. C’était vraiment super !”

Q : Malgré tout, ce n’était pas trop pesant cette pression sur vos épaules devant votre public ?
R : “J’ai essayé de me protéger. Je savais que ça allait prendre de l’ampleur mais il fallait que je prépare ma course, que je discute avec mes ingénieurs, que je mange, etc. Je ne pouvais pas passer ma nuit à signer des autographes. Donc je suis allé voir le public quand c’était possible et je suis resté dans ma bulle quand il fallait le faire. J’étais un peu stressé hier avant le départ de la plus longue spéciale, surtout avec des conditions très piégeuses, notamment de la boue sur 35 kilomètres. Il ne fallait pas perdre plus de trente secondes et rouler.”

Q : C’est le plus beau jour de votre carrière ?
R : ”Je ne peux pas dire que c’est plus fort qu’en Corse en 2004. C’était mon premier titre mondial, c’était en France, Citroën gagnait aussi le constructeurs. Alors le faire ici, c’est équivalent. Bien entendu, la spéciale d’Haguenau était un moment magique. Je gagne le rallye et le championnat à la maison. Ce n’est pas le plaisir que j’ai pris à conduire car j’ai conduit comme un papi. Trente-huit secondes d’avance sur quatre kilomètres, je devais pouvoir les tenir...”

Q : Pourquoi vous dominez le WRC comme cela ?
R : “Je n’ai pas d’explication. Sur asphalte je suis capable d’aller vite sans faire n’importe quoi. Au Japon, sans prendre de risque j’étais sixième. Ici, à part une ou deux chaleurs, je n’ai pas roulé au dessus de mon rythme et j’étais devant. Ca m’a aidé à reste zen.”

Q : Vous avez peur d’être un jour moins rapide que les autres ?
R : “Je ne redoute pas d’être un jour le moins fort. Tous les anciens champions du monde m’ont dit que ça allait arriver, qu’un jour ça irait moins bien. Si un jour je ne gagne pas, ce n’est pas grave. Je continue parce que j’aime ce que je fais. C’est le plaisir de rouler qui me tient.”

Q : Et la peur du danger ?
R : “j’ai toujours réfléchi aux dangers mais c’est sûr qu’après dix ans on réfléchit plus. A partir du moment où je suis maître de ce que je fais, de mon élément, il n’y a pas de problème.”

Q : Quel a été le plus coriace adversaire de votre carrière jusqu’ici ?
R : “En vitesse pure, je pense que c’était Marcus Gronholm qui était capable de faire des choses incroyables quand il dégoupillait. Hirvonen a été très constant l’an dernier. J’ai quand même l’impression que le championnat s’est resserré cette année. On n’est pas deux à se battre pour la victoire mais cinq.

Q : L’année prochaine vous ferez équipe avec Sébastien Ogier. Un beau défi.
R : “On verra. Ca risque d’être chaud par moment mais c’est la course.”

Q : Rejoindre Michael Schumacher avec sept titres mondiaux, ça vous inspire quoi ?
R : “Schumacher est une référence du sport auto mais ce sont deux disciplines différentes, la F1 et le rallye. En avoir autant que lui, ça ne veut rien dire. On ne peut pas comparer les deux. C’est comme mettre côte à côte foot et rugby.”

Q : Ce soir, vous avez prévu une petite fête entre amis ?
R : “Ca n’existe pas les petites fêtes...”

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