Sébastien Loeb
Sébastien Loeb | ADRIAN DENNIS / AFP

Les titres de Loeb-Elena à la loupe

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9 titres mondiaux consécutifs, 78 victoires, 116 podiums, c'est l'incroyable palmarès de Sébastien Loeb en WRC. L'Alsacien dépasse même en sport auto les sept titres de Michael Schumacher en F1 et égale ceux de Valentino Rossi en moto. Retour, sacre par sacre, sur son incroyable épopée au sommet de la discipline.

2004 : Premier sacre
Ô RAC ! Ô désespoir ! En novembre 2003, Sébastien Loeb doit remiser au placard son premier titre mondial. Citroën lui ayant intimé d'assurer le titre constructeurs, il assiste sans combattre au sacre de Petter Solberg. L'année suivante, l'Alsacien fait tout pour éviter de sacrifier son ambition au profit de son équipe. Son départ est tonitruant avec le Monte-Carlo et la Suède où il devient le premier non nordique à s'imposer. Le ton est donné et les premiers records tombent. Avec six victoires dans la saison (record égalé), Loeb rejoint Didier Auriol, seul pilote français sacré dix ans plus tôt avec Toyota. Malgré l'énorme talent de Loeb, personne ne peut se douter alors que la série va se prolonger pendant huit ans au minimum…

2005 : Loeb écrase tout !
Sous l'éteignoir en 2004, le monde du rallye n'a encore rien vu du rouleau-compresseur alsacien. Toute l'équipe de Guy Fréquelin se met au service de son champion et livre une partition remarquable. Le cœur de l'Armée Rouge sera comblé avec 10 victoires dont six consécutives. Et encore, Loeb a l'élégance de prendre volontairement une pénalité pour ne pas remporter le RAC endeuillé par le décès de Michael Park, le copilote de Markko Märtin. Il reporte son sacre au Japon avant d'écraser le Tour de Corse. Pendant trois jours, l'Alsacien survole la discipline en signant tous les scratches du rallye, un fait unique dans l'histoire du WRC.

2006 : Un titre en privé
La bataille à couteaux tirés entre Peugeot et Citroën laisse des traces dans le groupe PSA. Mais à la surprise générale, il n'y a pas une mais deux victimes. Peugeot se retire. Citroën marque une pause d'une année pour développer la C4 WRC. Citroën ne délaisse pas Sébastien Loeb pour autant et offre une aide technique au team privé belge Kronos Racing pour lui donner une chance de défendre son titre. Passé chez Ford, Grönholm remporte les deux premiers rallyes devant Loeb. Le Français réagit avec huit succès lors des dix manches suivantes et bat le record de victoires de Carlos Sainz (27). Sauf incident majeur, un troisième titre s'offre à lui. Peut-être en quête de sensation, le rallyeman s'adonne à la moto. Lors d'une sortie, il chute et se broie la tête de l'humérus droit (ndlr : Loeb parlera d'une chute en VTT pour ne pas froisser son employeur avant de révéler officiellement la vérité dans son autobiographie). A quatre manches de la fin, Grönholm peut encore lui ravir le titre. Loeb va s'en sortir grâce à une sortie de route du Finlandais en Australie. Il terminera le championnat avec un petit point d'avance.

2007 : La passe de quatre
Après une année "sabbatique", Citroën revient officiellement en WRC avec une nouvelle auto, la C4 WRC. Développée en partie quand Loeb était valide, la voiture s'avère compétitive d'entrée et sur toutes les surfaces. Vainqueur en ouverture sur l'asphalte glacée du Monte-Carlo, l'Alsacien récidive sur terre au Mexique. Battu d'un cheveu en 2006, Marcus Grönholm veut prendre sa revanche. Il profite d'une casse mécanique pour prendre le commandement du championnat et, pendant six mois, tenir la dragée haute à son rival. Mais les vieux démons du Finlandais reviennent à nouveau. Il craque au Japon et en Irlande. Loeb n'a qu'à assurer en Grande-Bretagne pour rejoindre Tommi Mäkinen dans la légende. Une 3e place au RAC et c'est chose faite.

2008 : Loebinen
En pleine possession de ses moyens et dans une équipe au sommet de son art, Sébastien Loeb prolonge son règne et s'attaque à tous les records de la planète rallye. De Monte-Carlo (record de victoires : 5) au RAC (premier succès), l'Alsacien touche toutes ses cibles ou presque. Surtout, il décroche enfin le Graal, un succès dans la Mecque du WRC, la Finlande. Loeb est le premier non nordique à s'imposer depuis 16 ans et la victoire de Carlos Sainz. Un nouveau surnom donné par le pilote de F1 Heikki Kovalainen s'impose : Sébastien "Loebinen". Au final, la concurrence est balayée presto. Loeb porte à onze son record de victoires sur une saison et devient le pilote le plus titré de l'histoire avec cinq couronnes.

