Sébastien Loeb
Sébastien Loeb | JOSEP LAGO / AFP

Loeb : "Ca fait bizarre"

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Le Français Sébastien Loeb (Citroën DS3), assuré d'un 8e titre mondial à la suite de l'abandon ce vendredi de son rival finlandais Mikko Hirvonen (Ford Fiesta RS) au rallye de Grande-Bretagne, a ensuite évoqué le goût "bizarre" de ce 8e titre dans plusieurs interviews. Tout en relativisant: "Il vaut mieux ne pas pouvoir fêter un titre tout de suite que ne pas pouvoir le fêter du tout, donc je ne vais pas m'en plaindre."

Q: Qu'est-ce que ça fait de remporter ce 8e titre dès le vendredi ?
R: "Ca fait bizarre, parce qu'on gagne le titre alors que le rallye n'est pas fini. On est en assistance, on va repartir au parc fermé (de Cardiff), puis repartir demain matin en spéciales. C'est quelque chose que je n'avais jamais vécu mais en tout cas c'est un grand moment. Tous mes titres ont toujours été différents et on prend celui-là avec plaisir, parce que la saison a été très disputée, tout se jouait ici, les conditions étaient piégeuses et il y avait une grosse pression. Il y a plusieurs titres qui se sont joués à rien et je placerai ce titre très proche de celui de 2009 (au pays de Galles, contre le même Hirvonen)."

Q: Comment avez-vous appris que vous étiez champion ?

R: "On ne croyait pas beaucoup qu'Hirvonen repartirait, et même s'il repartait nos chances de gagner le titre restaient importantes, à condition de ne pas en faire une. Dans la voiture, on entendait des rumeurs, par ma femme. On a appris qu'au niveau de la FIA il avait été dit qu'il ne repartirait pas, mais on attendait l'annonce officielle. On l'a appris au téléphone, par mon ingénieur, après la dernière spéciale du jour."

Q: Ce titre arrive plus tôt que prévu.
R: "Ca s'est décanté un peu plus tôt que prévu, et quelque part c'est un soulagement parce qu'au rythme où on roulait, il y avait de fortes chances pour que ça se termine par un KO, pour l'un ou l'autre. C'est lui, tant mieux pour moi. Rester sur la route quatre jours ici, dans ces conditions, cela n'aurait pas été facile. La preuve c'est qu'une petite faute d'+Hirvo+ le contraint à l'abandon. On peut aussi dire qu'il arrive plus tard que prévu, parce qu'en milieu de saison on avait une bonne avance qu'on a perdue en trois rallyes (ndlr: crevaison en Allemagne, sortie de route en Australie, moteur cassé en Alsace)."

Q: C'est embêtant de ne pas pouvoir le fêter ce soir ?

R: "Ce n'est pas grave. Il vaut mieux ne pas pouvoir fêter un titre tout de suite que ne pas pouvoir le fêter du tout, donc je ne vais pas m'en plaindre."

Q: Qu'est-ce que ça fait d'établir un nouveau record en sport auto ?

R: "On était ex-aequo avec +Schum+ (Michael Schumacher, 7 fois champion du monde de F1) et ça fait plaisir d'en avoir huit. Ce titre a une saveur particulière, parce que c'est un nouveau record, c'est spécial."

Q: Avez-vous douté cette saison ?

R: "J'y ai toujours cru et il fallait bien que la chance tourne un peu, à un moment, parce que ça devenait très tendu avant la Catalogne. C'est toujours resté possible, mon destin est toujours resté dans mes mains, je savais que j'étais maître du jeu. Il y a eu des moments de doute, même ce matin encore, mais finalement ça l'a fait."

Q: Allez-vous désormais viser une 4e victoire consécutive ici ?
R: "La priorité, c'était le titre, on l'a, donc le reste c'est secondaire. Il n'y a plus de pression, donc on verra comment on se sent samedi. Même cet après-midi, je roulais à moitié, car je ne voulais pas en faire une. Du coup, Latvala n'est plus qu'à une seconde."

Q: Qu'avez-vous pensé des performances d'Hirvonen depuis le début de ce rallye ?

R: "Il a été là, et même surprenant de vitesse, alors qu'il était régulièrement dominé par Latvala cette saison. Ca fera un bel équipier l'an prochain, et une belle bagarre interne."

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AFP