2009 : Loeb – Hirvonen acte 1
Sur sa lancée, Sébastien Loeb démarre 2009 pied au plancher. Cinq succès lors des cinq premières manches, rien ne semble perturber la machine alsacienne. Cinq épreuves plus loin, ce n'est plus la même musique. Loeb et Elena connaissent la plus grande série noire de leur carrière. Crevaisons, fautes, pénalités, oubli d'homologation de Citroën, rien ne leur est épargné. Mikko Hirvonen a pris le relais et dispose de cinq points d'avance sur le Français à deux courses de la fin. Loeb repasse en tête après la Catalogne, notamment grâce à un coup de pouce de son coéquipier Dani Sordo qui sacrifie sa première place pour son leader. Revenu à un point du Finlandais, l'Alsacien est dans la peau du chasseur dans un RAC décisif. Sacré en Espagne, Citroën lui laisse le champ libre. En remportant 9 des 16 spéciales du rallye, Loeb décroche son sixième titre mondial consécutif.

2010 : A fond les ballons !
Comparée à l'année précédente, 2010 est une promenade de santé pour Sébastien Loeb. En s'adjugeant cinq victoires et quatre podiums, le Français est en mesure de remporter un nouveau titre dès le rallye du Japon. Si un certain Sébastien Ogier du Junior Team de Citroën pointe le bout de son nez en s'imposant au Portugal, le patron réalise un incroyable festival. Il porte même sa série de succès à huit sur le rallye d'Allemagne et double Grönholm, septuple vainqueur en Finlande. Attendu de pied ferme lors de la manche française en Alsace, Loeb retarde (volontairement ?) son sacre au Japon avec une cinquième place. Tout est prêt pour l'apothéose dans sa région natale. Devant des milliers de spectateurs acquis à sa cause, Loeb empoche sa 60e victoire en rallye et un 7e titre mondial. Euphorique, il enchaîne en Catalogne et au RAC. Le patron, c'est bien lui !

2011 : Loeb monte au front
Si personne ne discute la domination de Sébastien Loeb en WRC, Sébastien Ogier compte bien mettre à mal cette évidence à l'intérieur de Citroën. Avec un contrat en béton et l'appui du patron Olivier Quesnel, le Gapençais dispose du même matériel que l'Alsacien et la certitude de jouer sa chance jusqu'au bout. Il y a deux N.1 dans l'équipe qui lance en 2011 un nouveau modèle, la DS3 WRC. Le combat de coq ne tarde pas à enflammer le motorhome du Chevron. Au Mexique, 2e manche de la saison, Loeb désobéit aux consignes qui doivent assurer un doublé à la marque et met la pression sur Ogier alors en tête. Ce dernier sort et abandonne. La hache de guerre est brandie. La tension atteint son comble en Grèce où Citroën choisit d'aider Ogier à revenir sur Loeb en lui communiquant des temps intermédiaires. L'Alsacien obtient son 100e podium (ndlr : il termine 2e) mais est furieux et le fait savoir haut et fort. Le point de non retour est franchi tant est si bien qu'Ogier grille la politesse à son rival en Allemagne qui y perd son invincibilité. Contacté par Volkswagen, qui prépare son arrivée en WRC pour 2013, Loeb hésite à quitter le cocoon de Citroën. A Vélizy, l'état-major de la marque reprend les rênes et convainc le pilote de prolonger, non sans une substantielle augmentation et une prise en compte de son statut à part. L'avenir d'Ogier pourrait lui s'écrire ailleurs… Reste qu'avec cette lutte interne destructrice et les soucis de Loeb (sortie de route en Australie et casse moteur en France), Mikko Hirvonen refait son retard. Les deux hommes sont à égalité à deux manches de la fin. Comme d'habitude, l'Alsacien s'impose en Catalogne. Nanti de huit points d'avance en Grande-Bretagne, il doit assurer la 2e place pour garder son titre. Il n'en a pas besoin car le Finlandais abandonne après avoir endommagé son moteur. Sur son piédestal, du haut de ses huit titres, Sébastien Loeb contemple toujours le WRC. Le monde est à ses pieds.

2012 : Apothéose en Alsace !
Vainqueur de sa lutte fratricide avec Ogier, Sébastien Loeb obtient la "tête" de son jeune rival. Le Gapençais file chez Volkswagen mais la Polo-R ne sera pas prête avant 2013. Qui peut alors contrer le maître ? Personne. Ni les Ford de Latvala et Solberg, ni Mikko Hirvonen, N.2 chez Citroën. La domination de l'Alsacien débute dès le Monte-Carlo, enfin de retour au calendrier mondial. 2e en Suède et vainqueur au Mexique, Loeb prend vite ses aises. Après sa pirouette au Portugal, il enchaîne cinq succès d'affilée. La rébellion n'a jamais pu s'organiser si bien que le neuvième titre mondial de l'ambassadeur de Citroën se profile dès le Rallye de France en Alsace. Sur ses terres, Loeb a besoin de terminer devant son coéquipier Finlandais. Mais l'occasion est trop belle de s'imposer à nouveau sur ses routes de jeunesse. Intenable, le Français assure le spectacle jusqu'au bout et prolonge un peu plus sa légende, une semaine après l'annonce de sa semi-retraite en 2013.

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